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jeudi 22 juillet 2010

Voix de la Méditerranée : festival à Lodève

Le 13e festival Voix de la Méditerranée qui a ouvert ses « Voix » à Lodève (France), le 17 juillet dernier, prendra fin dimanche 25 juillet 2010.

Créé en 1998 et patronné par l’Unesco, avec le soutien de la Mairie et l’Institut du Monde arabe, le festival accueille chaque année près d’une centaine de poètes, conteurs, écrivains, chanteurs et musiciens issus des rives de la Méditerranée.
Une part belle est faite au monde du Maghreb et Proche-Orient arabe. C’est ainsi que l’on enregistre la participation des participants venus de ces rives ...

Algérie : Abdelhamid Laghouati, Jamel Eddine Bencheikh, Zineb Laouedj, Achour Fenni, Hamid Tibouchi (artiste peintre également), Habib Tengour (parmi ses écrits, « Poisson de Moïse »), Salima Aït Mohamed, Hadjira Oubachir, Mohammed Kacimi, Rabia Jelti, Abderrahmane Djelfaoui, Azeddine Maïhoubi, Ibrahim Seddiki, Rachid Boudjedra (auquel L’Ivrescq, la revue algérienne de littérature, a consacré son dernier numéro – cf. notre article publié sur cette publication en juin dernier), Fouzia Laradj, Lazhari Labter (éditeur mais aussi poète et auteur tout récemment de « La cuillère et autres petits riens »), Boubakeur Zemmal, Nadjib Anzar, Samira Negrouche, Mustapha Benfodil, Nassira Mohammedi, Miloud Hakim (directeur de la Culture de la Wilaya de Tlemcen, auteur de « Les escaliers de l’obscurité »), Ali Meghazi, Azerradj Ouamar.
Abderrahmane Djelfaoui, « Le mûrier »
« Le mûrier s'imbibe / de lumière / laissant ses feuilles vertes / s'égoutter de vent /Au cœur des branches / sommeillent des étoiles / oublieuses / de la règle des lunes Tel un Indien / il descend d'une peuplade / imperceptible A quoi bon / se dit-il / narines soufflées / sel sables et vents les yeux lents / rouges / comme la canicule / qui se rit d'une pluie à quoi bon / commander / à la colonne vertébrale / éveil de la nudité à quoi bon / d'un destin / peler / montagne du temps. »

Arabie Saoudite : Rym El-Fahd, Ibrahim Al-Housein, Ahmed Almulla, Mohammed Al-Herz, Abdullah Thabet, Ghassan Alkhunaizi, Hamad Al-Faqeeh.

Bahreïn : Qassim Haddad, Imane Assiri, Ibrahim Bu Indi, Sawsan Dahnim, Nabeela Zubari, Fatima Al-Taitoon. 
Qassim Haddad, extrait « Histoire de la pierre », traduction de Samira Ammou
« 1 A toi cette pierre ancienne. Je l'ai inscrite dans l'oubli d'une foudre passagère, Nom donné à la lettre qui n’est pas dans les paroles de la nuit. Je l'ai faite géométrie de la nature et, de ses feux.
2 Laisse ton eau cosmique écouter le lointain. Et tel un papillon, Attends que fredonne le cauchemar. Laisse s’écouler ta lignée dissipée. Laisse ta voix d’eau me lire. Et laisse-moi en sombrant dans le désir du texte-océan, Fouiller les exégèses des significations. Peut être nous réfugierons-nous alors, dans ton paradis ouvert à tous.
3 Tu te tiens à côté d’une pierre Qui entend le séisme étouffé dans le cœur. Quelqu’un tourne autour de toi depuis des siècles. De toi, il n’entend que le silence, Sans rien comprendre. Ne sous-estimes pas la pierre. Elle garde tes secrets ; Et par cœur, Elle apprend les métamorphoses du sang dans ton cœur. Une pierre se tient à côté de toi On dirait ton sosie ancien.
4 Tu n’es point tout seul Avec la pierre. »

Egypte : Mohamed Farid Abou Seeda, Ahmad Yamani, Bashir Al-Sebaï, Mohamed Ibrahim Abou Senna, Mohamed Metwally, Abdel Moneim Ramadan, Safaa Fathy, Osama Danasori, Gamal Al-Kassas, Ghada Nabil, Rana Al-Tonsi, Iman Mersal, Zahra Yostri, Hoda Hussein, Nagat Ali, Karim Abdel-Salam, Imad Hassan Abou Saleh, Yasser Adel-Latif, Wael Abdel Fattah, Fatma Kandil.
Mohamed Metwaly, extrait de « La sainte de l’arbre », traduit de l’anglais par Ghislaine Le Dizès
« Elle a hissé son corps entre deux branches d’arbre, dans l’allée boisée d’une banlieue Plusieurs personnes lui ont demandé de descendre, Prétextant qu’ils étaient inquiets, Mais elle ne leur a pas jeté un regard. D’autres ont simplement suspendu leurs têtes dans l’air pour un moment, L’observant tandis que leurs pieds continuaient de marcher. Elle leur a souri. C’est une chose commune, par les temps qui courent, de voir une femme nue au sommet des arbres dans quelque banlieue. Et, pour le prouver, pas un des chiens qui passaient n’a objecté. Ils ont juste aboyé leur bref salut, aussi rugueux que l’écorce, Et ont passé leur route. »

Emirats Arabes Unis : Maisoon Saker, Nujoom Alghanem, Khaled Albudoor.

