samedi 26 décembre 2009

16e Maghreb des livres, les 6 et 7 février 2010, au Palais de la Porte dorée à Paris

Le 16e Maghreb des livres se déroulera du samedi 6 au dimanche 7 février 2010, à la Cité Nationale de l'Histoire et de l'Immigration, à Paris. Le Maroc sera l'invité de marque de cette édition qui donnera l'opportunité de découvrir un très bon palmarès chez les auteurs et des tables-rondes sur des auteurs incontournables de l'histoire littéraire du Maghreb. Arabian People & Maghrebian World donne ci-dessous le déroulement de cette manifestation (extraits du communiqué de presse de l'association Coup de Soleil, initiatrice et organisatrice du Maghreb des Livres depuis 1994) : 
"  Mettre en valeur l’ensemble de la production éditoriale relative au Maghreb, qu’il s’agisse de littérature (roman et poésie), mais aussi d’essais, B.D., beaux-livres,etc. avec la présentation des livres édités ces 12 derniers mois en France, en Algérie, au Maroc et en Tunisie ; ouvrages en langues française (esentiellement), arabe et tamazight. Ils sont au cœur de la manifestation avec une grande librairie (des milliers de volumes) et la présence d'une centaine d'auteurs
Outre le livre et les auteurs, sur deux journées, le MDL offre au public et aux professionnels (plus de 5 000 visiteurs) des espaces de réflexion au travers de débats, rencontres et tables rondes."

Programme de la 16ème édition du Maghreb des Livres

1- LES TABLES RONDES
L'Actualité : Le système universitaire maghrébin, répond-il aux besoins des sociétés. • L'Histoire : 1960-2010 : 50 ans après la mort de Camus, le rôle des "libéraux" durant la guerre d'Algérie. 
 L'Intégration : La place des Maghrébins dans la fonction publique 
 La Littérature 1 : Après les "années noires" en Algérie : Une nouvelle littérature?
 La Littérature 2 : L'apport des auteurs Maghrébins à la littérature française 
2- LES RENCONTRES
 Hommage à Saïd Bouziri, militant infatigable de l'intégration . Hommage à Francis Jeanson, compagnon français des nationalistes algériens 
 Hommage à Paul Robert (1910-1980), l'Algérois créateur du 2ème dictionnaire de langue française. 
3- LES CAFES LITTÉRAIRES 
Une dizaine de cafés littéraires animés par Pascal Jourdana avec pour chacun, deux ou trois écrivains que rapproche le thème de leur ouvrage. 
4- LE PRIX "COUP DE COEUR de COUP de SOLEIL" et LE PRIX des LYCÉENS 
Prix créé en 2006, décerné à un auteur suite à une sélection des lecteurs, librairies, médiathèques et bibliothèques. Le prix des lycéens décerné par des lycéens, est organisé suivant les mêmes principes mais d'après une sélection restreinte et adaptée.

Dates : samedi 6 et dimanche 7 février 2010
Lieu : Cité Nationale de l'Histoire et de l'Immigration Palais de la Porte Dorée - 293 avenue Daumesnil - 75012 Paris

jeudi 17 décembre 2009

Exposition : artistes et artisanat d'Algérie

Quand l’Art se mêle à l’Artisanat d’Algérie 


Une découverte d’artistes sculpteurs, peintres, création de bijoux et artisanat d’Algérie

Exposition du 14 au 27 décembre 2009

Vernissage le jeudi 17 décembre à partir de 19h00

Ouverture tous les jours de 10h30 à 20h30 


Au 57, avenue Daumesnil 75012 Paris 
Métro : Gare de Lyon - 
Bus : 57, 29,65 
Pour tout renseignement : 06 11 87 89 68

mardi 8 décembre 2009

Le 9e festival international de Marrakech, présidé par le cinéaste iranien Abbas Kiarostami (lui-même Palme d'Or 1997), qui s'est ouvert le 4 décembre dernier et cela, jusqu'au 12 décembre, a mis en compétition quelques quinze films et met, pour cette édition, le cinéma coréen à l'honneur.

Les films en compétition : "Heliopolis" de Ahmad Abdallah (Egypte), "Loe's Room" d'Enrique Buchichio (Uruguay), "Love & Rage" de Morten Giese (Danemark), "My Daughter" de Charlotte Lim (Malaisie), "Norteado" de Rigoberto Perezcano (Mexique), "Nothing Personal" de Urszula Antoniak (Pays-Bas),

Sont également en lice "Lo Sono L'amore" de Luca Guadagnino (Italie), "Les Barons" de Nabil Ben Yadir (Belgique), "The Man Who Sold the World" de Swel et Imad Noury (Maroc) dont nous parlons ci-dessous, "Woman Without Piano" de Javier Rebollo (Espagne), "Symbol" de Matsumoto Hitoshi (Japon), "Tokyo Taxi" de Kim Tai-sik (Corée du Sud) et "The Good Heart" de Dagur Kari (Etats-Unis).

Du côté marocain, le film "The Man Who sold the world",  réalisé par les frères Swel et Imad Noury, n'a pas été accueilli par le public marocain avec l'attente que peut espérer un film d'une telle beauté esthétique et profonde. Un film tiré de l'oeuvre Coeur fragile de Dostoïveski.
Le film parle de l'histoire de X et Ney, deux collègues de bureau et colocataires vivant dans un pays fictif sous les affres de la guerre. X, dont le métier consiste à retranscrire des livres, connaît l'amour avec Lili. Utopiste, X n'arrive cependant pas à céder à ce bonheur "ordinaire" et va très loin dans ses questionnements comme de savoir s'il mérite ce bonheur. Fonctionnaire handicapé et orphelin, il est un personnage complexe, qui se refuse à être heureux dans l'univers destructeur de la guerre et cela, jusqu'à la culpabilité et l'auto-flagellation malgré un entourage bienveillant. 


Pour en savoir plus : http://www.festivalmarrakech.info/

jeudi 26 novembre 2009

Le billet de la Rédaction


Arabian People & Maghrebian World 

prie ses lecteurs de l'excuser. 
Cette absence est due à des soucis techniques mais nous ne tarderons pas à revenir vers vous ! 

