jeudi 29 décembre 2011

Photographie : 2012 San Francisco International Photography Competition and Exhibition

Le Concours international de photographie de San Francisco / Gallery Photographica / 2012 est ouvert aux photographes de tous les pays éligibles à s’inscrire.
Le concours est ouvert à tous et la date limite d’inscription est fixée au 20 janvier 2012.

Conditions de participation 
- inscription et soumission des photos en ligne
- le jury sélectionnera 40 photographies pour l'exposition
- les participants doivent posséder et ont le droit exclusif de toutes les images qu'ils soumettent
- 45 Dollars US pour les 3 premières images et 10 Dollars US pour chaque image supplémentaire
- tous les travaux de l'exposition seront proposés à la vente. Galerie Photographica prélève une commission de 40% sur les oeuvres vendues.

Prix
- 1er prix : 3000 dollars US
- 2ème prix : 2000 dollars US
- 3ème prix : 1000 dollars US

Directives techniques
Les images téléchargées doivent se conformer aux directives suivantes :
- 1280 pixels de long sur le côté le plus long
- être au format JPG enregistrées avec un niveau de compression (moyen), RVB, couches aplaties dès 8 bits.
- les noms des fichiers doivent se terminer par .jpg

Renseignements
E-mail : info@galleryphotographica.com
Règlement du concours : http://www.galleryphotographica.com/rules


samedi 24 décembre 2011

Institut du monde arabe : exposition d'artistes primés par le Jameel Prize

Jusqu'au 26 février 2012, exposition à l'Institut du Monde Arabe d'artistes contemporains primés par le Jameel Prize, prix international qui récompense les artistes de l'art, de l'artisanat et du design travaillant dans l'esprit de l'art traditionnel musulman.

Créé en 2009, le  Jameel Prize a sélectionné, pour l'année 2011, dix artistes originaires de différents pays dont l'Egypte et de l'Algérie.
L'algérien Rachid Koraïchi est le lauréat de cette 3ème édition pour sa calligraphie "Les maîtres de l'Invisible"... un titre surprenant si l'on analyse son oeuvre qui tourne seulement autour du maître soufi, le cheikh Al-Alawi (où sont donc les autres maîtres de l'Invisible ?) et un choix qui laisse perplexe quant à une oeuvre à laquelle l'on pourrait reprocher quelque peu son "trop naïf" : arrivée à maturité, la calligraphie ne peut plus se permettre de l'à-peu-près, du moins au regard des esthètes ...

Le
Jameel Prize est ouvert aux artistes et designers de l’art musulman contemporain et de l’artisanat. La sélection se fait par nomination sur l’intervention de conservateurs, artistes et personnalités culturelles dans le monde et sur la correspondance avec les critères. Une liste restreinte est retenue et les artistes et designers sont invités à présenter des œuvres en corrélation qui feront l’objet d’une exposition au Victoria & Albert Museum (à Londres) durant laquelle le jury votera le lauréat.

Pour plus d’informations : http://www.vam.ac.uk/page/j/jameel-prize/ ou écrire à l’un des conservateurs du Victoria & Albert Museum, section Moyen-Orient qui est Selma Tûqân : s.tuqan@vam.ac.uk


Exposition 2011
Institut du Monde Arabe
1, rue des Fossés-Saint-Bernard
75005 Paris

mercredi 30 novembre 2011

5e édition "Proche-Orient, ce que peut le cinéma" : débat "Au Caire de la révolution" de Samir Abdallah



Le cinéaste Samir Abdallah animera le débat qui aura lieu après la projection de fragments de son film « Au Caire de la révolution », dans le cadre de la 5e édition « Proche-Orient, ce que peut le cinéma ». Parmi les autres participants à cette discussion, on retient le politologue Bertrand Badie, l’auteur de « L’Etat importé » et « Le diplomate et l’intrus », deux ouvrages de référence sans conteste.

La manifestation, qui a commencé aujourd'hui, se terminera le 13 décembre prochain, dans un lieu très connu pour présenter au public un cinéma engagé de qualité et qui est situé près de la Sorbonne, Les 3 Luxembourg

 Samir Abdallah
© Arabian People & Maghrebian World.
Une autre vision du monde arabe et de la réalité qui, même terriblement tragique, fait entrevoir malgré tout une petite lueur d’optimisme : la réflexion bouge, elle se donne une plus grande liberté, elle s’ouvre aux deux univers - l’Occident et l’Orient – toujours sous l’angle engagé mais aussi qui se veut plus près que jamais de la vérité. Depuis maintenant une année, le cinéma de cette partie du monde en a fini avec les poncifs : il est le témoin en direct d’un changement sans retour : les digues continuent de s’effondrer.

Le film de Samir Abdallah, lui-même ayant des racines égyptiennes, va dans cette ligne d’approche du monde arabe mais intervient sans faillir dans la logique militante du cinéaste auquel on doit des documentaires, comme « Quo Vadis », « Le Siège » ou le dernier, « Gaza-Strophe » coréalisé avec Keiredine Mabrouk, une situation que décrit sa caméra avec beaucoup de respect pour ceux qu’il a filmés et fait se dévoiler avec des mots non dénués de pudeur ...