Irak : Saadi Youssef (Prix international Argana 2009, auteur prolifique de recueils de poésie et d'un roman « Le triangle du ciel »), Kadhim Jihad (traducteur d’auteurs comme Gilles Deleuze), Abdel Kader El-Janabi, Sargon Boulus, Salah Al-Hamdani, Khalid Al-Maaly, Fadhil Al-Azzawi, Samuel Shimon, Basem Al-Meraiby, Hashem Shafiq, Karim Fawzi, Gulala N’Ahmed.
Kadhim Jihad, « Extases »
« Pays-limite, temps en lisière du temps, l’exil a voulu que j’oublie les multiples étapes de ma fatigue, les noms des fleurs et le parfum des roses, les échelles des sentiments que je savais, jadis, divers et hiérarchisés, ainsi que les oiseaux et les strates du désir. Aujourd’hui, je me vois envahi,dans la même journée, d’innombrables extases – et je ne trouve jamais son vrai nom pour une chose, ni à un nom sa chose. Je pense au moindre point de cette contrée lointaine et je maudis l’oubli. Je rêve d’une enfance retrouvée, je parle d’avenir. Je frôle la pourpre des anémones et la déclare papillon. Je vois des nuages en fuite et crie : mes superbes montures ! »

Jordanie : Amjad Nasser, Taher Riad, Hussein Jelaad, Zeyad Alanani, Hikmat Nawayseh, Walid Alswairki.

Liban : Claire Gibeyli (auteur de « Dialogues avec le feu : carnets du Liban », de « Cantate pour l’oiseau mort » qui fut son premier roman), Ismaïl Faquih, Issa Makhlouf, Joumana Haddad, Tamirace Fakhoury, Mohammed Ali Chemseddin, Vénus Khoury-Ghata, Salah Stétié (auteur de plus d’une cinquantaine d’ouvrages dont « Les sept dormants au péril de la poésie », un thème récurrent et que l'on retrouve chez la poétesse franco-tunisienne Amina Saïd), Abbas Beydoun (auteur du magnifique recueil « Le poème de Tyr » traduit par Kadhim Jihad), Abdo Wazem, Sabah Zouein, Akl Awit, Inaya Jaber, Wadih Saadeh, Paul Chaoul, Antoine Boulad, Yehia Jaber, Youssef Bazzi, Fidel Seity, Ritta Baddoura, Etel Adnan (auteur de plusieurs ouvrages de poésie et romans comme "Sitt Marie-Rose" paru aux Editions Tamyras), Sabah Zouein, Iskandar Habache.
Abbas Beydoun, extrait « Le poème de Tyr »
« Qui suis-je, pour vous guider, pour vous montrer les pierres sur lesquelles nous sommes nés reptiles, au moment où la ville levait sa tête depuis la mer ? Elle nous nourrissait de soleil et de sel et, dans le creux de nos mains, nous avons mangé du poisson vivant. Les eaux nous soulevaient au-dessus de la pierre, tandis que nous apprenions, tous les jours, des mots et pensées nouveaux. Nous étions couverts de sable quand nous nous réfugiâmes sur les rivages. Nous nous sommes abandonnés aux laveurs de sable qui nous enveloppèrent d’écume mûrie à la brise nocturne ; et sous une vague, nos sortîmes de nos coquilles. »

Libye : Khaled Darwish, Khaled Mattawa, Mohamed Abdulghani El-Kish, Abdussalam Al-Ujaili, Abdul Fattah Elbishty, Habib Assanoussi, Hawa Alkamoudi, Idriss El-Tayeb Al-Amin, Abo Kasem Mazdawi, Saleh Al-Reda, Salem El-Oukaly, Khouloud Alfaleh, Salem Souad.

Maroc : Mohamed Serghini (prix international de la poésie Argana en 2004), Mustafa Nissaboury, Hassan Najmi, Wafaa Lamrani, Hassan El-Ouazzani, Abdelatif Lâabi (le fondateur de la revue « Souffles » en 1966), Abdallah Zerika, Yassin Adnan, Mohamed Bachkar, Abdelmajid Benjelloun, Mohammed Hmoudane, Abderrahim Elkhassar, Abed Alkarim Altabal, Mohammed El-Amraoui, Mohammed Bennis, Mahmoud Abdelghani, Siham Bouhlal (auteur notamment de "Princesse Amazighe" paru chez Al-Manar), Moubarak Ouassat.
Abdelatif Lâabi, « Tribulations d’un rêveur attitré »
« Ce n’est pas une affaire d’épaules ni de biceps que le fardeau du monde Ceux qui viennent à le porter sont souvent les plus frêles Eux aussi sont sujets à la peur au doute au découragement et en arrivent parfois à maudire l’Idée ou le Rêve splendides qui les ont exposés au feu de la Géhenne Mais s’ils plient ils ne rompent pas et quand par malheur fréquent on les coupe et mutile ces roseaux humains savent que leurs corps lardés par la traîtrise deviendront autant de flûtes que des bergers de l’éveil emboucheront pour capter et convoyer jusqu’aux étoiles la symphonie de la résistance. »

Oman : Saif Alrahbi, Zaher Algahafiri, Mohammed Al-Harthy, Saleh Al-Amri, Issa Samaa.
Saif Alrahbi
« Elle se réveille au bout de la nuit Elle jette un œil sur le boulevard vide, Sauf des souffles saccades, qui la traversent D’un temps à autre. Seul, le sommeil marche, en vadrouillant Entre ses tribus barbares, Devant lui un groupe de nains. Là-bas des têtes irréelles regardent d’une fenêtre Les restes de la neige collante avec les bords, comme Si elles regardent sa dernière part D’héritage des ancêtres. Les lanternes se poussent avec les épaules, venant Des cavernes anachroniques Qui n’emportent aucun secret. Le ciel est vacant des étoiles Les chameaux traversent le désert en cherchant Les tentes de la tribu Les trains rêvent des voyageurs. Aucune personne … rien Ferme le rideau Peut-être tu ne peux pas supporter La Seine d’une ville qui se réveille. »