Bonne lecture à tous !

mardi 3 novembre 2009

Une poétesse amoureuse : Monia Boulila

« Avec ma jumelle, j’ai quatre mains et deux cœurs J’écris le même poème pour les deux sœurs, Je suis moi et elle, Je suis la fille de ma mère et de sa jumelle ! » Ainsi la poétesse tunisienne Monia Boulila, venue de sa verte Sfax, s’exprime-t-elle sur l’Algérie… Monia Boulila, nous l’avons rencontrée au 3e festival international de la poésie à Paris, en septembre-octobre derniers, et toute sa poésie lancée comme un cri du cœur d’un seul tenant, nous a pris par les bras et nous a donné l’accolade. Il est rare que les poétesses du Maghreb parlent avec autant de clarté des sentiments, des émotions qui les bouleversent. Monia Boulila le fait, avec son sourire enchanteur et ses mots qui pansent les blessures les plus secrètes. Sa poésie amoureuse de l’amour fait transparaître la poétesse de la paix en filigrane, décuplée par une force intérieure qui monte à l’assaut des cimes « imprégnées de larmes et de chimères moulues » (Le printemps du poète), cette poésie donc, vous donne envie d’être en accord avec le monde, même lorsqu’il est douleur. Car de ces douleurs, elle en connaît les déchirures. Pourtant, elle les transcende et les rejette d’une chiquenaude chantée par des mots comme « oiseaux de liberté », « messagère d’amour » ou « je suis une fleur dans ta main » ... 

La beauté dépouillée, sans ces tourments que s’affligent généralement les poètes, Monia Boulila en fait un feu pour réchauffer son « intérieur » et tout à coup, vous avez envie d’y croire.

Ambassadrice de la paix
- Pierre-Marie Perret, président de l’association culturelle Omar Khayyam (Montpellier, France), dira de la poétesse : « On n’imagine pas l’énergie cachée derrière cette femme. Monia est la digne héritière de Majida et Fatma Boulila, héroïnes de la libération de la Tunisie de la tutelle coloniale mais, aussi, de l’émancipation des femmes tunisiennes », ces femmes que la poétesse voit « en buvant la mort goutte à goutte » (J’aime le mot volant in « Souffles inédits »). Un bel hommage que là. Qui fait honneur à cette ambassadrice universelle de la paix et membre du Cercle universel de la paix à Genève qu’elle a rejoint en 2008. Une mission à laquelle elle ajoutera deux faits majeurs dans sa trajectoire poétique et de la paix : membre de l’Union internationale des écrivains pour la paix (2009) et membre de l’Union des écrivains tunisiens (2009).

Parcours de Monia Boulila
- Invitée au 1er Festival international de la poésie à Paris en 2007 - Rencontre et lectures à Montpellier, sur invitation de l’association culturelle Omar Khayyâm et en collaboration avec le lycée Mendès France - Invitée de l’association Jasmin d’Orient, du cercle philosophique Athéna et l’Association de soutien et de solidarité aux femmes. - Invitée de l’association Vives Voix (Paris) - Membre du Cercle universel des ambassadeurs de la paix - Membre de l’Union internationale des écrivains pour la paix - Membre de l’Union des écrivains tunisiens - Prix spécial du Jury du concours de poésie de l’Ours blanc pour son poème « Hymne à la vie » (2009) - Invitée au 3e festival international de la poésie à Paris en 2009 (notre 2e photo à droite, avec la poétesse Niculina Opréa - à gauche - et le poète états-unien Mark Lipmann à l'arrière). 


Publications
 - « Mon joyau », Sfax (Tunisie), janvier 2007 . « Avec toutes mes amours », Association culturelle Omar Khayyâm, Montpellier, mai 2008 . Publication de cinq poèmes dans la revue littéraire roumaine « Oglinda Literrera, n° 77, mai 2008, traduction en roumain de la poétesse Ioana Trica . Publication de poèmes dans la revue roumaine « Orsula » n° 12, décembre 2008, avec une traduction du poète Ions Cristophor Filipas . « Souffles inédits », septembre 2008 . Participation à une Anthologie des femmes poètes engagées pour la paix aux Editions L’Harmattan (Paris, France) et à paraître en 2009. 

Arabian People & Maghrebian World a retenu pour vous …


Pleurs en mots J’ai dépensé mes précieux jours
Dans la création d’un nid d’amour
Sur le mystérieux arbre de la vie.
On m’a déconseillé, j’en ai fait un défi !
 L’arbre a absorbé tout mon amour ;
Il a dévoré mes beaux jours
Et a jeté mon nid dans la cour !
 J’ai des débris d’espoir chaud !
J’ai une palette d’amour sans eau !
J’ai un reste de jours mêlés de maux !
 Refaire ?
Ou lâcher le tout ?
S’accrocher au défi ?
Ou céder au dégoût ?
A quoi bon refaire ?
Pour se casser à nouveau ?
En ce moment, je ne peux que pleurer mes mots …


dimanche 1 novembre 2009

Samia Jadda : On ne badine pas avec l’amour

Samia Jadda, comédienne talentueuse, qui se donne avec passion à son métier, tient le rôle de Camille dans la pièce d’Alfred de Musset, "On ne badine pas avec l’amour" au théâtre des Artisans dont le directeur est Boris van Overtveldt. Arabian People & Maghrebian a rencontré Samia Jadda au 3e festival international de la poésie - prestation sur laquelle nous reviendrons très prochainement-, où la jeune femme a révélé une autre corde à son arc : une poésie somptueuse, aux envolées dramatiques et passionnelles, véritable joueuse de la passion amoureuse et de l’émotion que sa personnalité ne peut cacher, tant sont-elles à fleur de peau.

Voici que nous la retrouvons dans son milieu "naturel" : la scène théâtrale. Car, il faut le rappeler, la jeune actrice et comédienne nous vient du cours Viriot. Mais c’est en 1996 qu’elle fait son entrée dans le cinéma avec "Il était une fois Donyazad" de l’algérien Merzak Allouache.


Le Théâtre des Artisans qui vient d’installer ses spots et sa scène récemment, accueille le
s jeunes compagnies théâtrales. L’ouverture officielle de ce tout nouveau lieu du spectacle se fait avec deux événements. "Les soirées d’inauguration" proposent une promenade côté jardin du théâtre et une rencontre avec l’équipe du théâtre et les comédiens de la pièce d’Alfred de Musset, mise en scène par Boris van Overtveldt (photo à gauche). Celui-ci inaugure avec une approche moderne qui remet au goût du jour un jeu vieux comme le monde, le "badinage" amoureux de deux jeunes gens qui refusent de se plier aux contingences de l’amour. Le tout avec un mélange de gravité et de fougueuse jeunesse, étonnantes chez un Alfred de Musset âgé de 22 ans lors de la rédaction de la pièce. Et combien la fougue de Samia Jadda revitalise le personnage de Camille, jeune femme passionnée certes mais qui joue à la fois de provocation et d’amertume sur la question amoureuse qui déroute chez un personnage aussi jeune … tout comme Perdican, l’autre protagoniste de la pièce, le miroir au masculin de Camille mais auquel Romain Méry (vu dans " Dormez, je le veux " de Feydeau, sur une mise en scène de Boris van Overtveldt) apporte une dimension touchante, toute en retenue. 