Fragments de "Au Caire de la révolution" - 20 heures
Les 3 Luxembourg
67 rue Monsieur Le Prince
75006 Paris
Tél. 08 92 68 93 25

samedi 26 novembre 2011

"Histoires tunisiennes" de Nada Mezni Hafaiedh



Un curieux choix de réalisation : Nada Mezni Hafaiedh n’a pas dirigé la caméra sur l’histoire immédiate de la Tunisie – imitant en cela ses collègues du monde arabe - mais elle a joué la romance totalement décalée et qui déroule la trajectoire de trois femmes, chacune face à sa question personnelle : la déception sentimentale (Shams), le choix entre deux hommes (Sabrine), le divorce (Inès).

Sujet récurrent et pourrait-on penser, en dysfonctionnement avec la réalité tunisienne d’aujourd’hui ? Peut-être.
Cependant, pourquoi pas aussi. Avec la difficile situation du peuple tunisien qui n’en supporte plus de voir des thèmes à l’image d'« Histoires tunisiennes », il peut aussi avoir besoin de cela, pour ne pas demeurer plongé dans le climat tendu et fébrile tunisien depuis les premiers soulèvements en hiver dernier.

« Hekayate Tunsia »/ « Histoires tunisiennes » de Nada Mezni Hafaiedh, fondatrice de Leth Productions (2010) dont le film est le premier long métrage. La réalisatrice a également lancé, il y a quelques années, An Alen Production à Montréal. Pour ce film, elle s’est inspirée de son documentaire « Singularity ».

Actualité 
Le film devait sortir en salle, courant décembre prochain, en Tunisie mais il semble que sa diffusion n'ait pas été encore autorisée.

Casting
Taoufic El Ayeb (Sami) - Chekra Rammeh (Inès) - Maram Ben Aziza (Sabrine) - Nejib Bel Hassan (Hassan) - Yasmine Azaiez (Shams) - Hamdi Hadda (Mo).


jeudi 17 novembre 2011

Autour du Maghreb et du monde arabe : le 9e salon du livre des éditeurs indépendants



Organisé par l’AUTRE LIVRE, association des Editeurs indépendants, le 9e Salon du Livre des Editeurs indépendants réunira, à Paris, près de 150 éditeurs sur trois jours. Du vendredi 18 au 20 novembre 2011, c’est un véritable marathon que d’acteurs de l’édition accompagné de rencontres et de dédicaces qui regroupent auteurs du Monde arabe et du Maghreb mais, également, d’auteurs français. Un concert sera donné, le premier jour et en soirée, par le groupe Tarab Med'. On retiendra, dans cette perspective, « Les poètes arabes en France aujourd’hui » avec des lectures de poésie et, pour le plaisir de la curiosité, une conférence-débat sur « Pierre Loti et le monde arabe »...

Vendredi
14h : Ouverture du salon au public. Rencontres et Dédicaces.
16h-17h : Conférence-débat : « La prostitution coloniale au Maghreb », avec l’historienne Christelle Taraud (Columbia University of New York) et Leïla Sebbar, auteures de Femmes d’Afrique du Nord - Cartes postales (Bleu autour).
17h-19h : Lecture de La Madone algérienne par Frédéric Barbe (L'Escarbille).

Samedi
11h : Rencontres et Dédicaces sur les stands des éditeurs toute la journée.
15h : Conférence-débat : « Kant et la burqa ». La question de la liberté sous tendue par le symbole de la burqa posée par Lamia Berrada-Berca dans son livre Kant et la petite robe rouge où le désir féminin affronte la culture (La Cheminante). Voir, à ce propos, notre article paru en avril 2011.
16h : Grand débat sur « Les révolutions arabes », une interrogation sur les mouvements qui, après la Tunisie et l’Egypte, ont touché la Lybie, la Syrie et le Yémen.
17h : Conférence-débat : « Mes Algéries en France », avec Leïla Sebbar, auteure de Voyage en Algéries autour de ma chambre (autobiographie), L’arabe comme un chant secret (essai), Les femmes au bain et La confession d’un fou (romans) (Bleu autour). Rappelons que le premier roman de l'auteure franco-algérienne fut « Les Algériennes au square ».
20h-21h : Lecture dans les allées du salon…

Dimanche
11h : Rencontres et Dédicaces sur les stands des éditeurs.
16h : Lectures « Les poètes arabes en France aujourd’hui », un hommage rendu par L’autre LIVRE à la poésie arabe contemporaine avec les lectures des poètes et poétesses Siham Bouhlal, Salah Al Hamdani, Aïcha Arnaout et Amina Saïd
17h : Conférence-débat : « Pierre Loti et le monde arabe », par Bruno Vercier, universitaire, spécialiste de l’œuvre de Pierre Loti (Bleu autour).
20h : Clôture du salon.

Halle des Blancs Manteaux
48, rue Vieille du Temple
75004 Paris (M° Hôtel de Ville)

jeudi 10 novembre 2011

Institut du Monde Arabe : Etel Adnan, une revisitation des mots...


La poétesse libanaise Etel Adnan sera présente le 17 novembre prochain, à l'Institut du Monde Arabe de Paris, pour la présentation de son roman "Sitt Marie-Rose" publié aux éditions Tamyras, en présence de Nayla Tamraz, chef du département de Lettres Françaises de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth et de la cinéaste Joana Hadjithomas dont nous avions parlé dans l'une de nos éditions.
L'auteure qui est aussi connue comme peintre, a publié deux autres livres aux Editions Tamyras.