Palestine : Imad Saleh (auteur entre autres de « Prières de lumière » dont Marc Dehez dira qu’il « est une étape importante de son voyage intérieur, au côté de son peuple. Imad a retrouvé ce qui est au fond de toute âme humaine : la puissance de l’amour, les mystères des origines... »), Mohammed Zakaria, Siham Daoud, Mustapha Ateek, Salman Masalha, Jihad Hudaid, Anas Alaili, Tarek Al-Karmi, Basem Alnabriss, Khaïri Mansour, Ghassan Zaqtan, Bashir Shalash, Naser Jamil Shaath, Mazen Maarouf, Zuhair Abu Shayeb
Rasem Almadhon qui devait être présent, n'a pu participer au festival pour avoir reçu un refus de visa, ainsi qu'il l'a écrit à notre correspondante Monia Boulila : aucun motif ne lui a été donné et il est dommage que la poésie soit ainsi sanctionnée quand les poètes de par le monde oeuvrent pour se rencontrer et faire entendre leurs Voix sans distinction et sans discrimination aucunes. Le poète palestinien n'a pas eu assez de temps, lors du traitement de sa demande de visa, de sorte que les organisateurs du festival puissent intervenir.
Imad Saleh, L’ami éternel in « Prières de lumière »
« Il a traversé des siècles de souffrances, Intact et splendide, Pour annoncer des matins de fêtes Sur cette terre d’amour et de soleil Pour pouvoir enfin, entre vos larmes et vos paupières, Signer son nom éternel : l'Espoir. »

Syrie : Salwa al-Neimi (auteur de « Borhan el-Assal »/La preuve par le miel, un livre qui bousculera bien des personnes), Nazi Abou Afach, Nouri Jarah, Aïcha Arnaout, Maram Al-Massri, Faraj Bayrakdar, Ahmad Sleiman, Bandar Abdelhamid, Mohammed Fouad, Mohamed Hussaini, Omar Kaddour, Monzer Masri, Saleh Diab, Roula Hassan, Hazem Alazmah, Hussein Ben Hamza, Hussain Elshaikh, Hanadi Zarka, Aref Hamza.

Tunisie : Béchir Kahwaji, Mohammed Ghozzi, Moncef Ghachem, Abdelwahab Meddeb, Moncef Mezghanni, Slaheddine Haddad, Amina Saïd, Tahar Bekri, Abderrazak Sahli, Khaled Najar, Moncef Louhaïbi, Tarek Ben Chaabane, Amel Moussa, Abdelaziz Kacem, Najat Adouanii, Sami Nasr, Jalel Babay, Aymen Hacen, Azouz Jemli, Abdelfatah Ben Hamouda, Youssef Khadim Allah, Muhammed Awlad Ahmad, Maha Ben Abdelhadim.
Béchir Kahwaji, trois poèmes traduits de l’arabe par Mohamed Rafrafi (lui-même poète et auteur de « L’écume des mers »)
« Si une ville / aussi vaste que mon rêve / Si un automne / sans orangers / Si un train dans l'étendue…
--- Je me rappelle / avoir donné aux choses / Noms et fonctions / Pour qu’un ancien automne / Ne vienne remplacer le prochain.
--- Trouble, le chemin vers toi. / Eteintes sont tes lampes. / Entre mon désir et ton éloignement, / les nuages de cet éternel automne. / (Je me perds dans la parole comme si je pleure une patrie ou un amour) / Sans toi, je ne serais dans le poème / qu’amas de vides, / de voix ténébreuses / Et de mélancolie. / (Ni patrie, ni Histoire, mais seulement ces mots brisés comme du verre) ».

samedi 17 juillet 2010

Voyage en Algérie : à la rencontre de Farid Benyaa, peintre et plasticien


Farid Benyaa.
Photo Arabian People & Maghrebian World.

Arabian People & Maghrebian World a eu le bonheur de rencontrer, en mars dernier, le peintre-plasticien Farid Benyaa, en sa galerie située sur les hauteurs de la capitale algérienne. Rencontre rarissime car Farid Benyaa fait partie des grands noms de la peinture algérienne et même s’il est d’un abord engageant, il n’en demeure pas moins qu’il est un « Maître » et c’est avec beaucoup de déférence que l’on aborde une telle personnalité.

Dans sa magnifique galerie, ouverte en novembre 2000, tout prête au silence et à la délectation : le décor puriste, dans les tonalités du blanc et du noir, les sculptures aux lignes dépouillées. La lumière intérieure est subtilement mélangée à celle du soleil et des murs d’un blanc monacal.

On plonge dans la rencontre avec les œuvres exposées avec attention car tout sollicite le regard et de ce fait, tout est silence. Pour mieux voir. Habituellement, nous sommes au fait des couleurs que Farid Benyaa rend dans ses toiles. Ce jour-là, c’était une symphonie en noir et blanc. Au-delà du trait rigoureux de l’architecte – car le peintre est sorti de l’Ecole polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme d’Alger – il y a ce plus, ces détails, renforcés par l’encre de Chine alors que d’habitude cette technique rend la scène comme figée, il y a donc cet ensemble de peinture, de traits pleins, de jeux du noir et blanc des tableaux exposés, qui font que l’on se prend au jeu de la recherche en profondeur...

Galerie Farid Benyaa.
Photo Arabian People & Maghrebian World.
... comme cette merveilleuse jeune épousée où pudeur, sexualité transcendée planent sur les yeux baissés sous un front alourdi par la coiffe d’apparat et traditionnelle des mariées algériennes...

... ou comme cette superposition de visages féminins dont le regard profond est comme une fêlure, déchirant le fond blanc de la toile.

C’est « mettre en scène l’invisible » : couleurs ou encre de Chine, peinture ou aérosols, tout éclaire cet invisible que l’œil observateur débusque au détour d’une volute, d’une main, d’un regard baissé mais laissant filtrer la pupille, la cambrure d’une hanche ou la fougue d’une monture. Farid Benyaa regarde, prend ce que son œil voit depuis l'intérieur de l'objet ou du corps, ce que son inspiration dévoile. Il déshabille le silence pour le rendre parlant, il s’attarde sur la pose d’un musicien. Ou s’extasie sur la luxuriance d’une ruelle de la Casbah, lui qui travaillera durant trois ans à sa restauration avec une équipe de l’Unesco. Entre plusieurs expositions en Algérie et à l’étranger (Genève, Ankara, Paris ...).
Oeuvre de F. Benyaa.
Photo Arabian People & Maghrebian World.
Reproduction interdite sous peine de poursuites.