Tour à tour, réparties calmes telles un lac endormi doucement, presque dans un murmure, et ardeurs vite réprimées chez la belle Camille qui projette d'entrer au couvent...
Arabian People & Maghrebian World a eu la primeur en assistant à une répétition ce mercredi dernier. Le charme s’est opéré dès les premiers mots de Samia Jadda et Romain Méry dans la scène V que Boris van Overtveld a su mener tout en douceur vers un jeu de précision dans la gestuelle, l’émotion, les regards et le silence. Celui-ci imprime fortement les émotions cachées dans les phrases des plus anodines : "Quel âge as-tu, Camille ?" - "J'ai dix-huit ans", répond-elle. Le silence est jeu scénique mais aussi coloration. Ainsi, l'on redécouvre un Alfred de Musset avec cette profondeur redessinée, que Samia Jadda fait flamboyer par le frémissement du corps ... 

La distribution est dynamique car, outre Samia Jadda et Romain Méry, on compte de jeunes comédiens comme Julien Avril, auteur aussi de deux spectacles dont Un Grenier en automne (en 2006 à l'Aktéon Théâtre) ; Simon Gourfink, comédien et metteur en scène de la même pièce de Musset mais, cette fois, au théâtre Darius Milhaud ; Elisa Ponchelet qui s’est produite dans le spectacle " Comment va le monde en un lieu x et un temps z ? " de Jacques Jouet ; Loïc Vidal que l’on a vu dans un film de la série télévisée française "Julie Lescaut " et Etienne Bodi, jeune comédien et réalisateur de deux courts métrages (2004 et 2009), en collaboration avec l’association Salaud Morisset Productions : " Canine " et "Le nerf de la guerre ". 


La première a lieu le 10 novembre 2009, à 20h30. Dépêchez-vous car il ne reste que dix places !
Réservation : 
. Tél. : 01 42 49 83 96
. Internet : http://www.theatre-des-artisans.com/ 
. Sur place : 14, rue de Thionville – 75019 Paris – Métro Station Ourq, sortie côté rue des Ardennes (30 minutes avant le début de la pièce).

mardi 13 octobre 2009

Jean Sénac : en vie, toujours ...

Le 19e Salon de la Revue, qui se déroulera les 16, 17 et 18 octobre 2009, au cœur du Marais (quartier historique du 4e arrondissement de Paris), marquera cette triple rencontre par la "re-découverte" de Jean Sénac, poète algérien d'origine française : "Jean Sénac, corps-poème des deux rives".

Sur le parcours tourmenté de Jean Sénac, l'une des figures les plus emblématiques de la poésie avant-gardiste de la fin de l'Algérie coloniale et des deux premières décennies de l'Algérie indépendante, Guy Dugas (professeur à l'université de Montpellier, France) écrira "Viendra enfin "le temps des saboteurs", le temps du doute et des désilllusions, la cave sans échappée vers la lumière, ce sentiment d'être maudit, refusé par ceux-là même que le poète s'était choisis comme frères" (in Jean Sénac. Visages d'Algérie, documents réunis par le journaliste Hamid Nacer-Khodja, parution EDIF 2000 /Paris Méditerranée).
Le grand poète mourra assassiné en 1973, à Alger. Toute la jeune poésie de l'époque sera marquée par le deuil, car sa voix et son regard comme hanté ne feront plus partie du paysage chaotique mais opiniâtre des convictions des poètes d'alors, puis de beaucoup de l'Algérie d'aujourd'hui.

La revue Algérie Littérature / Action consacre 70 pages d'inédits de Jean Sénac. Seront présents Jacques Miel, son fils adoptif, Hamid Nacer-Khodja, disciple et spécialiste de l'œuvre, Christiane Chaulet-Achour et Marie Virolle, universitaires. Des textes du poète seront lus par Dominique Le Boucher.

Arabian People & Maghrebian World
a retenu pour ses lecteurs ce magnifique poème dédié à Baya, une grande peintre algérienne :


Matinale de mon peuple

Tu disais des choses faciles

Travailleuse du matin
La forêt poussait dans ta voix
Des arbres si profonds que le coeur s'y déchire
Et connaît le poids du chant
La tiédeur d'une clairière
Pour l'homme droit qui revendique
Un mot de paix
Un mot de notre dimension
Tu tirais de sa solitude
Le rôdeur qui te suit tout pétri de son ombre
Celui qui voudrait écrire comme tu vois
Comme tu tisses comme tu chantes
Apporter aux autres le blé
Le lait de chèvre la semoule
Et si dru dans le coeur et si fort dans le sang
La bonté de chacun
Le charme impétueux des hommes solidaires
Parle ô tranquille fleur tisseuse de promesses
Prélude au sûr réveil de l'orge
Dis que bientôt l'acier refusera la gorge
Bientôt le douar entamera la nuit
Tu m'apprends à penser
A vivre comme tu es
Matinale arrachée à l'obscure demeure.
(in Consciences algériennes, n° 1, déc. 1950, Alger)
Rendez-vous le 17 Octobre à 14 heures Salon de la Revue Espace Blancs Manteaux 48, rue Vieille du Temple 75004 Paris (Métro Hôtel de Ville)

vendredi 25 septembre 2009

Poètes issus du Maghreb et du monde arabe au 3e festival international de la poésie à Paris


Le 3e festival international de la poésie à Paris s'ouvre, aujourd'hui, à Paris et cela, jusqu'au 3 octobre 2009. Ce samedi après-midi, Poètes à Paris -dont le président est Yvan Tetelbom- organisateur du festival, présentera, à la mairie du 9e arrondissement de Paris, les poètes internationaux réunis "dans le cadre de la semaine des cultures étrangères".
Du monde arabe, l'on entendra les voix de Mohammed Al-Seidi (Irak) mais une large part est donnée à celles du Maghreb, comme les poétesses Nora Mellal (voir notre article dans Talents à découvrir d'avril 2009), Monia Boulila (Prix spécial du jury 2008 de l'association L'Ours Blanc), Ammar Banni.
Une table-ronde sur le thème de "Poétesses originaires du Maghreb nées et vivant en France et poétesses nées ou issues du Maghreb" se tiendra le 29 septembre prochain à l'église de la Madeleine, avec Nora Mellal, Louisa Adjouati, Monia Boulila, Joss Oletta.
Nadia Issiakhem, l'épouse du peintre décédé algérien M'Hamed Issiakhem, Djamila Kabla, organisatrice très réputée d'événements culturels en Algérie, seront présentes également, au titre de spectactrices.
Zohra Maldji-Salah, auteur de "Itinéraire d'une frangérienne" qu'Arabian People a déjà présentée à ses lecteurs, est aussi invitée aux lectures durant le festival. D'origine algérienne, Zohra Maldji-Salah vit en France et s'intéresse activement aux événements littéraires liés au Maghreb.
Le 30 septembre et toujours à l'église de la Madeleine, l''éditeur des Editions Samsara, Kamal M'Rad, parlera, en compagnie de Eric Shima (Burundi) et d'Alexandre Ramsay (France-Russie), de "La place de la multi-culturalité dans la littérature".