Etel Adnan a reçu le prix de l’Amitié franco-arabe pour « Sitt Marie-Rose » publié en 1978 pour la première fois et qui s’inspire de faits réels passés durant la guerre civile au Liban. En avril 2011, le roman a été adapté pour le théâtre par Camille Brunel, fondatrice de la troupe théâtrale Kahraba (Beyrouth).

mardi 1 novembre 2011

"Le centre-ville de mon père" de Gabriel Rayès et Tania Rayès-Ingea


"Le centre-ville de mon père" - Editions de la Revue Phénicienne.

Je rêve. Je rêve de Beyrouth comme un joyau que je n’ose point sortir de son écrin, de peur qu’il ne s’envole. Je rêve de ses ruelles anciennes où le pas du promeneur se perd à la recherche du temps perdu ...

Achrafieh et ce qui reste du Down Town m’ouvrent leurs portes comme les bras tendres d’une marraine attendant vainement ma visite. Je rêve depuis des ans à la ville qui s’engouffre dans les dédales des immeubles sans cachet, où la ligne horizontale s’accroche à la ligne verticale, faisant oublier que Beyrouth a eu son passé magnifié par des demeures abritant la douceur des après-midis et la tendresse de ses regards, manteaux de pierres jaunies recouvrant les beautés secrètes de la vieille cité envolée...

Alors, en attendant de porter ma valise jusqu’en ses entrailles résistant vaillamment au marteau-piqueur, je me contenterai de feuilleter « Le centre-ville de mon père », une réminiscence des années disparues. Gabriel Rayès et Tania Rayès-Ingea offrent au regard embué des photographies, des cartes postales, des articles de presse minutieusement collectés sur ce passé peut-être occulté, mais non pas oublié...

F. C.-A.

Gabriel Rayès et Tania Rayès-Ingea seront en dédicace, le 2 novembre 2011, à 18 heures, au stand des Editions de la Revue phénicienne (18eme Salon du livre francophone de Beyrouth).


samedi 29 octobre 2011

Le 18e salon international du livre de Beyrouth : projecteurs sur les chrétiens d'Orient et les femmes



Le 18e salon du Livre francophone de Beyrouth a ouvert ses portes, au Biel, ce samedi 29 octobre 2011 et se prolongera jusqu'au 6 novembre.

Les thèmes essentiels du salon : les femmes, l’environnement, les chrétiens d’Orient et, bien sûr, tous les ouvrages tournant autour du «printemps arabe». Le salon se tiendra jusqu’au 6 novembre prochain : un événement à ne pas manquer car les salons littéraires ne sont pas légion dans la région, encore plus lorsque la conjoncture ne s’y prête pas, à l’exception de Sharjah Bookfair International à Shariqah (Emirats Arabes Unis) ou le Salon du livre international à Alger (Algérie).

Conférences, lectures et dédicaces sont prévues. On note un pan de la littérature qu’aujourd’hui, l’on occulte à l’exception des classiques : la poésie contemporaine. On pourra entendre celle de Hala Katrib, Andrée Affeich, Antoine Boulad et Fady Noun qui en feront lecture, le premier jour du salon, au stand des Editions Dergham (samedi, 15 heures).


Première journée

15h - Lecture poétique de Hala Katrib, Andrée Affeich, Antoine Boulad et Fady Noun toujours au stand des Editons Dergham.
16h-17h - Lectures animées pour les enfants autour « sur la piste des contes » de Randa Abou et Hosn et Rana Khalil, stand Editions Assabil.

Des auteurs en dédicaces seront présents, à partir de 17 heures, aux stands respectifs des maisons d’édition :
- Farid Chehab, pour son livre « Pari pour une conscience nationale » et Nabil El Azan, « Vingt-six lettres et des poussières » ; Gabriel et Tanya Rayes pour « Beyrouth, le centre-ville de mon père ». Les dédicaces se passent au stand de la maison éditrice Editions de la Revue Phénicienne;
- la sociologue Rabia Bekkar pour « Espace public et parole publique au Maghreb et au Machrek » (Librairie Le Point) ;
- Ghid Karam pour « Magie et mythologie » (Éditions Dergham) ;
- Haytham El Amin, « Poésies françaises / فرنسية قصائد » (Dar An-Nahar) ;

 - Marielle Khayat, Paul Gorra et Diane Mehanna pour « Losing Touch, Beyrouth des petits métiers » (Editions Tamyras) ; Tania Hadjithomas Mehanna et Houda Kassalty pour «Lebanon & on» ainsi que Samir Zehil qui signe « 366 jours pour changer sa vie ... en mieux ! » et Katya Traboulsi qui sera présente pour «  Of others/Des autres ». Ces trois auteurs sont publiés également par les éditions Tamyras.

Une autre dédicace à ne pas manquer, celle du collectif Rasha Sahili, Alia al-Assad, Céline Dib, Sara Cortas et Lara Barraje, coauteurs de « Le vieillard mystérieux » écrit en arabe/français (Editions Dar An-Nahar).