Cependant, le Maître n’est pas seulement rivé à sa toile, il a d’autres univers qu’il met en scène, dans cette galerie qui, il faut le dire, prête à s’y asseoir longuement pour absorber la beauté finement ciselée de tout ce qui vous entoure : la culture avec un grand « C » où pianistes et violonistes de talent, poètes, romanciers, philosophes, comédiens, conférenciers d’Algérie et d’Ailleurs sont au rendez-vous : « soirée théâtralisée » sur Nizar Kabbani, lecture-débat autour de « On dirait le Sud », roman de Djamel Mati, en présence de poétesses et romancières comme Nadia Sebkhi, ou manifestation culturelle avec une exposition autour du thème « Journée internationale de l’enfance ».







Galerie F. Benyaa.
Photo Arabian People & Maghrebian World.
Farid Benyaa est un esthète. Rarissime dans un pays qui cherche à respirer ... et c’est cette idée qui est la trame de la création des rencontres mensuelles « Point de vue » où un parterre de personnalités du monde de la culture et de personnes en recherche d’espaces se réunit pour discuter, penser sur de grands et petits thèmes comme parler dans l’absolu, parler de soi ou des autres sans jugement et, surtout, «être une voix et non un écho»...

Galerie Farid Benyaa
4, rue de Picardie 
Les Castors II
Bir Mourad Raïs
Tél. (+213) 21 44 76 65
Mail : galerie@benyaa.com
Site : www.benyaa.com

Voyage en Algérie : M'Hamed Issiakhem, quand le peintre parle même lorsqu'il fait silence... (1ere partie)

En décembre 1985, disparaissait l’un des grands noms de la peinture moderne algérienne : M’Hamed Issiakhem. Il était l’ami de l’écrivain Kateb Yacine, de la non moins grande artiste-peintre Baya. Il disait « qu'un pays sans artistes est un pays mort. »

Né, en 1928, près d’Azzeffoun, joli port du littoral de la Grande-Kabylie (Algérie), il vivra avec sa famille cependant dans l’ouest algérien où son père y travaillait. Mais c’est dans la capitale qu’il s’installera (1947) pour faire ses premiers pas dans la peinture en s’inscrivant à la Société des Beaux-arts puis, à l’Ecole normale des Beaux-arts d’Alger et, cela, jusqu’en 1951. C’est durant cette période qu’il étudiera la miniature auprès des grands maîtres Omar et Mohamed Racim et qu’il fera la connaissance de l’écrivain Kateb Yacine.

Dans la même année, sa première exposition a lieu à la galerie André Maurice à Paris qui célèbre alors son bimillénaire. Sa carrière ira en progressant, sa peinture suscitant l’intérêt et la reconnaissance hors et à l’intérieur de l’Algérie. M’Hamed Issiakhem sera un des membres fondateurs de l’Union nationale des Artistes Peintres (UNAP) en 1963. Il sera suffisamment longtemps à l’étranger ; pourtant, c’est dans son pays qu’il voudra vivre, même après de longues années passées à Paris où il sera ergothérapeute auprès d’enfants handicapés mentaux. Et c’est sur la terre rouge algérienne qu’il rendra son dernier souffle, il y a de cela vingt-cinq ans.

Tout au long de sa vie, sa peinture a été le témoin vivace de ce que l’Algérie traversait durant la guerre d’indépendance, comme l’illustration de la torture dans la revue « Entretiens » alors que se déroule le procès d’une grande figure héroïque de l'Agérie, Djamila Bouhired. Le monde qu’il déroulait sous nos yeux prenait des allures d’êtres en souffrance, perdus dans les méandres d’une vie du quotidien pas toujours réjouissante. Il nous renvoyait notre image à partir de sa propre image, en souffrance, dans la beauté intérieure et la laideur de l’extérieur – comme ce tableau où l’on voit des silhouettes imprégnées d’ombre et comme allant s’enivrer dans quelque bar opaque. Et cette peinture offrait aux regards ce que l’on pourrait appeler « le bleu Issiakhem » où des fondus mêlent ce bleu inimitable à des touches grises toutes en nuances comme le « Carré bleu », une huile peinte en 1983.

Homme parlant peu de son art en public, notamment devant la presse, son regard était curieusement intérieur, même quand il exposait sa pensée dans ses toiles. Et même lorsqu’il recevait les honneurs comme le 1er Simba d’Or de Rome, une distinction de l’Unesco, il allait au-delà et la sourde mélancolie, la grisaille de ces êtres qu’il peignait disaient l’homme qu’il était derrière le personnage du peintre que l’on croyait comprendre. Tout était dans cette émotion qu’il répugnait à dire mais qui se montrait, dans ce silence qu’il peignait même quand il lui prenait souvent de rire dans les grandes discussions qu’il avait avec ses amis intimes.


Aujourd’hui encore, on est à se poser la question de qui était M'Hamed Issiakhem ? Il faudrait une anthologie pour le découvrir. Pour ceux qui l’auront rencontré, côtoyé ou après avoir entendu ceux qui le connaissaient mieux que quiconque, on ne pourrait prétendre le connaître véritablement. La seule chose qui est réelle, présente, c’est que ce grand peintre a eu raison de naître Algérien, parce que mieux que quiconque - hormis ses pairs- il a su lui donner sa mémoire... et l’Algérie d’aujourd’hui pourrait pleurer pour ce qu’elle n’est pas « vivante », embourbée dans la nébuleuse pétrolière et les villas rutilantes où la peinture ne trône que parce que cela « fait bien ».
Au-delà du temps, le visage de M'Hamed Issiakhem, son empreinte dans l’univers algérien perdureront... et ainsi que l’écrit le poète Kamel Yahiaoui dans son poème consacré au Maître:

« La maison s’ouvre sur vos lumières peintes à la mémoire des aveugles
Salut aux murs où sont gravées les caresses de l’ancêtre
Dévoilons les pierres où repose l’araignée qui tisse la toile de la réconciliation »...