Mounir Fatmi et Latifa Eschakhch à la 10e biennale de Lyon

La 10e Biennale de Lyon, qui a commencé le 16 septembre 2009 dernier, continuera jusqu’au 3 janvier 2010. Il faut rappeler que cet événement a été lancé en 1991 par le ministère français de la Culture et la Ville de Lyon et a pris une grande place dans l’univers artistique comme la sculpture, la peinture. L’édition ouverte sous le thème « Le spectacle du quotidien » nous donne ainsi l’opportunité d’aller à la rencontre de deux artistes marocains, Mounir Fatmi et Latifa Echakhch.

Le tangérois Mounir Fatmi présente un parcours artistique à la palette diversifiée car l’artiste a touché à tous les domaines : dessin, peinture, sculpture, vidéos qui sont autant d’éléments lui ayant permis de libérer l’espace expressif et d’arrêter le regard. Parmi ses œuvres, beaucoup sont dédiées à la ville de New York car il semble que l’artiste ait une prédilection pour cette ville. Œuvres quelquefois provocantes comme celle des fils reliant le Coran à un livre sur l’érotisme, Mounir Fatmi se démarque du classicisme ambiant ou militant, voire originel, que l’on trouve souvent chez bien des artistes du Maghreb.
Exposé dans plusieurs pays comme la Suède, le Japon, l’Angleterre, l’Allemagne et les Etats-Unis, il ne finit pas de surprendre par son travail qui sera couronné par le Grand prix Sédar Senghor à la 7e Biennale de Dakar et le Uriôt prize de la Rijksakademie d’Amsterdam. En 2007, il sera sélectionné à la 52e Biennale de Venise et dans plusieurs biennales (Luanda, Sharjah en Jordanie et Serbie). En 2008, il expose une peinture murale au Centre Georges Pompidou et participe à l'exposition Flow (Studio Museum de Harlem, New York) et à l'exposition Traces du Sacré à la Haus der Kunst (Münich). 

Latifa Eschakhch, née à El-khenansa (Maroc), est une plasticienne qui se partage entre la France et la Suisse. Ses sculptures sont autant d’expressions liées à l’Homme, à son environnement et à son Histoire. En profondeur, on observe dans ses œuvres les mutations interculturelles qu’elle interprète avec un rare sens de la synthèse et de l’esthétique. Son travail ne repose pas sur un cheminement torturé comme chez Jean Dubuffet ou psychédélique comme Georgia Russel ou encore comme la jeune Vincianne Roulet qui joue avec le végétal dans le gigantisme mais un voyage ancré dans le monde du 21e siècle, tel que le voit la plasticienne, avec des assemblages, des dessins et des compositions jouant sur deux, trois dimensions. Elle nous donne alors sa vision et notre propre interprétation de cette vision. Sur la scène internationale artistique, son travail a fait l’objet de plusieurs expositions comme en Allemagne, en Belgique, en Iran et jusqu’en Corée du Sud et en Thaïlande.

Sources : 
www.biennaledelyon.com et  www.mounirfatmi.com

lundi 17 août 2009

La lampe de chevet



"Le tombeau des sept frères" (Editions Al-Manar), un grand texte de la poétesse franco-tunisienne Amina Saïd, auteur déjà de plusieurs contes et recueils dont "Au présent du monde". 






"Un moment d'oubli"
de l'algérien francophone Abdelkader Djemaï, paru en février 2009 aux Editions du Seuil (Paris, France). Le romancier, qui vit en France depuis de nombreuses années, a déjà plusieurs romans à son actif.

lundi 29 juin 2009

Concours photos « Femmes du monde arabe, ici ou là-bas… un regard alternatif »


0rganisé par Arab Women’Solidarity Association-Belgium, le concours de photographies « Femmes du monde arabe, ici ou là-bas… un regard alternatif » a pour but de présenter les femmes arabes hors des stéréotypes habituels sous lesquelles elles sont présentées : les photographies devront les montrer dans leur « diversité situationnelle, culturelle et religieuse ».

Les photographies retenues seront exposées à la Quinzaine des femmes, du 13 novembre au 11 décembre 2009, au Centre culturel arabe à Bruxelles (Belgique).

La date limite des envois est fixée au vendredi 25 septembre 2009.

Centre culturel arabe Wallonie Bruxelles
2, rue de l’Alliance 1210 Saint-Josse-Ten-Noode
E-mail :
awsabe@gmail.com
Tél. : 02/229 38 10

samedi 27 juin 2009

Le Mot de la Rédaction

Arabian People & Maghrebian World fait une pause...

Une petite permanence sera assurée et votre magazine vous reviendra alors que les beaux jours seront encore là. 


Bonnes vacances à tous !

mardi 16 juin 2009

Espace Tissart : poésie andalouse au féminin


Soirée poétique et musicale animée
par Hamdane Hadjaji
autour de son livre
Florilège de la poésie andalouse au féminin
accompagné du violoniste Rachid Brahim Djelloul


Le 26 juin 2009 à 19 heures 

Auteur de monographies en arabe et en français, Hamdane Hadjaji de plusieurs anthologies bilingues arabe-français dont "Vie et oeuvre d'Ibn Khafâdja" et "Les Arabes et l’amour" en collaboration avec André Miquel, traducteur lui-même de plusieurs ouvrages de langue arabe.

Docteur ès lettres en langue et littérature arabes, 
Hamdane Hadjaji a enseigné dans plusieurs universités en France et en Algérie. Il est spécialiste de la civilisation et de la poésie andalouses.

Espace TISSART

5, rue Raymond Marcheron
92170 Vanves

Musique savante et tradition orale : Fadhel Messaoudi, au-delà du Temps

Arabian People & Maghrebian World a rencontré Fadhel Messaoudi, interprète franco-tunisien de ‘Oud (luth oriental) et spécialiste de la musique arabe savante et de la musique andalouse.