Pour connaître toute la programmation, se rendre sur le site du salon : http://salondulivrebeyrouth.org/

vendredi 28 octobre 2011

El Genaina Theater du Caire : Mustafa Rizk et Khayam Allami en concert

Mustafa Rizk donnera un concert de jazz oriental, le 17 novembre 2011, à 20h30 au Genaina Theater du Caire, dans le superbe Azhar Park.
Khayam Allami, le 'Oudiste irakien, fera aussi une prestation aux côtés de Mustafa Rizk qui s'inspire beaucoup du répertoire traditionnel égyptien.


Une soirée musicale à ne pas manquer car elle promet des moments de grande musicalité pour les esthètes.

Pour les fans de Khayam Allami, sa nouvelle compilation "World Routes - On the Road" sur lequel on retrouvera le titre de "Naghmat Tahrir".

El Genaina Theater, Azhar Park
Salah Salem Road, Darrasa
Cairo, Egypt

samedi 24 septembre 2011

Clin d'oeil sur le Québec : Claude Lamarche et Marie Potvin, un plaisir pas défendu!


Claude Lamarche, romancière, essayiste et journaliste : « J'aime tellement mieux écrire, j'aime tellement mieux l'écrit » confie, sur son blog, l’auteure dont l’un de ses romans, « Les têtes rousses », relate le chemin de ses ancêtres, Bridget Bushell, quittant dans le désespoir son Irlande réduite à la famine, et celui d’un autre Irlandais, Denis Lynch ainsi que le lien d’amour qui unira les deux exilés.
Vous aimerez ce genre de littérature du vécu qui n’est pas sans nous rappeler « Jeanne, fille du Roy » ou « Une belle journée pour mourir » de Suzanne Martel.



L’auteure a publié également un livre qui retrace la vie de son père, lui-même romancier et essayiste, décédé en 2006 : « Un homme, une époque, Jacques Lamarche » (publié chez Écrits Hautes-Terres), ainsi que deux livres Jeunesse.

Pour en savoir plus :
« Les têtes rousses », Editions Vents d’Ouest

Site : http://www.ventsdouest.ca/index.asp

Marie Potvin, elle, décrit ainsi son plaisir de lire : « Je veux être saisie par le récit, je veux me laisser la liberté d'être crédule devant des faits qui ne pourraient jamais exister dans la vraie vie, je veux voir le personnage bouger, l'entendre penser et ressentir sa peur. Je peux respirer les odeurs qu'il respire et attendre la suite. Je veux sentir que le cœur est là, si humble soit-il. ». Au-delà de cette introspection littéraire, Marie Potvin ne gagnera pas l’ordinateur offert lors d’un concours d’écriture mais, qu’à cela ne tienne ! elle se cramponnera à l'écriture et, depuis, elle en a fait du chemin et ses écrits captivants, vivants ne donnent pas le bourdon, ses lecteurs en demandant toujours plus et se tenant à l’affut des aventures de, par exemple, Bernise Tousignant, laquelle, écrit Marie Potvin, « est dans un 5 à 7, prise entre deux étrangers, où personne ne lui adresse la parole et d’où elle veut décamper au plus sacrant ».

Pour en savoir plus
« Les héros, ça s'trompe JAMAIS », tome I - Autoédition
« Y'a un gars qui s'ennuie en MAUDIT », tome II - Autoédition


Site : http://www.mariepotvin.com/

vendredi 23 septembre 2011

Liban au coeur du 16e salon international du livre d'Alger

Le 16e Salon international du Livre d'Alger (SILA) a ouvert ses portes, mercredi dernier, sous le thème très prometteur de "Le livre délivre". Cette année, le Liban est l'invité d'honneur de ce salon très recherché car il est pratiquement le seul de cette envergure sur la frange du Maghreb et le continent africain.

Plusieurs conférences seront données autour du grand sujet du moment, "Le printemps arabe dans le roman arabe" ainsi qu'un colloque international sur le même thème qui, lui, se tiendra du 28 septembre au 2 octobre 2011 à la Bibliothèque nationale du Hamma (Alger).

Outre le stand du Liban où les visiteurs pourront rencontrer les écrivains Skander Habache, Joumana Haddad, on compte plusieurs auteurs venus : d'Egypte, Salh Fadhl, de Tunisie, (Belkacem Abdelatif, du Maroc, Azzedine Tazet aussi de Syrie.

dimanche 18 septembre 2011

Cinéma : projection à Paris de documentaires sur la Révolution égyptienne

Le Printemps du cinéma arabe à Paris a pris fin ce dimanche 18 septembre 2011 mais pour ceux ou celles qui souhaiteraient voir les films consacrés à la Révolution égyptienne, ils pourront se rendre au Myanis, lundi 19 septembre à 20 heures car deux films-documentaires seront projetés : "18 jours au coeur de la Révolution égyptienne" de Mirit Mikhail et Farid Ismaïl, un documentaire de 26' et "Web Doc" de Philip Rizk et Jasmina Metwali qui répondent à toutes les questions sur cet événement.
La projection des films sur la révolution de la place Tahrir sera suivie d'une discussion sur la situation en Egypte.

Le Myanis
132 boulevard de Ménilmontant
75020 Paris

Pour connaître tous les films projetés lors du Printemps du Cinéma arabe

samedi 27 août 2011

Raphaël Toriel : quand Palmyre n’est pas loin des Savoie(s)

Raphael Toriel - Dans les jardins
de La Revue Phénicienne.
 