Voyage en Algérie : M'Hamed Issiakhem, peintre mais aussi illustrateur de presse (2e partie)

Djamila Kabla-Issiakhem.
Phot. Arabian People 
& Maghrebian World.
Avec l'aimable concours de Djamila Kabla, commissaire générale de la rencontre -exposition de Taboudoucht.

L'hommage au grand peintre algérien M’Hamed Issiakhem à Taboudoucht (situé dans la sous-préfecture d’Azzefoun et lieu de naissance du peintre) :
"En cette année-là, l’association culturelle M’Hamed Issiakhem rendait hommage au peintre disparu mais toujours vivant : un événement rare parce que sur les pentes brûlantes de l’Algérie, la beauté ne se retrouve plus que dans la nature et son ciel azuré, de ce bleu qui fait les innocents.
C’est devant la stèle érigée à sa mémoire, que les héritiers, les officiels de la région, l’association culturelle M’Hamed Issiakhem, les artistes-peintres viendront saluer son souvenir et, fait des plus marquants, près de 45 peintres exposeront leurs œuvres, là où le peintre vit le jour. Cet événement fut complété par la participation de nombreuses associations qui ont exposé également des créations, dont l’œuvre du peintre Mohamed Iguerbouchene."

Retour sur ces mots de Djamila Kabla :
« Le cycle de conférences initié à l’école des Beaux-arts d’Alger autour de la biographie d’Issiakhem se poursuit avec pour prochaine destination Azazga.
En effet, l’Ecole des Beaux-arts d’Azazga vous invite, le jeudi 10 décembre 2009 à 9h30, à assister à la seconde conférence qui portera sur le thème du dessin et de l’illustration de presse, sur lesquels M’Hamed Issiakhem a consacré une partie de son œuvre.
Rappelons qu’aux Beaux-arts d’Alger, il s’agissait d’aborder le contexte social et politique dans lequel a évolué l’artiste. Ces repères historiques sont essentiels pour saisir le personnage et comprendre ce qui a forgé l’homme et l’artiste qu’il fut. La présence d’un témoin de l’époque constitue le dénominateur commun de ces cycles de conférence.
Point essentiel car ces témoins, de plus en plus rares, ont la particularité d’avoir côtoyé l’artiste et ont été des acteurs actifs de la période concernée.

Ces conférences sont, au-delà du partage avec la population, l’occasion de recueillir ces témoignages qui seront préservés et mis à la disposition de tous par le biais de la fondation en cours de construction.

Il en sera de même à Azazga. La participation à cette conférence de Ziad Mohand Saïd alors journaliste à « Alger Républicain », et qui a côtoyé Issiakhem et Kateb, donnera l’opportunité aux participants d’échanger avec un acteur significatif de cette aventure journalistique.

Loin de prétendre aborder tous les sujets, cet échange avec le public est aussi l’occasion d’identifier, de part les questions posées, des thèmes périphériques à la conférence et qui sont tout aussi importants. Ils seront adressés ultérieurement par la fondation à venir.

Aborder Issiakhem par le dessin de presse permet une entrée progressive dans l’univers de celui qui marquera l’art contemporain algérien. On y trouve l’essentiel de ce qui fera la particularité de l’artiste ; le souci d’être intelligible par son peuple et l’engagement d’un homme soucieux de ne pas rester spectateur de l’histoire en marche.

Un célèbre dessinateur de presse affirmait que « si on veut connaître le baromètre de la liberté d'expression d'un pays, il ne faut pas aller voir le Premier ministre, mais le dessinateur de presse » (Plantu).

Au-delà d’Issiakhem, cette conférence rend hommage à cet art particulier et à ceux qui le pratiquent. MM. Hic et Djamel Lounis nous aiderons à mieux cerner cet art.

Condamné à la dissidence ou à la partisannerie, le dessinateur de presse n’a pas de vocation descriptive, il livre une opinion sans ambiguïté. Ce coup de crayon révèle d’un coup d’œil toute l’ironie, la gravité et le grotesque du sujet. L’occasion de rappeler que l’artiste a aussi son mot à dire sous le feu de l’actualité, loin des galeries feutrées.
L’engagement est un parti pris, un risque qui peut agacer, être à contre courant ou au contraire le suivre par conviction ou pragmatisme.

Issiakhem n’échappe pas à ces tiraillements dans un processus complexe de construction de l’Algérie postcoloniale. Fidèle à ses convictions, il ne cédera ni dans ce domaine ni dans d’autres au confort du silence. Silence qui s’il ne consent à tout, ne risque rien.
Tous les participants pourront enrichir le débat, qui ne fait que commencer.»

Pour le Fonds Issiakhem,
Djamila Kabla 

Voyage en Algérie : M'Hamed Issiakhem (3e partie) ou rendre son oeuvre accessible à tous

Avec l'aimable concours de Djamila Kabla

« Nous voulons rendre l’œuvre d’Issiakhem accessible à tous », dit Djamila Kabla Issiakhem, la commissaire générale de « Hommage à M’Hamed Issiakhem ». Nous donnons, ici, l'entretien qu'elle avait accordé, à l'occasion de cet événement, à la journaliste Samira Hadj Amar pour « Algérie News-Week ».