Le musicien pédagogue : création d’un centre de musique de tradition orale du monde arabe et d’ailleurs 
Ayant dirigé, auparavant, une chorale de chant classique, Fadhel Messaoudi voit les choses autrement et quitte cet ensemble. Il est suivi par Sabrina Belbachir (chant) et, tous deux, ils réfléchissent à la création d’une association qui travaillera dans l’optique d’une tradition orale à ramener sur la scène et à dispenser. Au-delà, c’est aussi un travail approfondi de réflexions qui est élaboré, c’est la transmission orale de la musique savante arabe, une certaine philosophie d’une musique et son particularisme : l’improvisation (ou la composition dont on parlera plus loin). Lors d’un atelier, nous avons vu l'artiste tout à son travail de professeur de musique de deux groupes d’élèves de ‘Oud. Gestes et intonation vocale précis, il suit chaque élève au quart de note près. Opiniâtre, il pousse chacun jusqu’à la précision. Au-delà de la pédagogie d’apprentissage de la musique savante arabe – l’art de la répétition - Fadhel Messaoudi se promène sur l’échelle modale des maqâms comme s’il était tombé dedans à sa naissance. Le puriste en lui ne laisse passer aucune fausse note ou une fausse émotion.
Le musicien de l’excellence et le compositeur de la beauté 
On attend un musicien – de talent certes – mais pas la virtuosité vocale et Fadhel Messaoudi qui possède le « rouh’ moussiqi » (le souffle musical dans son sens le plus profond), surprend l’auditeur par les inflexions chaudes et rauques de sa voix lorsqu’il lance un hijaz (« do » occidental) pour mieux accompagner sa note ou pour expliciter concrètement la dite note à un élève.
On attend un simple interprète – de talent certes – et l’on découvre un maître accompli et plus qu’un maître, un compositeur comme on le conçoit dans la musique savante arabe. Il improvise, à partir d’une note, une pièce instrumentale, vous promenant savamment sur une échelle de notes dont le théoricien de la musique arabe du XIe siècle – Al-Hasan ibn Ahmad ibn ‘Alî al-Kâtib – dira « Les passions sont les différents changements provoqués dans l’âme sous l’effet de différentes sortes de mélodies. C’est pour cette raison qu’il faut qu’il y ait ressemblance entre l’âme et les mélodies ». (« La perfection des connaissances musicales » - Kitâb kamâl adab al-ghinâ’, Ed. Librairie orientaliste Paul Geuthner, Paris 1972). 
Son art, il commence à l’apprendre auprès de son premier maître, Es-Sadeq Laamouri, et abordant la difficile voie de la musique savante, il pose patiemment ses pierres en travaillant, plus tard et en France, avec le Centre d’Etude des Musiques et Danses du Mashreq et du Maghreb ; puis avec l’ensemble Al-Adwar (de la chanteuse Aïcha Redouane). Il continue son périple de l’improvisation et de l’interprétation en créant l’ensemble Al-Maqâm, tout en donnant des concerts et en multipliant les rencontres musicales dans plusieurs pays et avec des poètes. Il est aujourd’hui, comme cela a été dit précédemment, l’un des deux fondateurs du Centre de musique de traditions orales du monde arabe. A côté de cette longue tâche de travail et de recherches sur la tradition orale, il enseigne aux conservatoires municipaux du 17e et 18e arrondissements de Paris, la capitale française. 

Tout récemment, le 5 juin dernier, Fadhel Messaoudi s’est produit à Venise avec un concert joué avec la pianiste franco-syrienne, Racha Arodaky, elle-même Premier prix du Conservatoire Tchaïkowsky de Moscou. 


Le musicien philosophe : quand le respect de la vie imprègne l’interprétation

Arabian People & Maghrebian World a pris sa leçon, au cours de l’interview, avec Fadhel Messaoudi. « J’ai vu que le « bâton » gérait tous les niveaux de la vie mais qu’il n’y avait aucune philosophie », a-t-il dit en évoquant l’écrivain-philosophe Mahmoud Messaadi (penseur tunisien disparu en 2004). « Si je peux résumer ma vie, c’est la musique. Tu « endures » sans soutien et ton soutien n’est que ta foi ou ta musique et ce soutien, il est en toi-même ». Une pointe d’amertume nostalgique apparaît alors : « Où est l’espoir ? Je n’appartiens pas à cette époque mais à celle de l’ancienne Andalousie, celle dont les aïeuls te guident vers telle ou telle voie. » Cette manière d’être, l’interprète-compositeur veut l’inculquer à ses élèves.

« Compositeur, Fadhel Messaoudi, l'êtes-vous ? »

Après un moment de silence, il dira n’avoir jamais pensé à cela mais que, dans l’art de l’improvisation, nous répond-il, « j’essaie d’ajouter quelque chose de moi-même. Du moment qu’il y a le tarab (extase, émotion sensuelle), je ne dirige plus ce qui sort ». Et cela « fait mal » car le « métier est très long » et il finit sa réflexion par celle du baron Rodolphe d’Erlanger (qui oeuvra beaucoup pour la musique savante arabe et vécut une vingtaine d’années en Tunisie) : « Le musicien arabe a toujours ajouté quelque chose de lui-même ». Et c’est pour cela qu’il ne peut y avoir de comparaison entre le compositeur occidental qui suit scrupuleusement la partition et le compositeur de l’improvisation, lequel dépasse le maqâm de base pour se promener sur l’échelle modale au fur et à mesure que son émotion l’inspire et le guide... 


Le Centre des musiques de tradition orale. Musiques du monde arabe et musiques du monde Nous l’avons dit plus haut, le Centre fut créé à l’initiative de Fadhel Messaoudi et Sabrina Belbachir, elle-même chanteuse.
Dans ses statuts, le Centre se définit comme un « lieu d'enseignement, de diffusion, d'échanges, d'information et de recherche. Il entend élaborer et appliquer une méthode pédagogique basée sur la tradition orale. Cet enseignement, accessible à tous, sera destiné aux enfants comme aux adultes, sans discrimination d'âge ou d'origine. L'association est laïque, apolitique et à but non lucratif. »
Les cofondateurs seront rejoints par Florence Coynault. Cette dernière, qui a une formation de développement de projets et qui vient du milieu socioculturel, a rejoint les fondateurs du centre dès qu’elle eut pris connaissance de cet univers magique et du grand projet de travail autour de la tradition orale qu’envisageaient les co-fondateurs.
Le Centre n’ayant pas encore de siège définitif, c’est à l’Espace d’animation Château-Landon que les ateliers d’étude de ‘Oud (luth oriental) et de percussion sont lancés, sous la direction de F. Messaoudi. Ainsi émerge, en cours de route, un autre projet auquel s’associe le codirecteur général de l’Espace d’animation, Gérard Caballero : la mise en place un stage complètement dirigé par le centre de musique de tradition orale. Ce stage est un préliminaire aux réflexions de développement de la tradition orale.

 Programme du Centre de musique 2009-2010
Juin, 17 & 18 - Concert et un stage au Festival de Toulouse. 
Juin, 26 - Représentation des élèves avec leurs professeurs de danse orientale et de percussions africaines. 
Juillet, 6-9 - Stage de 'Oud intensif pour débutants (3/4 jours). 
Octobre, 10 & 11 - Forum des Associations du 10e arrondissement. Petit concert avec les élèves. 
NovembreToussaint - Stage de ‘oud (public non précisé – se renseigner auprès du Centre (voir e-mail en fin d’article). 
Février 2010 - Stage de chant. 
Pâques 2010 - Stage de ‘Oud pour enfants. 

