Expositions incomming

mercredi 26 novembre 2014

Sabah, the stars are so far...


«The stars are so far
«The stars are so far
And how heavy the time step is !
»
(Saat, saat/ Sometimes, sometimes, by Sabah)

Le jour est tombé, la nuit a fait taire l’une des étoiles du triangle d’or méditerranéen. Sabah est partie. Loin s’en faut. Non pas que l’on veuille échapper à la mort, voire l'oublier, mais il y a toujours un pincement au cœur pour qui vous accompagna dans votre jeunesse, marquant votre époque de ces choses définitivement émotionnelles.
La mort, c’est peut-être cruel, c’est l’inadmissible mais elle est là. Dans sa nudité vraie, réelle, irréversible, irrémédiable. Le signal d’une fin de vie et peut-être pour qui a la foi, celui du début d’une autre destinée : le firmament céleste.

Sabah, al Shahroura, «les étoiles sont si loin» et combien élevée est la marche du temps et celle de l'Eden ! Un autre adieu tout de suite après ceux d’Abdelwahab Meddeb et de Manitas de Plata. À qui le tour le firmament de l’Au-delà ?
F. C.-A.

samedi 22 novembre 2014

Sabhan Adam ou l'infernalité




Le malaise est présent. Partout. Comment se délivrer de cette pesante présence d’un personnage odieux, monstrueux, aux griffures démoniaques et jusque dans la poussette enfantine ? Sabhan Adam est habité par la singularité de sa créature récurrente. Au-delà des touches éclatantes dues à l’utilisation de bijoux, on ne voit que ce visage comme sorti de l’antre infernal.

Sabhan Adam est certainement un génie de talent mais ô combien démesurément touché par « l’infernalité » syrienne qui refuse le repos du regard, celui de l’âme…





Sabhan Adam est né, en 1972, à Hassakeh (Syrie). C’est dans son village natal, non loin de la frontière irakienne, qu’il aborde l’univers de la peinture en autodidacte. Il a de nombreuses expositions à son actif en Europe, au Proche-Orient et outre-Atlantique. Sa première monographie a été publiée aux Editions Fragments.

mercredi 12 novembre 2014

Paris : Salon international des éditeurs indépendants









Le monde livresque vous donne rendez-vous à l'Espace des Blancs-Manteaux de Paris pour faire la découverte - pour ceux qui ne le connaissent pas encore - du Salon international des éditeurs indépendants. Les enfants trouveront leur livre de l'année et les passionnés de poésie ne seront pas en reste.





Entrée non payante.


dimanche 9 novembre 2014

A la mémoire d'Ali Ali-Khodja



Je vous pleure,
Vous qui avez quitté le giron créatif,
Me laissant orpheline de vos rêves.
F. C.-A.

Sidi Abderrahmane est sa dernière demeure. Pourtant, la plus omniprésente - exception faite du Ciel où il a son atelier - est celle de ceux qui ont aimé profondément son travail d'artiste-peintre. Ali Ali-Khodja avait le don de la précision dans ses envolées, et celui de la couleur : chaude, de celle qui fait resurgir la muse et l'émotion amoureuse d'avec la miniature; en touches discrètes pour ses merveilleuses aquarelles.
(A Ali Ali-khodja, peintre miniaturiste algérien, décédé le 7 février 2010)

samedi 8 novembre 2014

Clin d'oeil : Julienne Salvat ou quand le volcan fait irruption



Rencontre instantanée, d’où jaillit admiration pour l’écriture originale, hors des sentiers communs, pétrie de tendresse chaude aux couleurs ancestrales de cet auteur qu’est Julienne Salvat. A l’un des rendez-vous du salon de La Plume Noire de Dominique Loubao, ce fut comme des retrouvailles avec une poétesse dont je ne pourrais dire qu’elle me donne ennui, lecture désabusée. Cette fulgurance du poème, ce rire doublé d’une larme profonde, Julienne Salvat vous retient d’avec et vous garde à l’infiniment.
Après une plurialité de recueils, un roman – La lettre d’Avignon – et une nouvelle – Camille, récits d’hier et d’aujourd’hui  nous voici plongés dans une lecture toujours étonnante et d'une texture rare, Fleurs en terrain volcanique, où l’auteur prend ses inflexions à Saint-Denis de la Réunion, où elle y a vécu près de quarante belles années, où elle y a exercé en tant que professeur.
De ses poèmes, je garde celui de La Mer ; il me chante et m’enchante ; il berce mes heures au lever et au coucher du soleil, quand le spleen du poète me prend à la gorge et que je veuille m'envoler par-dessus les nuées.
Fadéla Chaim-Allami




La mer
«Le chant des sirènes est profondément humain, c’est pourquoi il est monstrueux»
La mer
elle contrefait mes illusions éparses
me jette aux yeux
la poudre bleue
de cargaisons amères
dont nul flot pour moi n’affréta le tonnage.
La mer
atlantique matrone chenue
de moi
elle accouche immémoriale
sans ciseaux.
La mer
par calme blanc ou pot au noir
j’irai
de nuit
à la rencontre des sirènes
dans sa voix haut perchées. 
La mer
j’attendrai l’envol de ses belles vocératrices
dont le chant
écholalie de mes espoirs
de mes affaissements
par neumes et roulades
canonise la geste de mes aïeux profonds.
Et puis la mer
sans escorte je m‘abîmerai
dans l’hinterland de ses mornes
ballants
pour y suivre la trace qui me mènera 
jusqu’à l’île essentielle...
(Extrait du recueil collectif ULTRAMARINE)

jeudi 6 novembre 2014

Abdelwahab Meddeb : l'homme est parti, sa pensée demeure



A qui revient-il le devoir d’écrire une épitaphe sur une personne ? Pas à moi, dans tous les cas. Je ne connaissais d’Abdelwahab Meddeb que sa stature d’écrivain, son visage aux traits d’une grande humanité et une voix sur les ondes. Cependant, la frustration est là. Présente. Parce qu’il est un visage de mon univers de pensée, géographique, intellectuel. Je crois que, ce soir, un ami qui n’était pas le mien, est devenu en l’espace d’un instant un ami pour l’éternité. Il n'est pas parti seul et un peu plus loin, toujours en terre de France, un poète de la musique : Manitas de Plata, de son vrai nom Ricardo Baliardo, ne fera plus entendre le tempo de sa guitare espagnole.


Cette épitaphe, je la terminerai sur ces mots qu’Abdelwahab Meddeb dira lors d’un entretien avec Tariq Ramadan : «Ce n'est pas parce qu'on est musulman qu'on proteste mais en tant qu'opprimé. La protestation s'est exprimée au nom de l'humanité bafouée. Dès qu'on évoque l'espace du sud, on a le prurit du référent qui engendre la différence. C'est d'ailleurs un réflexe occidental que de voir quelque chose d'islamique dans tout événement qui provient des territoires dont la religion dominante est l'islam. Seule a été invoquée la liberté comme principe qui appartient à l'homme, au droit naturel
F. C.-A.



Entretien avec Tariq Ramadan
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