Samira Hadj-Amar : Pouvez-vous présenter le fonds Issiakhem ?
Djamila Kabla : Le Fonds Issiakhem renferme des documents, des témoignages et dons d'artistes permettant de découvrir et d'approfondir l'œuvre d'Issiakhem. Ce Fonds initié par des volontaires, héritiers, famille, amis de l'artiste, artistes et public, assurera une base de données au profit des étudiants et chercheurs ainsi qu'aux écoles des Beaux-arts, afin de faciliter la tâche à tous ceux qui veulent faire de la recherche sur l'artiste et son œuvre.
Pour ce qui me concerne, je dois vous dire que je fais partie des bénévoles. Ma mission est de coordonner ce fonds au mieux avec l'aval des héritiers Issiakhem. Nous serons vigilants quant à son dispatching.

Samira Hadj-Amar : Vous avez abordé un cycle de conférences en hommage à M'Hamed Issiakhem, peut-on en savoir plus ?
Djamila Kabla : L'intérêt des Algériens pour l'artiste et son influence dans différents domaines reste vif, que ce soit en matière artistique, ou pour son humanisme et le souci qu'il avait que chaque composante du pays trouve pleinement sa place dans une Algérie nouvelle et non une reconstruction post coloniale infidèle à son identité réelle. Ces conférences permettent de recréer le lien et le partage de la connaissance avec tous, prémisses à une réminiscence de ces débats nécessaires et structurants « Dessin et illustration de presse » est donc le thème que vous avez choisi pour ces rencontres.

Samira Hadj-Amar : D'après vous quelle place a occupé la caricature dans l'expression d'Issiakhem ? Ou pour Issiakhem ?
Djamila Kabla : Dans une vie aussi riche que celle d'Issiakhem, la caricature et le dessin de presse se sont imposés à lui de manière spontanée et nécessaire. En effet à l'indépendance, le public algérien ne connaissait pas l'art en général ou très peu. Ce domaine demeurait confiné dans certains salons feutrés; de plus, ayant été un des fondateurs de la peinture moderne algérienne non comprise pour des raisons sociologiques évidentes où nos artistes ne, pouvant reproduire que les leçons enseignées par la fameuse Ecole d'Alger, elle-même issue de l'Ecole de Paris, bloquaient toute ouverture vers la modernité. Issiakhem s'est trouvé confronté à un double problème. D'abord celui de dénigrer cette Ecole où seules les compositions florales, les natures mortes et les paysages avaient droit de cité, en créant son propre style avec comme thème majeur les femmes issues de sa société telle qu'elle était réellement et d'autre part la non-compréhension de ce public face à cette oeuvre. D'où la nécessité pour lui de trouver le moyen pictural de faire adhérer le peuple à l'art. Il va constamment être à la recherche de personnages, de situations pour aider le peuple à comprendre l'art. Et ces moyens seront les dessins de presse et la caricature. A ce moment là, l’artiste est réellement en adéquation avec ce peuple grandement analphabète au sortir de la guerre. Il sera le reflet de sa société aussi bien en peinture qu'en dessin : comprendre les maux et les angoisses qui minent tout un chacun et les partager d'un coup de crayon avec le peuple. Le peuple et son devenir ont été les angoisses majeures et permanentes d'Issiakhem. Ce langage artistique populaire qu'est le dessin est en fait un palliatif pour faire descendre l'art dans la rue et le rendre accessible à toutes les couches de la société. Une caricature pouvait être comprise de tous mais pas une toile. De même qu'il a été pour cela jusqu'à accepter de porter le message officiel (révolution agraire, etc.) parce que convaincu que c'était la moins pire des solutions. Avec la caricature, il voulait participer activement à l'édification d'un Etat de droit et de justice. C'est un artiste engagé qui n'a jamais omis les préoccupations du peuple. Avancer avec lui avec sincérité. Il disait qu’il faut constamment évoluer avec son peuple ne pas lui mentir. N'être ni trop en avance sur lui ni rétrograde. Ses premiers dessins remontent à son enfance puis avec le journal républicain, « El-Djeich », « Révolution et Travail », etc.

Samira Hadj-Amar : Aujourd'hui, c'est l'école des Beaux-Arts d'Azazga qui reçoit les hôtes d'Issiakhem, quel est le programme de cette journée ? Et pourquoi avoir choisi Azazga ?
Djamila Kabla : Le choix de l'école d'Azazga s'est fait d'abord pour des raisons de commodité. En effet, notre conférencier, monsieur Ziad habite la région et vu son âge avancé, nous avons voulu le ménager d'une part et, d'autre part, intéresser une région à l'oeuvre d'Issiakhem. Nous rappelons que nous avons déjà donné en 2007 une conférence à Relizane, ville ou a grandi l'artiste puis en juin 2008 à Taboudoucht son village natal et en décembre 2008 à l'école des Beaux-Arts d'Alger ; Nous comptons sillonner les villes d'Algérie en fonction de la disponibilité de nos témoins qui, rappelons le, sont tous âgés au jour d'aujourd'hui et nul doute que nous trouverons écho à travers tout le territoire. Issiakhem étant un authentique algérien qui se revendiquait de Tamanrasset à Oran en passant par Béchar ou Constantine.

Samira Hadj-Amar : Vous avez choisi de faire intervenir des caricaturistes Le Hic, Lounis et un journaliste et ami de M'Hamed Issiakhem : Ziad Mohand Saïd, qu'est ce qui rassemble ces parcours avec celui de M'Hamed Issiakhem ?
Djamila Kabla : Nous avons l'immense honneur d'avoir le témoignage de monsieur Ziad Mohand Saïd l'un des plus fidèles amis d’Issiakhem et ce, depuis les années cinquante. Il fut un des plus prolifiques journalistes d'Alger Républicain des années 60 aux côtés d’Issiakhem et de Kateb Yacine entre autres. Le Hic fait partie d'une autre génération ; c’est un talentueux caricaturiste.
Djamel Lounis est un jeune caricaturiste autodidacte peu connu du public. L'idée d'associer ces trois générations ne peut être que bénéfique. Quel regard porte-t-on sur la caricature aujourd'hui et quels sont les espoirs et messages véhiculés à travers leurs dessins à des périodes différentes ? Issiakhem a toujours revendiqué l'intérêt pour les jeunes talents et pour rester fidèles à cette logique, Djamel Lounis sera ce jeune que nous ferons connaître et il le mérite certainement ; ce qui les unit tous, c'est leur sincérité avec le peuple et le combat pour la dignité et le respect de tous les artistes. Ils sont porteurs de message et d'espoir et sont tous le reflet de notre société.

