Expositions incomming

samedi 30 septembre 2017

Beggar Hadda, résonance algérienne ancrée malgré l'oubli



Beggar Hadda. Sa voix monte jusqu’aux sommets de la chaîne des Zibans de l'est algérien et descend tel un glaive cherchant la douceur plutôt que le sang. Cette voix qui s’est éteinte, il y a de cela un peu plus d’une décennie et demie, n’a pourtant pas fini de se faire entendre et, particulièrement, auprès des esthètes, des nostalgiques et des chercheurs de voix exceptionnelles. Les sonorités à la fois acidulées et rocailleuses qui sont la marque de fabrique des voix féminines chaouies, n’existent que dans un registre apuré, éloignées des instruments de musique, hormis le galal et la flûte. Bien sûr, certaines interprètes s’essaient et l’on ne peut dire qu’elles réussissent mal, bien qu'elles soient rares, car elles transposent ces chants ancestraux jusqu’en notre siècle. Beggar Hadda a vécu au 21e siècle mais elle est un chantre antérieur, elle peut ne plus être au goût du jour mais elle est une voix surgissant des monts sauvages et se téléporte jusque dans les plaines et les Hauts plateaux que parcourent les hommes de la terre et les maquignons d’un autre âge.

Sa vie ne fut pas de tout repos, elle tournera dans la tragédie parce que ruinée, plongeant dans le monde de la cécité, oubliée des siens et du monde, acculée à la mendicité. Dans chaque repli des profonds sillons qui marqueront son visage et sa vie comme cette terre rude qu’elle a foulée, le rire et le pleur mélangés y ont laissé leurs traces. Et cela, jusque dans sa voix qui nous parle encore malgré ses adieux à cette terre qu’elle a aimée mais ne le lui a pas rendu. Partons à sa découverte. Écoutons Beggar Hadda avec "Les larmes de mes yeux". Simplement.



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