lundi 30 avril 2018

"Fils de l'eau" de Gu Byeong-mo



"Si je vous dis que c'est sans intérêt, c'est surtout du point de vue des touristes qui appréhendent la rivière sous un angle architectural, avec une connaissance des paysages de rivière, et non comme un lieu de vie." Ainsi parle Gon, un homme vivant dans une chambre au bord d'un lac, une chambre louée sans jamais en payer le loyer mais qui rend service, un homme qui n'a jamais connu de femme, un homme qui vit "sa vie sur le tempo d'un adagio", un homme qui ne lit de vieux journaux parlant de personnages et d'événements "futiles".

Cependant, Fils de l'eau, le roman de Gu Byeong-mo, ce n'est pas seulement l'histoire de Gon, l'enfant-poisson, recueilli par Khanga, un vieil homme vivant avec son petit-fils au bord de l'eau. Ni celle de Haeryu, une femme sauvée de la noyade par Gon et qui cherche peut-être à percer le secret de celui-ci. C'est l'histoire aussi de la rivière, violente, glaciale l'hiver et même par journée ensoleillée, avec son eau et ses algues, où se meuvent et se meurent des inconnus venus là par hasard ou lors d'une promenade ou, encore, parce qu'ils étaient là aussi pour y mourir. Une rivière vivante, pleine de remous qui vous entraînent dans cette curieuse histoire des ondes.

Gu Byeong-mo est une romancière sud-coréenne, auteur d'un autre roman, Les petits pains de la pleine lune, paru également aux éditions Philippe Picquier.



mercredi 14 mars 2018

Parce que je déteste la Corée, un roman de CHANG Kang-myoung



Parce que je déteste la Corée de CHANG Kang-myoung : on aborde le roman tranquillement et à mesure que défilent les pages, le lecteur se dit "c'est un roman bien simple; des phrases bon enfant, du style ça se lit sans difficulté, voire même un roman sans intérêt ou à tout le moins, un roman factuel". Seulement voilà, l'histoire qui, pense-t-on, est simpliste, celle d'une jeune femme qui veut émigrer en Australie, avec tous les ingrédients des interrogations, de remise en question, les étapes depuis l'arrivée à Sidney jusqu'aux amours tronquées, aux petits emplois, des logements exigus ou partagés à dix, à la difficulté de parler anglais. Mais l'histoire va en crescendo car il y aura deux retours en Corée (du Sud) avec un regard ébouriffé de la jeune femme sur les êtres laissés derrière elle et revus lors de ces retours, l'homme avec lequel elle avait rompu au moment de son départ pour l'Australie. Et de nouveau les questionnements avec - et c'est là où s'impose ce titre Parce que je déteste la Corée - un regard plus incisif, très critique, un tantinet violent, de l'auteur (qui est journaliste de profession), brossant un tableau qui n'est idyllique que pour les gens aisés, les gens sortant des grandes universités comme l'Université de Corée ou celles de Goryeo et de Yonsei. Au bout de la route Corée-Australie-Corée-Australie, la Corée n'est plus détestée autant mais elle n'est pas non plus aimée, elle est seulement celle qui chante un hymne national demandant que le Ciel protège la Corée mais pas ceux qui s'y trouvent sous ce ciel. On lui préfère l'hymne national australien car, pour l'héroïne de l'histoire, il est celui qui chante "Australiens, réjouissons-nous car nous sommes jeunes et libres". Bien sûr, au fil des pages, il y a quelques orages sous le ciel australien et de légères allusions au racisme mais le roman ne va pas jusqu'à "désenchanter" l'Australie, l'héroïne choisissant pour toujours d'y rester. Aux éditions Philippe Picquier - Une traduction de Lim Yeong-hee et Mélanie Basnel.

mercredi 14 février 2018

Wajib, l'invitation au mariage d'Anne-Marie Jacir






Abou Shadi marie sa fille. Son fils Shadi, architecte en Italie, vient l’aider pour déposer les cartons d’invitation de maison en maison, selon la tradition ancestrale palestinienne (le Wajib). En parcours, les vieux antagonismes père-fils, des familles séparées par l’exil et cette geôle qu’est Ghaza, une fresque qu’Annemarie Jacir nous présente et nous voici entre l’affliction pour un peuple éparpillé et en errance dans partout sur la Planète et le plaisir du regard pour ce film plein de tendresse bourrue. Une réalisation une nouvelle fois bouleversante d’Annemarie Jacir.







Avec Mohammad Bakri, Saleh Bakri, Maria Zreik.



En version sous-titrée.
En partenariat avec le Festival Ciné Palestine.







mardi 13 février 2018

Salon Livre de Paris : les écrivains russes dans ses murs




Le salon Livre de Paris, c'est, pour cette année, 30 auteurs russes reconnus ou nouveaux venus sur la scène littéraire.

Nous avons retenu un grand nom de la littérature russe : Iouri BouïdaUn auteur qui ne laisse pas indifférent tant ses thèmes, son style sont d’une puissance égale à un Dostoïevski pour la force des mots et Soljenitsyne pour la peinture sociale,  – si Iouri Bouïda peut nous excuser pour ce parallélisme et pas des moindres –  il nous tétanise, nous empoigne avec Le train zéro que son éditeur décrit ainsi :

"Une gare perdue au fin fond de la Russie, dans la boue, le froid, les relents de chou et de vodka. Et toutes les nuits, un train qui passe... Nul ne sait d'où il vient, où il va, ni ce qu'il transporte. Dans ce no man's land isolé du reste du monde vivent des gens qui aiment, espèrent, tuent et meurent, empoisonnés par l'attente d'une réponse qui ne vient jamais, par un mystère qu'il leur est interdit de chercher à connaître sous peine de mort.
Il est difficile de qualifier ce récit court et puissant : trop cru, trop réaliste pour être une simple parabole, c'est pourtant du destin de la Russie et du destin de l'homme qu'il nous parle."
Et puis cet autre roman, La mouette au sang bleu, une fresque mettant en scène un personnage féminin, Ida Zmoïro, une actrice qui connut son heure de gloire au cinéma avant d'être défigurée par un accident de voiture. Mais nous n'en dirons pas plus !

Pour rappel, pays mis à l'honneur
2018 Russie, pays qui est pour la seconde fois mis à l'honneur.
2017 Maroc
2016 Corée du Sud
2015 Brésil, pays à l'honneur en 1998
2014 Argentine
2013 Roumanie
2012 Japon, pays à l'honneur en 1997
2011 Pays nordiques
2010 30 ans de la francophonie
2009 Mexique
2008 Israël
2007 Inde
2006 Francophonie
2005 Russie
2004 Chine
2003 Flandre et Pays-Bas
2002 Italie
2001 Allemagne, pays à l'honneur en 1989
2000 Portugal
1999 Québec
1998 Brésil
1997 Japon
1996 Etats-Unis
1995 Espagne, pays à l'honneur en 1992
1994 Italie
1993 --
1992 Espagne
1989 Allemagne
1998 Grande-Bretagne

Salon Livre de Paris : du 16 au 19 mars 2018, Porte de Versailles
Site : https://www.livreparis.com/fr/Accueil/
Billetteriehttps://billetterie.livreparis.com/billetterie/boutique.htm
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