
De quelle jeunesse parle-t-on ? Celle qui appuie le champignon d’une
voiture achetée à prix d’or ou celle qui vit une frustration permanente, entre
des études quand cela est possible et une attente au balcon de la désillusion,
de l’amertume. Parions que le spectacle d’Idir Benaibouche est axé sur cette
dernière image, avec ce rien de sourire gavroche, de soupçon d’ironie et d'humour si particulier aux Algériens... car les Algériens sont passés maîtres
dans la maîtrise d’ironiser sur soi et sur ceux qui les entraînent au fond du
puits.
De cette culture dénigrée, avilie, rendue au rang d’un muet
ballet de marionnettes tenus par des ficelles usées à force de rengaines
répétées, les jeunes artistes saisissent le fer de lance, happent l’espace qui
leur reste, le volent d’ailleurs, pour dire que le débat, le refus, l’esprit de
contradiction existent, que la culture sous tous ses aspects et dans ses pores
survit à la déliquescence institutionnelle.
Oui, le non-sérieux est l’avant-dernier rempart du débat. L'humour truculent est un bon remède contre l'aphasie, la léthargie.
Oui, le non-sérieux est l’avant-dernier rempart du débat. L'humour truculent est un bon remède contre l'aphasie, la léthargie.
Le texte est écrit et interprété par Idir Benaibouche, sous la direction de Nadjib Faouzi Oulebsir.
Salle El Mouggar
Samedi 6 avril 2013 à 17:00
Alger