Contact : cmto.asso@yahoo.fr
A voir : http://www.chateaulandon.com/actualite.php

Arabian People & Maghrebian World remercie le Centre des musiques de tradition orale pour leur aimable prêt de photographies (reproduction interdite).

mardi 19 mai 2009

Rabia Jabrane : la voix chantant la générosité

Une voix à la fluidité sans conteste, une voix de soprano glissant lentement, accaparant bien malgré vous votre attention : c’est ce que l’on reçoit lorsque la voix de la chanteuse Rabia Jabrane vous atteint. Une voix qui vous emporte, une voix qui réchauffe l’âme. Nous dirons même « cantatrice » (motriba en arabe) parce qu’elle est cela, en effet, dans le registre modal du Maghreb et du Proche-Orient arabe. 

Lorsque Arabian People & Maghrebian World a interviewé par téléphone Rabia Jabrane, la chanteuse marocaine a donné, à notre demande et en a cappella, un mini concert avec un mawwal (ou Istikhbar) – pour les néophytes, il s’agit d’un préambule vocal accompagnant très souvent les pièces classiques de la musique arabe comme le muwashshah arabo-andalou dont les origines remontent au XIe siècle de l’Espagne musulmane.
La magie s'était, de nouveau, opérée à l'écoute de cette voix superbe, cristalline, toute en fine puissance et pleine d'émotions allant crescendo au fur et à mesure que Rabia Jabrane lançait son mawwal, qu'elle fera suivre d'une pièce maîtresse du répertoire d'Oum Kalthoum, la grande cantatrice égyptienne.

Rabia Jabrane
n’est pas une inconnue du public marocain et français et sera citée à plusieurs reprises dans la presse française. En formation musicale au conservatoire Moulay Rachid de Casablanca, elle a appris le chant selon le difficile art de la « répétition » qui suppose une oreille musicale très performante. Son apprentissage s’est poursuivi ensuite au Conservatoire municipal du boulevard de Paris, toujours à Casablanca. Sur les personnalités du monde musical, elle nous confie : « les compositeurs qui m’ont le plus marquée, sont les Rehbanis, Qasabji, Al-Mouji et autres qui ont composé pour les grands chanteurs et chanteuses comme Fairouz, Oum Kalthoum, Asmahane ».
Cependant, l’artiste rend aussi un hommage aux compositeurs et aux chanteurs marocains et avoue aimer chanter le répertoire de Brahim Lalami, Futh, Mati Ben Kacem, la grande Naïma Samih à la voix si prenante, Ahmed Jebrane et d’autres noms qui ont une large audience au Maroc.

Dans son milieu familial, « je suis la seule dans la famille qui le pratique, sachant quand même que mon père et ma mère aussi ont une belle voix, quand on les écoute psalmodier ou lire le Coran », nous dit-elle en parlant du chant.

C’est au Complexe culturel Moulay Rachid et au Complexe culturel Maarif de Casablanca que Rabia Jabrane se révèlera au public avec un premier concert. Mais sa carrière prend son essor dès son installation dans le sud de la France, en 1999, où elle fera un enregistrement avec une pianiste de jazz. C’est dire le large répertoire de la jeune cantatrice.
En 2002, elle se produira sur scène, à Angers, avec son premier groupe instrumental (piano, violon, flûte et percussion), avec le répertoire de la cantatrice libanaise Fairouz et en 2005, avec son groupe Meskalyl ('oud, nay et percussion) , elle donnera un récital de muwashshah. Par la suite, plusieurs concerts s'enchaînent : à Paris, en mai 2007, où elle inaugurera un nouveau style mélangé d’oriental et d’occidental lors du 6ème Festival « Femmes du monde » ; puis en Corse dans le cadre d’une rencontre avec la chaîne de télévision France3 ; en Italie à l’occasion du Festival de l’Andalousie et, tout récemment, en mai de cette année, à l’Abbaye de Saint-Florent-le-Veil (non loin d’Angers et de Nantes) où elle interprètera du muwashshah.

Rabia Jabrane
poussera plus loin son amour pour le chant, car elle est non seulement une cantatrice, elle est aussi généreuse et donne de cette passion à qui le veut. Ainsi, en est-il de concerts et d’ateliers d’initiation au chant oriental dans les prisons de femmes et d’hommes de Rennes et de Nantes ; ainsi en est-il des concerts dans les camps des réfugiés Palestiniens au Liban. L’artiste travaille aussi avec des enfants en ateliers d’initiation au chant comme elle le fera, le 30 mai prochain, au cours de la 6e édition de « Jardi’n’Jazz » organisée par l’association culturelle Trempolino de Nantes. Cette manifestation consacrera une large partie de son programme aux cultures du Maghreb : Rabia Jabrane s’attellera à un travail de chant avec des enfants pour accompagner des contes et à un atelier destiné à faire travailler le chant au public présent, chant que celui-ci interprètera ensuite. Enfin, ce mercredi 20 mai, elle initiera les élèves du lycée Europe de Cholet au chant oriental, en même temps qu’elle donnera un mini-concert pédagogique.

Pour les Parisiens qui souhaitent l'entendre, l'artiste se produit de temps à autre, le samedi, à La Rose de Damas à Paris (152, boulevard du Montparnasse - 75014 Paris).

Date à retenir : Jardi’n’Jazz, le 30 mai 2009, à Nantes.

mercredi 6 mai 2009


"Icônes arabes, art chrétien du Levant"
Cette exposition vient d'ouvrir ses portes, ce 6 mai 2009, à l'Institut du Monde Arabe de Paris.
Se tenant jusqu'au 17 août prochain, elle a été organisée en partenariat avec le Musée des Icônes de Francfort, de la Maison d'Antioche, du Centre de Conservation du Livre et avec le concours de l'Union européenne.

"Autres femmes", peintures et mosaïques de l'artiste peintre et mosaïste d'origine algéro-tunisienne, Hanane Bererhi. Exposition que l'on peut voir au restaurant Le Zyriab de l'Institut du Monde Arabe et cela, jusqu'au 17 mai 2009.
Tous les jours sauf le lundi, de 10h à 18h.
Tarifs : entrée non payante.

mercredi 29 avril 2009

De Nemours à Nemours


du 13 au 27 juin 2009

Exposition de cartes postales de Nemours (Algérie) 


à la Bibliothèque municipale de Nemours (France)


présentée par Zohra Maldji, auteur(e) frangérienne (voir notre article paru dans le n° 7 du 4 mars 2009).
L'exposition met à l'honneur le port algérien de Ghazawet qui fut appelé Nemours durant près de 150 ans de présence française. Un rendez-vous historique entre deux villes, au passé et à la géographique différents mais jumelles par leur nom. Un parcours de longue haleine que l'initiatrice de l'exposition a remonté à travers plusieurs centaines de cartes postales anciennes et d'aujourd'hui et par la rencontre de personnages publics ou moins connus qui ont vécu et ont participé à l'histoire du Nemours algérien d'antan. L'exposition fait aussi un panorama de photographies des anciens et des actuels habitants de ce charmant port de pêche méditerranéen. 