Samira Hadj-Amar : Après Alger et Azazga, dans quelle ville ou quelle destination vous retracerez le parcours d'Issiakhem ? Et quel chapitre de sa vie sera abordé ?
Djamila Kabla : Le lieu s'imposera avec notre prochain témoin ; par contre pour le thème, nous nous pencherons sur le figuratif et le non-figuratif dans l'Algérie naissante. »

Voyage en Algérie : Sabiha Abdiche, talent à découvrir

S. Abdiche.
Phot. Arabian People
& Maghrebian World.

Vivifiante. C’est le terme que l’on serait tenté de prononcer en voyant l’exposition « Maelström » de Sabiha Abdiche mais ce ne serait pas rendre justice à cette jeune artiste-peintre que notre voyage en Algérie nous a fait découvrir.

Sabiha Abdiche est née en Tunisie, un certain 8 mars, date d'ailleurs qu'elle choisit pour le vernissage de son exposition, dans la galerie de la Librairie Médiabook (Alger). Autodidacte, elle a fait des études en management et marketing. Son amour de la peinture, elle le vivait au quotidien car toujours à dessiner ou à peindre, elle offrait ses tableaux à ses proches ou à des amis. Elle perdra quelquefois des toiles malheureusement.

Oeuvre de Sabiha Abdiche.
Photo Arabian People & Maghrebian World.
Reproduction rigoureusement interdite.

C’est en 2007 que Sabiha Abdiche se décide à franchir le pas et comme elle nous le dira « à vivre une nouvelle aventure ». Ainsi « Maelström » est sa toute première exposition en public. Il n’y a pas de couleur dominante mais on y retrouve la lumière du Maghreb – avec des noms évocateurs comme « Ici et là-bas », « Mots bleus », « Conversion » -, adoucie par le regard d’une artiste pleine de vie qui, visiblement, a les pieds bien ancrés dans ses univers : imaginaire et réalisme.


Contact S. Abdiche : sabi_abdi@yahoo.fr

Librairie MEDIABOOK
Rue Ahmed Zabana
16000 Alger

jeudi 15 juillet 2010

Sonia Khader, poétesse palestinienne


Par Monia Boulila

Sonia Khader est née à Ramallah, en Palestine, ville qu’elle admire tout particulièrement.

Elle a eu une formation multidisciplinaire : études supérieures en biologie à l’université de « Bir Zeït » (fondée en 1924) ; un diplôme en architecture d’intérieure de l’université américaine ICS grâce à des études par correspondance ; des cours d’informatique pendant deux ans et demi à l’université d’el-Qods interrompus par la guerre israélo-palestinienne en 2002.
Cette formation multidisciplinaire et l’état de guerre en Palestine expliquent les différentes fonctions que Sonia Khader a pu exercer : enseignante en physique et en biologie à l’école de sœurs Mary Youssef à Ramallah ; enseignante de la langue française de base pour enfants.

Après un court passage de six mois en tant que directrice générale à la maison d’édition et de distribution « Dar Echourouk », elle rejoint le théâtre d’Achtar, théâtre de formation et de production théâtrale où elle occupe le poste de directrice générale du département Communication.

Parallèlement à cette carrière professionnelle, elle a dirigé et organisé le festival international du théâtre des opprimés, en 2007, à Ramallah et a participé à plusieurs ateliers d’écriture théâtrale en association avec le Royal Court Theatre de Londres.

En 2005, Sonia Khader emprunte la voie de l’écriture et publie certains écrits sur des sites électroniques pour, ensuite, créer son propre blog.
Fin 2009, elle publie son premier recueil de poésie « Pour des soleils que j’ai caché », paru aux éditions « Fadhaet » (Espaces) en Jordanie.

La jeune poétesse prépare actuellement un nouveau recueil.

M.B.


mardi 6 juillet 2010

Le mot de la Rédaction

Arabian People & Maghrebian World remercie ses lecteurs et visiteurs car, grâce à vos votes, le magazine est en bonne position dans le Top des blogs de Wikio, que vous connaissez tous (voir colonne à gauche, le classement, en ce début de juillet 2010, dans la thématique Culture) et comme vous le savez certainement, Wikio gère l'actualité de 371 038 médias et blogs. Il ne nous reste plus qu'à maintenir le cap en développant de nouveaux sujets qui soient aussi intéressants que possible.
NDLR : Etant très professionnels et notre projet, important à maints égards, nous privilégions le vote de et sur la qualité et non pas sur des critères qui pourraient ralentir le travail fourni par la Rédaction. Merci.

dimanche 4 juillet 2010

Chérif Hassen Boughzil, le poète chantant sa terre comme "un ruban parfumé par l'Eternité"...

Avec la collaboration de Monia Boulila

« Vendeur de l’éveil », un livre de prose et récits, du poète libyen Chérif Hassen Boughzil, est paru aux Editions Al-Bouraq en arabe et français, le volet français étant une traduction de la poétesse tunisienne Monia Boulila. Le « Vendeur de l’éveil » est l’un des rares livres de la littérature libyenne qui nous parvienne (voir illustration ci-contre). Chérif Hassen Boughzil, poète et journaliste, est le fondateur et Rédacteur en chef du journal « Omar Mokhtar » édité par l’université Omar Mokhtar (en hommage à la personnalité très emblématique qu’est Omar Al-Mokhtar, héros de la résistance libyenne contre la présence italienne en Libye). Le poète prête aussi sa plume à trois journaux, dont « El-Jamahiriya » et est producteur/présentateur de plusieurs émissions radiophoniques comme « El-Jabal el-Akhdhar » et « Sawt el-Watan el-‘Arabi el-Kabir ». Mais ce ne sont pas là ses seules activités car très prolifique, Chérif Hassen Boughzil collabore avec plusieurs revues arabes et électroniques.