On note dans les différentes œuvres de Raphaël Toriel, l’auteur de théâtre franco-libanais qui n’est plus à présenter – ses pièces ayant été mises en scène de nombreuses fois -, deux faits : d’abord, il raconte l’histoire avec un « H » avec originalité, comme si l’on rentrait chez soi et, du coup, l’Histoire devient alors une grande amie ; ensuite, il met en scène des figures féminines qui ont eu l’heur d’exister de façon grandiose telle la reine Zénobie ou, à un degré plus modeste, comme l’actrice de cinéma Marylin Monroe.
Raphaël Toriel redonne vie au passé et fait resurgir des personnages qu’il nous rend attachants, qu’ils soient très éloignés de nous à l’image de Boabdil, roi de Grenade (« Comme une femme ... ») ou, plus proches, comme Khalil Gibran et Albert Einstein (« Le génie, le prophète... et la femme ») ou encore, sous les traits tourmentés de Max Ernst, le peintre des années quarante (« La fiancée du vent »).
Il apporte un éclairage intimiste à des caractères que l’Histoire a enfermés dans un reformatage qui ne souffre aucune fantaisie à force de manipulations d’investigation historique, d’hypothèses vérifiées, leur donnant pour l’éternité une place et une image dont ils seraient peut-être les premiers surpris.
Sous sa plume, le lecteur a plaisir à les rencontrer, à les côtoyer : ils font partie des siens ; ainsi, par exemple, l’on est extraordinairement fasciné par Zénobie dont on suivra les traces depuis la petite enfance ; le fil par lequel nous tient Raphaël Toriel nous mène dans le périple de la grandeur et la décadence de l’une des plus grandes souveraines du Temps planétaire, nous la faisant aimer parce qu’ayant pénétré ses plus secrètes pensées et l’émotion est fortement au rendez-vous, dans les voyages entre Palmyre, Byblos et des haltes en des lieux où grandira et vivra Zénobie qui devient, ainsi, notre regard sur un univers disparu  ... « J’ai le cœur à Palmyre » est l’une des œuvres que nous avons le plus appréciée car elle soulève un pan de l’histoire de la reine Zénobie d’une manière anticonformiste où la reine « se » raconte plus qu’elle n’est racontée ...
Par quel fait extraordinaire, Raphaël Toriel arrive-t-il à donner à toutes ces figures connues de l’Humanité, ce désir de mieux les connaître parce qu’il nous les aura fait aimer ?
C’est la question qu’Arabian People & Maghrebian World a tenu à poser à l’auteur.

Avec l'aimable prêt
de l'auteur (reproduction
interdite).




Arabian People & Maghrebian World : Vous montrez vos personnages historique toujours sous des traits attachantss ; s’agit-il d’« humaniser » en quelque sorte ceux/celles que l’Histoire a sacralisés, ou bien est-ce sous cet angle-là que vous préférez les aborder ?
Raphaël Toriel : Que j’admire ou que je déteste  un  personnage, je le vois d’abord fait de chair et de sang. La statue a naturellement attiré mon attention, c’est elle qui l’a fait rentrer dans mon univers, mais ce sont failles qui me séduisent. Je ne cherche pas à « humaniser ». Ils sont avant tout humains, c’est cette part qui m’interpelle et que je tente de restituer.

Arabian People & Maghrebian World : Votre livre « J’ai le cœur à Palmyre » associe le roman au théâtre. Comme si vous vouliez sortir du sentier qui vous est habituel – le théâtre. Cependant, vous revenez, par moments, vers ce dernier. Est-ce volontaire ou avez-vous ce projet de faire coexister roman et théâtre ?
Raphaël Toriel : Certains autres auteurs écrivent d’abord un roman et l’adaptent pour la scène. Je ne crois pas la démarche suffisamment qualitative. Je fais donc les choses à l’envers. « J’ai le cœur à Palmyre » a d’abord été une pièce de théâtre. C’est court, une pièce, bien trop court pour satisfaire toute la curiosité que j’avais de cette femme sublime. Quand on écrit pour le théâtre, il faut trouver le nœud dramatique. Celui-ci doit être fort, dense et représenter une tranche de vie. Et puis, le théâtre, n’est pas le cinéma. Peu de gens y ont accès et encore moins le lisent. J’ai voulu continuer à chevaucher un peu à ses côtés et en faire profiter un plus vaste public. j ai donc écrit un roman, mais je suis homme de dialogues, c’est ce qui a mon avis, peut donner parfois au lecteur l’impression de ce retrouver sur scène. C’est largement voulu !
Actuellement, j’écris un autre roman, à la suite d’une pièce.

Arabian People & Maghrebian World : Vous posez un regard attendri vers les femmes que l’Histoire a connues ... soit saisir le côté positif de leur caractère ...
Raphaël Toriel : J’aime les femmes et leurs complexités. Mes personnages féminins peuvent être célèbres ou pas, peu importe. Pourvu qu’ils aient un contenu qui m’émeuvent. Dans « L’attente », par exemple, je me suis inspiré de cousines et d’amies rencontrées au Liban il y a quelques années. Il s’agit de trois sœurs qui attendent le fiancé de l’une d’entre elles qui va faire sa demande. Arrive un bouquet qui va mettre en émoi toute la maisonnée, y compris la mère. S’en suit des échanges aires doux, profonds et drôles. C’est une phrase de Jules Romain qui m’en a donné l’idée : « Dans la maison du bonheur, la pièce principale est la salle d’attente ». Elle a été magnifiquement montée en France et j’espère pouvoir bientôt la présenter au Liban. 