Bibliothèque municipale 
2, rue Gaston Darley Tél. : 01 64 28 31 17 
Mail : bibliotheque@ville-nemours.fr 
Site : http://www.ville-nemours.fr/

vendredi 17 avril 2009

Belaïd Brakni : auteur et maire de tous les courages

C’est au 60e Salon du Livre de Paris qu’ Arabian People & Maghrebian World a rencontré Belaïd Brakni, charmant monsieur, aux yeux d’eau grisée, frêle et doté d’un calme, que ses racines méditerranéennes démentiraient tant il se démarque par sa sérénité placide. Pourtant, il est né sur la terre algérienne, pleine de remous, de douceurs violentes et de piquants parés des teintes lilas, ocre ou brunes des montagnes de l’Atlas. 
B. Brakni
Photo Arabian People
& Maghrebian World.

Fils de la Grande-Kabylie, il raconte, dans le livre qu'il dédiçait au Salon, la « vie très dure » et la « course contre la montre pour survivre », par-delà les années de guerre d’indépendance et ses expériences d’élu de la petite bourgade de Souama dont il sera maire durant cinq années. « Je pense, écrit-il dans ses "Mémoires d’un ancien maire", que nous étions, nous devions suivre le chemin de l’école telle qu’elle était. Couvert d’un burnous de couleur blanche, je ressemblais aux livres que nous distribuait gratuitement l’instituteur. Symboles d’enfants disciplinés avec les cahiers bien soignés, les mains propres, nous faisions nos devoirs à la lumière d’une lampe ». Et ces lignes nous rapprochent d’un autre enfant de la Kabylie, Mouloud Feraoun, avec son « Fils du pauvre »… paru quelques années avant la naissance de Belaïd Brakni. L’un comme l’autre diront le monde de leurs mères respectives et des femmes de leur terre ancestrale, hommes reconnaissants envers la tendresse parfois rude de celles-ci.

Belaïd Brakni
y parle d’un maquisard, les mains liées, poussé par la soldatesque, un certain été 1958, alors que l’auteur était encore adolescent : « Da Kasi retourna sa langue dans sa bouche plusieurs fois en regardant l’assistance, essaya tant bien que mal à prononcer : « Vive l’Algérie ! » Il le répéta plusieurs fois avant d’être abattu. Les femmes poussèrent des youyous pour rendre hommage à sa bravoure et à son martyre. Les journées se suivaient et se ressemblaient : toutes noires. » L’auteur nous promène avec lui durant le long périple imagé et plein d'émotions qu'il suivra jusqu'à l’indépendance de son pays, les espérances puis l’ère des désillusions. Elu maire de Souama, en 1999, il invoque « l’idée que les hommes du système rentier eussent une détermination absolue, nous bouchaient l’avenir, nous enfonçant de plus en plus dans la misère morale. »

Il dira aussi sa foi dans la bataille des hommes pour faire « le point de nos idées afin d'aller vers une nouvelle culture démocratique. [...] Je ne me démoralisai pas, quels que soient les résultats de cette bataille pour la démocratie, excellents ou bien abominables. J'adorais mon pays autant que ma mère. » ... tout en se demandant « pourquoi collectivement la société évolue dans l'inconcevable »... Un auteur de talent et de courage. 

« Mémoires d’un ancien maire » - Ed. Publibook, Paris - 148 p., 18 euros.

Talents à découvrir : Nora Mellal ou la poésie en gestation

Précédant le 60e Salon du Livre de Paris de mars dernier, le Printemps des Poètes s’est tenu à la Bibliothèque de Coulommiers (France). La soirée poétique animée par Philippe Berling, directeur d’une troupe de théâtre de la même ville, a révélé une jeune poétesse non encore connue jusqu’à présent, au talent des plus prometteurs. Nora Mellal a lu un Slam improvisé sur l’instant, défiant ainsi sa timidité du premier pas face au public. 

Nous avions déjà rencontré
Nora Mellal au cours du Maghreb des Livres, en février 2009. Cette jeune femme, alliant intelligence et modestie, nous avait parlé de ses premières créations poétiques dont elle nous fit la primeur. La poétesse possède un talent incontestable que l’on ne peut ignorer. Née dans la campagne picarde (Aisne, France), élevée comme elle le dit « dans une petite bourgade bien française » avec « une enfance ordinaire, une scolarité ordinaire » mais « réussie » passée au sein d’une famille d’origine marocaine, qui lui inculquera à la fois la culture chleuh et le souci d’aller jusqu’au baccalauréat, option latin, qu’elle obtiendra en 1999. 

Après des études en Lettres modernes à Lille,
Nora Mellal se nourrit au « métissage culturel » où, dit-elle, « j’ai découvert la littérature maghrébine », approfondissant son approche, par la suite, par la lecture d’auteurs marocains dont elle avait eu un avant-goût par le fait de Driss Chraïbi, écrivain que la sœur de la jeune femme avait pris comme sujet pour sa Maîtrise de littérature. De son côté, une Maîtrise sur Molière témoigne, comme elle ajoutera, de son « amour pour la littérature classique française ». Depuis 2005, la jeune poétesse aborde l’enseignement d’abord à Lille, puis aujourd’hui, à Coulommiers, calme petite ville non loin de la région parisienne. Ainsi son contact permanent avec la littérature l’amènera à passer à l’art poétique car, nous a-t-elle confié, « écrire de la poésie est certes difficile car il faut être capable de donner à voir en quelques mots ce que nous-mêmes, nous avons pris pour émotion. Chaque poème écrit répond à un défi, celui de la création... » Ce défi, nous le voyons dans son écriture, inspirée à la fois de la poésie dite « moderne » du dernier quart du 20e siècle et de cette nouvelle forme d’expression venue des Etats-Unis, le Slam : elle y met une touche soyeuse, pleine d’imageries, en symbiose avec la rythmique d’aujourd’hui et la peinture d’hier … « La Nuit Chahutée, prise à partie Des silhouettes se dessinent Dans la caverne sentimentale Se dressent d’anciens amants Ils ont quitté leur divan de grèves ».

Et
Noral Mellal, de nous ouvrir un lieu ancestral, avec son regard bien ancré dans son univers littéraire français mais forgé d’avec les souvenirs d’un passé reconnu via les yeux de son peuple chleuh : « Espace enivrant Le hammam Les femmes, la Femme Corps dénudés Corps libérés Secrets en liberté […] Colloque féminin Des voix s’élèvent inaltérables » ...
Arabian People & Maghrebian World
espère voir, un jour, cette jeune poétesse publier un recueil qui, soyons certains, offrira bien des surprises.

vendredi 27 mars 2009

Zahra Hindi : une voix dansant sur le rythme berbère et celui de la soul

Zahra Hindi est une chanteuse aussi talentueuse dans le répertoire berbère du Souss (Maroc) que dans celui de la folk et du jazz qu’elle interprète en anglais. Elle vient de se produire au cours d’un concert unique à Mexico, à l’occasion du 5e Festival Visages de la francophonie, suivi de deux concerts donnés à Guadalajara et Monterrey (Mexique). 

