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mercredi 14 mai 2014

Clin d'oeil sur Juan Gelman : ne nous dites pas adieu !



Il nous a salués pour une dernière fois, le 14 janvier dernier… à l’âge de 83 ans-poèmes… et il était impensable d'oublier ce que fut Juan Gelman pour le poème et pour l'expression libre.

Le poète est parti. Son chant demeure. Il est parti sous le ciel de Mexico, éloigné de cette Argentine qu’il a tant vue pleurer et qu’il a pleurée. Comment dire le départ d’un poète ? Comment le préserver de la banalité quand tout, dans sa vie, fut tragédie et beauté à la fois ? Seuls les poètes comprendront ce passage à vide qui les traverse lorsque l'un des leurs disparaît, quand l’un d’entre eux coupe le fil alors qu’il laisse ses mots en héritage. On osera dire, presque pour pasticher, il nous lègue l’amour en héritage et il nous échoit de continuer de faire vivre l’oiseau en lui, en nous. Juan Gelman nous lègue son feu dont il a nourri ses jeunes années contre l'ancienne dictature. Il nous lègue son sacrifice lorsqu’il rejeta la grâce présidentielle en écrivant dans le journal Página/12 : «On m'échange contre les ravisseurs de mes enfants et de milliers d'autres jeunes gens qui, aujourd'hui, sont tous mes enfants»… 
Récompensé par le prix Cervantès en 2007, Juan Gelman nous laisse sur le bord de la route, avec cette Epitaphe de son Violon et autres questions, un recueil publié en 1956 –l’Algérie était alors en pleine guerre d’indépendance– et l’idée que la lutte n’est jamais vaine quand elle est porteuse d’espoir :

Un oiseau vivait en moi.

Une fleur voyageait dans mon sang.

Mon cœur était un violon.

J'ai aimé ou pas. Mais parfois

on m'a aimé. Moi aussi

je me réjouissais : du printemps, 
des mains jointes, de ce qui rend heureux.

Je dis que l'homme se doit de l'être !
(Ci-gît un oiseau.

Une fleur.

Un violon.)


Parmi ses œuvres traduites de l’espagnol
Le silence des yeux, préface de Julio Cortázar, édition bilingue, traduit par Michèle Goldstein, Éditions du Cerf, Coll. Terres de feu, 1981.
Il nous reste la mémoire : poèmes argentins de l’exil (avec des poèmes d’Alberto Szpunberg et Vicente Zito Lena), édition bilingue, présentée et traduite par Monique Blaquières-Roumette, François Maspero, Éd. La Découverte / Maspero, Coll. Voix, 1983.
Lumière de mai Oratorio, traduction de Monique Blaquières-Roumette, Éditions Le Temps des Cerises, 2007.
Lettre ouverte suivi de Sous la pluie étrangère, trad. de Jacques Ancet, Éditions Caractères, Coll. Cahiers latins, 2011.
L'Amant mondial, traduction de Jean Portante, Éditions Caractères, Coll. Cahiers latins, 2012.
Com/positions, traduction de Jacques Ancet, Éditions Caractères, Coll. Cahiers latins, 2013.


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