Arabian People & Maghrebian World : Nous avons l’habitude de terminer nos interviews toujours par la même question : si vous deviez vous définir, quel serait le mot qui vous correspondrait le mieux à votre sens ?
Raphaël Toriel : C’est un exercice difficile et périlleux. Disons que ce que j’essaye d’être, c’est « humain ». 

mardi 23 août 2011

Kamal Al-Chenaoui : l'adieu au Caire

L’acteur de cinéma égyptien, Kamal Al-Chenaoui, vient de disparaître, ce dimanche, au Caire à un âge avancé, la maladie ayant fini par gagner. Pourtant, c’est l’image du séducteur à la moustache sombre qui revient en mémoire. Il fut un acteur tout en légèreté et dont le sourire  fit tourner la tête à bien des jeunes filles de l’Egypte nassérienne, quand ce n’est pas au Maghreb. Son bagout, son élégance nonchalante, une cigarette accompagnant le tout, ont laissé une empreinte bien personnelle dans sa longue carrière cinématographique.

Kamal Al-Chenaoui fut le valet de cœur le plus souvent, faute d’être le roi mais il fut présent auprès de grands acteurs et d’actrices comme la merveilleuse Faten Hamama, Nour Chérif, Souad Hosni et la chanteuse Chadia, si pétillante dans son rôle d'amoureuse. Il arriva à l'acteur d’interpréter des rôles du séducteur dévoyé mais jamais il ne fut perçu ainsi, l’homme sympathique apparaissant derrière le comédien. Avec sa disparition, on se rend compte qu’il a su entrer dans les cœurs et qu’il fut apprécié, voire aimé, pour son grand talent, qui lui vaut de faire partie de la Grande Galerie des meilleurs acteurs de l’Egypte.

lundi 22 août 2011

Australie : le Festival du film arabe, dans l'air du temps


Le Festival du Film arabe d'Australie, lancé le 30 juin dernier au Riverside Theater de Parramatta, a pris fin le 31 juillet dernier après une tournée générale dans les villes de Sidney, Melbourne, Canberra, Adelaïde et Brisbane.
Au cœur des œuvres présentées, les mouvements de révoltes que connaissent plusieurs pays de la région du Maghreb et du Proche-Orient arabe, sont une véritable peinture de l'intérieur, avec les sentiments de colère, de frustrations mais aussi d'espérances qui ont donné à la création cinématographique un puissant souffle novateur.

dimanche 17 juillet 2011

Ambivalence ou continuité : le peintre Hamid Tibouchi vs le poète Hamid Tibouchi

"Traité de navigation", pigments, encre
et collage papier. Hamid Tibouchi.
Le peintre algérien Hamid Tibouchi a écrit quelque part qu’il avait le mal de mer mais d’une certaine manière il a un « navire » propre à lui : son atelier. C'est ce que nous transmet comme image sa série de peinture intitulée «Traité de navigation», tableaux qui ont été en exposition, en 2009, à la galerie Europia de Paris ...

Imaginez ce marin d’un autre style, le sien propre, surnageant par-dessus les vagues de tous les matériaux qu’il aura collectés, par curiosité de l’objet surprenant dans sa forme et sa texture et dans la perspective de ce qu’il en ferait un jour.

Le poète qu’il est également, je l’aurai connu dans une autre vie, par-dessus la Méditerranée, à la fortune de ses textes lus ça et là alors que nous étions, séparément et en d’autres lieux l’un et l’autre dans le même univers poétique avec cette différence que Hamid Tibouchi avançait déjà à grandes enjambées  sur cette voie  (Cinq dans tes yeux, sous le pseudonyme de H. Targui, en autoédition ; Mer ouverte aux éditions Caractères). Un lien nous unissait aussi malgré nous, par-delà la poésie et dans la poésie : celui de l’un des chantres algériens, inoubliable, le magnifique Jean Sénac, disparu hélas en de sanglantes circonstances.

Ce Hamid Tibouchi-là, j’en ai connaissance mais ce qui fut le plus surprenant dans ma redécouverte du poète, c’est de trouver à la place un peintre, un artiste ayant trempé non plus sa plume mais un pinceau dans la source de la créativité.

La série du « Traité de navigation » – plus d’une trentaine de toiles – nous fait voyager sur la mer du parcours d’un poète déjà talentueux certes mais qui donne encore plus avec sa palette de couleurs et sa « bourlingue » faite de textures, de colle, de papier revisité et d’un regard portant loin, aussi loin que le permet son « Traité de navigation ».

"Traité de navigation", pigments, encre
et collage papier. Hamid Tibouchi.
L’encre du verbe est heureusement toujours la même, elle prête ses pigments à la lecture sous une autre vision et le grand voyage du peintre-poète nous  entraîne à travers un périple d’expositions vivantes incidemment parcourues par ces « Peintures en boules » sorties de son capharnaüm coloré et c’est sur une terrasse, qu’il repêchera ces peintures froissées et roulées en boules : elles étaient, écrira-t-il, « comme des fossiles, tous les secrets de la création, tous les états d’âme de la navigation en solitaire »...

... une longue conversation avec soi-même, plus qu’une révélation de soi-même, que ces « Peintures en boules »...