Née au Maroc, elle est issue d’une famille d’artistes parmi lesquels on compte le groupe Oudaden. Très diversifiée, elle s’attaque à tous les registres de la musique comme le Gnaoua, la grande variété égyptienne et aussi le répertoire des deux « Bob » (Dylan et Marley). Parmi les personnalités qui l’ont influencée, elle cite en premier lieu sa mère mais, aussi, Jil Jilala, Ali Farkah Touré, Nass el-Ghiwane


En 2007, la grande scène de l’Olympia à Paris l’accueille pour un concert avec le chanteur Anis ; elle mettra le public sous le charme en présentant, avec sa voix légère et toute en inflexions soul, ses compositions françaises et anglaises, ... et au festival Chorus des Hauts-de-Seine (France), ce 27 mars dernier.

Zahra Hindi
se produira, le 7 avril prochain, au Café de la Danse (19h30), à Paris. Ses prochains concerts : le 23 avril, au Festival des Paradis artificiels à Lille ; les 7 et 8 mai au Womad Festival à Cáceres (Espagne) ; le 12 mai, aux Nuits botaniques, Cirque Royal de Bruxelles (Belgique) ; le 30 mai, au Festival Art Rock de Saint-Brieuc (France) et le 4 juin, au Shepherds Bush London (Angleterre).

mercredi 4 mars 2009

Zohra Maldji-Salah : une voyageuse des deux rives méditerranéennes

"Itinéraire d'une frangérienne", toute une chronique sur un port plus que centenaire d'Algérie - Ghazawet ou Nemours, de son ancien nom colonial. L'auteure, Zohra Maldji-Salah, a vécu et vit sur deux rivages au gré desquels elle a su lier réminiscences d'enfance, d'adolescence et de femme. Plus qu'une peinture des moeurs et des personnalités qui ont traversé sa vie, ce livre est bien un voyage passionnant, qui sait prendre le lecteur entre ses mots pour l'entraîner en des lieux, certes magnifiés par l'auteure, qui ne sont pas exempts de douleurs, de souvenirs poignants, quelquefois à la fois proches de la cruauté et de la magie du conte. Car Zohra Maldji-Salah est une conteuse née.

Ce périple, c'est son histoire qu'elle commence par des parfums qui nous semblent à portée de main tant les fait-elle ressurgir avec précision de sa mémoire : "
L’odeur de mon pays est dans une pomme" disait Lucie Delarue-Mardrus en parlant de sa Normandie natale. Moi, l’odeur de mon pays n’est pas dans une pomme, bien entendu. Lorsque je ferme les yeux, je suis assaillie par différentes odeurs, senteurs ou fumets qui, pour des étrangers, seraient exotiques, mais qui pour moi, sont les odeurs familières de mon enfance.C’est l’odeur des poivrons grillés, celle des tagines mijotant doucement sur le majmar ou kanoun, sorte de brasero, laissant échapper des odeurs épicées et parfumées, celle du pain frais pétri le matin et qui levait lentement avant d’être emporté au fournil voisin pour sa cuisson. Toutes ces odeurs me reviennent en mémoire et me rappellent le goût des choses simples et naturelles faites à la maison".
Née à Ghazawet, Zohra Maldji-Salah y passera son enfance et son adolescence avant de s'installer en France à la suite de son mariage. Passionnée par la littérature et toutes les choses de la vie, elle est sans cesse tournée vers ce que lui apporte l'Univers, dont elle parle avec des mots qui charment ses auditeurs. Mère de quatre enfants, elle vit en région parisienne et continue d'écrire malgré ses activités professionnelles...

... et nous donne rendez-vous sur son site culturel "Bienvenue chez Lalla Ghazwana", en hommage justement à sa ville natale : http://www.zohramaldji.fr/Lalla_Ghazwana/Bienvenue_chez_Lalla_Ghazwana.html


"Itinéraire d'une frangérienne" : http://www.publibook.com/ et http://www.amazon.fr/

jeudi 19 février 2009

Poétique : deux auteurs, deux pays des mots, deux terres d'émotion ...

Saadi Younis BAHRI est un artiste d’une grande polyvalence : à la fois acteur, réalisateur et écrivain, cet artiste irakien a joué dans plusieurs films dans le monde arabe et en Europe. On compte à son actif plus de soixante-dix pièces théâtrales et contes, dont « Le journal d’un fou » de Gogol, la grande fresque sumérienne, « L’Épopée de Gilgamesh ». Son immense répertoire l’a projeté sur la scène de plusieurs festivals : Avignon (France), Piatra Neamtz (Roumanie), Carthage (Tunisie), Jarash (Jordanie) et, bien sûr, dans la capitale de son pays d’origine, Baghdad. Il vient de publier aux Editions du Cygne, « L’Enfant de l’île sauvage » adaptée du non moins connu conte philosophique « Hayy ben Yaqzân » de Ibn Tufayl. Mais il est aussi l’auteur de « Babylone, mon éternel amour » et « L’épopée des esclaves de Gilgamesh », œuvres parues toutes deux chez L’Harmattan (Paris, France). 
Du côté du cinéma et de la télévision, on lui doit deux fictions « Une civilisation éternelle » et « Le jardinier des rêves ». 


Djalila Dechache, poétesse née en France mais dont les parents sont d’origine algérienne, vient de publier « Terre arable », toujours aux Editions du Cygne. L’auteur est une poétesse francophone d’origine algérienne. Auteur d’une première publication, « La maison du Sérail : souvenirs polyphoniques d'une Algérie des années 1950 », elle s’est vue décerner le Grand prix de poésie Louis Montalte en 2007. La préface est de Jeanne Van de Portal, elle-même auteur. 

« Terre arable » marque des émotions vécues que l’auteur extirpe du quotidien : car, dit-elle lors d’une interview accordée à l’Association Awal Productions lors du Festival Culture Maghreb (http://blog.unisvers-demain.com/index.php?pages/UnisVers-Demain
), « je suis tombée sur des choses comme « je bois un thé, et je suis bien », « une cerise rouge sur le carreau blanc » … vous voyez ? Et bien moi ça ne me parle pas. J'ai besoin de concret. J'ai besoin d'écrire des choses concrètes, réelles. J’ai écrit un poème par exemple qui s’appelle « Elle dit merci » qui raconte l’histoire d’une femme de ménage qui vient tout les soirs depuis longtemps là où je travaille … Elle dit toujours merci ! Sans raison. Parce qu’elle se sent inférieure. »

popstrap.com cookieassistant.com