Monia Boulila, qui a traduit le recueil, est, rappelons-le, une poétesse tunisienne mise à l’honneur lors du 3e festival international de la poésie à Paris (novembre 2009). Née à Sfax (Tunisie), elle est issue d’une famille militante et émancipée. D’une lignée de femmes ayant lutté contre la colonisation et pour l’indépendance, la poétesse excelle dans les deux langues français et arabe. Elle est, depuis juin 2008, ambassadrice universelle de la paix auprès du Cercle universel de la paix à Genève. Membre de l’Union des écrivains tunisiens, elle est aussi membre des Ecrivains de la paix.
Plusieurs de ses poèmes ont été traduits en roumain et publiés dans diverses revues littéraires par Iona Trica, Ion Cristopher Filipas, Niculina Opréa et Cristian Sabau.
Prix spécial du Jury en 2008 de l’association « L’Ours Blanc » Paris, pour son poème « Hymne à la vie », le Prix littéraire Naji Naaman de créativité 2010 vient de lui être décerné. On citera pour mémoire deux recueils « Mon Joyau » (Tunisie, mars 2007), « Avec toutes mes amours », livret édité par l’association culturelle « Omar Khayyâm » en mai 2008 (France). Deux autres recueils sont en cours de publication, « Au fond du miroir » et « Sans toit ». Parmi les ouvrages collectifs, on notera une « Anthologie des poètes tunisiens » éditée par Ion Cristopher Filipas (Roumanie, janvier 2010).
Pour ce qui est du « Vendeur de l’éveil » de Chérif Hassen Boughzil, l’édition arabe-français sera prochainement en librairie. Arabian People & Maghrebian World présente, en première, deux de ses beaux textes dont l'un en arabe intitulé "Nuit"...
ليل
يعري الفجر"
حواف الليل
ماتبقى من لهب المجامر
خفق قلبي
تغريد عطرها
و
هالة عاشق
"بلون الشروق
Des sentiments nobles
1
A toi et à toi seule
Que les cordes tissent une mélodie
Et les distances s’accordent pour
Un appel d’un autre genre
Les objets chantent : passion ! Passion ! Passion !
Et suspendent leurs [désirs] au chuchotement du matin
2

A toi et à toi seule
Que mes yeux contemplent le monde de la joie
Et les instants de la contemplation
Dans ton sanctuaire prestigieux
Et je vis le temps de la jalousie
De tout
Même des pas qui frôlent ma profondeur.
3

Pour toi et pour toi seule
Je ferai n’importe quoi
Je prétexterai de toute chose
Celle que je connais et [celle que] je ne connais pas
Pourvu que tu t’approches de moi
Et que je sente tes battements qui m’envahissent
Un souffle que je respire
Pour que tu défies l’instant où tu seras avec moi [à l’instant] désiré.
4

Et le soleil fait son apparition d’ici
De mon intérieur
Aimant, espérant, désirant te posséder
T’emprisonner liberté dans mon univers
Pour que je puisse jouir de ce dont tu jouis
Et je vivrai l’éternité des rêves
Du matin jusqu’au matin.
© Chérif Hassen Boughzil. Trad. Monia Boulila

vendredi 2 juillet 2010

L'ivrEscQ: déjà un an pour la première revue littéraire algérienne

L'écrivain français Philippe Duhamel écrira à la Rédaction de ce jeune et brillant magazine consacré à la littérature algérienne -et en Algérie s'il vous plaît !- "...votre magnifique revue constitue bien une bouffée d'oxygène dans le monde littéraire. Son titre contient non seulement le mot livres, mais encore une invitation à l'ivresse des livres".
Il y a donc un an, L'ivrEscQ était lancé à l'initiative de trois jeunes femmes dont l'une d'entre elles est connue d'Arabian People & Maghrebian World pour l'avoir rencontrée au 60e Salon du livre de Paris : Nadia Sebkhi, directrice de la publication écrivaine et poétesse algérienne.
Ce travail n'est pas anodin car, hormis les rubriques culturelles que l'on trouve dans les quotidiens et hebdomadaires algériens, il s'agit bien d'une première. Elle offre à ses lecteurs le plaisir de lire, par ricochets, des auteurs qu'ils n'ont jamais lus ou qu'ils liront un jour. Elle est, comme le dira Nadia Sebkhi dans son éditorial du 6e numéro qui marque l'An I de L'ivrEscQ, "Persévérance, endurance ou foi de croire à tous ces auteurs qui ont enfanté par les spasmes d'accoucheurs, une pensée, une illusion, un idéal ou un monologue tout simplement." Ce n'est pas non plus anodin que de boucler cette première année d'existence par un dossier où la parole est donnée à des femmes car, écrit Nadia Sebkhi, elles "ont osé écrire ce qui se balbutie. Elles sont témoins d'une époque. En somme, elles confirment l'importance de l'écrit par des messages de l'intime au collectif."
Quel plus bel hommage de la part d'une poétesse que celui-ci ! Donner, au-delà du label de l'éditeur, celui de la reconnaissance de l'une des leurs ...
L'ivrEscQ ouvre grandement une fenêtre sur un univers que beaucoup d'Algériens peinent malheureusement à aborder en raison d'une situation du livre difficile dans leur pays.

L'ivrEscQ
Tél./Fax : (+213) 21 28 50 61
Site : http://www.livrescq.com/
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