Une peinture en envolées d’un lyrisme abrupt comme sa série « Toughra à la trace », ocre et sauvage, en coups de spirales évocatrices d’écritures transcendantes, en couvertures de carnets que nous souhaiterions ouvrir parce qu’ainsi (peut-être), Hamid Tibouchi sortirait de son atelier comme un extraordinaire animal en hibernation, faisant son offrande à la nature qui lui donne ses lumières dans ses visions et son moi intérieur délivrant des choses du peintre et du poète, non pas en parcimonie mais plutôt en fragmentations qu’il nous faudrait recoller alors afin de trouver la piste des secrets cachés...

... et lui qui dit avoir le mal de mer, n’écrira-t-il pas dans Mer ouverte, ces superbes vers que nous ne livrons que partiellement :

« La mer qui grouille au loin
La mer, insectes bleus pressés aux élytres vernis par le soleil
La mer miroir aveugle où broutent les goélands
Être la barque qui rampe sur l’eau
Être le sillon de la barque
Être la voile gonflée par le vent être la mouette qui suit la barque l'aile de neige palpitante
Être le duvet qui caresse la joue du ciel être la brise qui coule sur la mer être la rivière qui court vers la mort
Être le temps qui fait bouger tout ça et s'arrêter au matin d'un été pour contempler à son aise la mer,

[...]

Ni chants ni pleurs
Dans la trame vasculaire
"Traité de navigation", pigments, encre
et collage papier. Hamid Tibouchi.
Que tisse la pointe de l'aiguille rumeurs lointaines et proches motocyclettes bravant d'invisibles monstres la vie se coule dans la vague incertaine crescendo rétrograde dans l'instant qui se fige entend la nuit invisible
Elle s'infiltre telle une intruse en un largo imperceptible
Dans notre univers qu'elle habite encore une goutte de nuit

[...]

On aimerait y barboter comme les oiseaux
Le cri de l'oiseau délivré fleur qui s'ouvre
Eblouie par l'éclat de midi rencontre de lèvres jeunes avides de l'instant qui passe
Le firmament a un goût de lavande, coule sous la peau le sang chaud
Sur l'herbe tiède ».

A la périphérie de ces vers où « la vie se coule dans la vague incertaine », s’inscrivent les signes d’un autre long voyage qui viendront s’apposer, par la suite, sur le crissement de la toile en attente comme « le cri de l’oiseau délivré »...


F. C-A.


Pour en savoir plus...

mercredi 13 juillet 2011

Pause estivale d'Arabian People & Maghrebian World

L'été est largement entamé et comme vous le savez, Arabian People & Maghrebian World fait une pause durant cette saison.

Cependant, une permanence sera assurée et vous pourrez lire prochainement des interviews de romanciers, d'artistes-photographes, de responsables d'édition et puis, bien sûr, d'autres articles sur ce que nous aurons "concocté" à votre intention.

Bonnes vacances,

La Rédaction

mardi 12 juillet 2011

Sidi Tahar Haddad ou la Crucifixion de l’innovateur dans le monde arabe (3e et fin)

Tahar Haddad
Par Moncef Bouchrara

Comme annoncé, lors des première et seconde parties de ce dossier, Arabian People & Maghrebian World a proposé une étude partielle mais non des moindres de Moncef Bouchrara, sociologue et philosophe tunisien mais aussi ingénieur-conseil, consultant international spécialisé dans les questions de l’emploi en Méditerranée et enseignant pendant près de trente ans en Tunisie.

Nous arrivons à la fin de cette publication partielle sur le penseur, syndicaliste et poète tunisien, Tahar Haddad, qui, nous l’espérons, aura donné matière à beaucoup de réflexions sur la société sous l’angle culturel du Maghreb et du Monde arabe, cet aspect étant une étape extrêmement importante dans la réflexion globale des sociétés démocratiques émergentes ou, à tout le moins, en espérance de mutations. Ce quatrième et dernier chapitre se penche sur le devenir via une réflexion sur le rôle des femmes dans ces nouvelles sociétés avec ce que l’auteur entend par les « consensus culturels et sociaux arabes autour de valeurs fondamentales nouvelles » et, a fortiori, en fonction des « nouvelles formes de maternances, des maternances non seulement biologiques, mais aussi des maternances sociales et culturelles », selon les termes propres de Moncef Bouchrara.

Le lecteur pourra prendre contact avec l’auteur via le contact mis en fin de lecture.


IV - Pourquoi « Sidi » Tahar Haddad ? Le rôle des femmes dans l’émergence d’une Nouvelle société arabe

Quand et surtout comment abandonnerons-nous les critères de jugement qui ont abouti à la crucifixion de Tahar Haddad, à la véritable « via dolorosa » qu’il a connue de 1930 à 1935. Comment pourrons-nous changer notre manière de nous juger ? C’est en cherchant la réponse à ce genre de questions, que nous pourrons parvenir à payer notre dette vis-à-vis de Tahar Haddad et à racheter le crime commis quotidiennement contre ses semblables.

C’est dans cette perspective, que les dernières lignes de cet article seront encore une fois et toujours dédiées à Sidi Et-Tahar El Haddad. Je dis sciemment « Sidi » (Maître) parce qu’il est mon maître, notre maître à tous, et que l’islam dans sa doctrine première ne reconnaît la maîtrise et la supériorité qu’à celui qui nous apprend la science. En le qualifiant de Sidi, je pratique l’exercice du Tamjid (1) à son égard. J’en fais un illustre parmi les illustres. Un Majed (2) parmi les Amjed (2).

Car il se trouve que Tahar Haddad nous aura appris à tous plus que la science et nous aura transmis plus que le savoir. Tahar Haddad nous aura appris à être, à apprendre à être tout simplement. A chacun de nous, il aura appris à être un aristocrate. En tant que communauté, il a ouvert la voie à « une république d’aristocrates » et non à « une république sans individus ». En tant que fils de quelqu’un et père de quelqu’un, je lui dois plus que mon nom. Je lui dois mon savoir être humain dans le monde, je lui dois ma qualité d’être doué d’une part consciente d’universel. C’est cette qualité d’être, qui fait, qui m’a appris à faire valoir la spécificité d’un nom, d’un être unique, non substituable par un autre, à cause de sa créativité spécifique aux résultats potentiels toujours inattendus et imprévisibles. Cet individu, quand il est valorisé sous cette qualité là, est, non jetable ou supprimable à merci, tant physiquement que psychologiquement. Les Droits de l’Homme sont artificiels et sont un leurre dans une société qui ne valorise pas les individus par leur créativité. Sidi Et-Tahar El Haddad est et reste notre père symbolique, toujours à légitimer, et il reste aussi, et malheureusement encore, notre frère aîné de l’amertume. Un saint rêvant à l’aristocratie de tous, un saint laïque qui a été isolé par toute la communauté ou presque, qui a été insulté par tous, tous les jours, pendant cinq années, jusqu’à sa mort.

Gardons-les toujours en mémoire cette image réelle, ce film réel de la fin de Sidi Et-Tahar El Haddad, qui était physiquement agressé, quand il marchait dans les rues de Tunis de 1930 à 1935, cible de jets de tomates et de pierres. Gardons-la donc toujours en mémoire cette anecdote vécue et terrible de   Sidi Et-Tahar El Haddad qui demandait un simple verre d’eau à un garçon de café, et qui n’était même pas servi, dans un pays désertique où la soif ordonne comme tradition fondamentale, de ne jamais refuser de donner à boire.

A Sidi Et-Tahar El Haddad, donc, nous dédions ces quelques lignes, aujourd’hui, comme étant une tentative, pour que notre propre ijtihad (cf. note de la Rédaction) individuel rachète le crime collectif commis à son égard par nos grands-parents.

Sidi Et-Tahar El Haddad, avec l’espoir que ces quelques lignes, rachètent les crimes quotidiens que continue toujours à commettre la société arabe, contre tous les Tahar Haddad en son sein,

A   Sidi Et-Tahar El Haddad  , enfin, avec l’espoir surtout, que ces quelques lignes soient lues un jour par une société arabe qui aura osé et inventé, par elle-même, non seulement de nouvelles mentalités, mais aussi et surtout de nouvelles frontières de la tendresse, une tendresse sociale qui ne rejette pas la part de créativité, inhérente à chaque individu. Un espoir que ces quelques lignes seront lues par une société qui aura réussi et appris, enfin, à entourer tous ses Tahar Haddad, tous ses innovateurs, de la tendresse qu’ils méritent. Car les tendresses civiles seront toujours supérieures à toutes les largesses d’Etat.

"Les femmes au regard de la Loi
et dans notre société"
de Tahar Haddad
Cette nouvelle tendresse sociale, cette nouvelle tendresse culturelle, plus qu’on ne l’imagine, les femmes y tiendront un rôle premier. Car cette nouvelle frontière de l’acceptation de l’innovateur, cette tendresse devront commencer à se déployer avant même l’étape de la scolarisation, dès la naissance et l’enfance même de l’innovateur, par un regard nouveau et une attitude différente de la part de sa propre mère biologique.

Tout recommencera par les filles et les femmes tunisiennes. C’est le jour où les mères tunisiennes, en particulier, apprendront enfin à leurs enfants à ne pas avoir peur de leurs propres capacités créatrices, à ne pas avoir peur de précéder plutôt que de suivre, c’est ce jour-là, que les femmes tunisiennes, paieront leur véritable dette vis-à-vis de Tahar Haddad, à leur père symbolique, à qui elles doivent tant aujourd’hui, et pourront prétendre enfin, à être ses filles légitimes.
Ce jour-là, ces quelques lignes seront dépassées, en définitive, par une société qui aura inventé de nouvelles formes d’être et qui aura inventé de nouveaux féminismes parce qu’elle aura inventé de nouvelles formes de maternances, des maternances non seulement biologiques, mais aussi des maternances sociales et culturelles. Ce jour-là, peut-être, ces quelques lignes seront lues par une société qui osera être la mère de l’innovation et du changement.
Moncef Bouchrara

Note : Pour recevoir l’étude complète sur Tahar Haddad et faire part de vos réactions, adresser un mail à : moncef.bouchrara@wanadoo.fr
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Note : « ijtihad » à ne pas prendre dans le sens péjoratif qui lui est donné actuellement mais dans le sens des termes « effort sur soi ».
 (1) Tamjid : célébration, glorification.
(2) Majed, Amjed : illustre(s), glorieux - Déjà expliqué dans l'article.
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