mardi 16 février 2016

Clin d'oeil : les librairies en mal d'existence en France ?



Librairie Dombre au Havre.
La culture plus que jamais en danger. Et là, c’est en France. Un pays connu comme l’un des grands fleurons culturels universels. Tour à tour, l’on assiste une dégringolade de lieux où le public pouvait encore se ressourcer, fuyant ainsi des chaînes de télévision à la programmation consternante. Ainsi en est-il de la librairie Dombre au Havre fondée en 1860 et passée entre les mains de la famille Dombre jusqu’à aujourd’hui. Elle ferme ses portes parce qu’elle ne peut tout simplement faire face à la situation économique. C’est également le cas du Pathé Cordeliers, le plus ancien cinéma de Lyon et qui, à l’origine de son existence (1879), fut le Scala-Bouffes, un cabaret-théâtre. Vient à la suite de ceux-ci la Pinacothèque de Paris (créée en 2003) qui ferme ses portes en raison d’un redressement judiciaire. Pour cette dernière, il semble cependant que cela soit temporaire car il serait envisagé que la pinacothèque s’installe à moyen terme dans des locaux moins imposants en surface et, donc, moins coûteux.
Librairie à la Pinacothèque de Paris.
En 2014, 23 librairies ont fermé leurs portes en France. En face, ce sont les librairies virtuelles qui pointent à l’horizon comme la multinationale Amazon, laquelle avait ouvert, le temps des fêtes de fin d’année, un point de vente éphémère en novembre 2014 au centre commercial à La Défense (région parisienne). Une affaire à suivre de ce côté-là car il est plus que certain qu’Amazon ne s’arrêtera pas là. Mais est-ce à dire que la culture est sauvée ? Rien n’est moins sûr car ce nouveau « géant » n’est pas la culture de proximité, celle où le lecteur prend racine et discute avec son libraire du choix de ses lectures ou, mieux encore, assiste à des rencontres avec des romanciers et des poètes.
Bien sûr, il est des fermetures « heureuses » si l’on peut dire, comme cela a été le cas de la librairie Les Volcans, fondée à Clermont-Ferrand il y a de cela quarante ans et qui avait même été récompensée par le Prix de l’impact local du Conseil nationale des Chambres régionales de l’Economie sociale et solidaire. Appartenant au réseau Chapitre qui venait de faire faillite, la librairie a dû fermer ses portes en 2013 mais elle a pu être sauvée par une douzaine de ses salariés qui l’ont rachetée (voir le film ci-dessous).
Les librairies en France tentent de faire face aux tentacules des géants comme Amazon et antérieurement comme Virgin... Ailleurs, en Afrique, au Proche-Orient, la question de la culture est tout autre et c’est peu que de le dire, elle est quasi inexistante malgré des initiatives performantes comme la librairie des Cinq colonnes de Tanger (Maroc), la Grande librairie de Tunis ou la librairie du Tiers-Monde d’Alger.



Albert Jamous : loin du Liban, "le ciel est si bas"




Famille Ajami, Avram ou la mère d'Avram, Zghorta la chrétienne. Et puis Zahlé, et puis le Liban tel que nous voudrions garder à vie, à l'éternité. Des poses immuables. Visages, regards qui sont plus que des mots, plus que des émotions. Que l'on veut retenir en soi et que cet émouvant ouvrage nous permet en ouvrant la fenêtre sur ces vies. 

Comme ces extraits que nous souhaitons reproduire tels des photographies : « Les hommes, à moitié couchés par terre, en appui sur un coude. Certains sont coiffés de tarbouches, d'autres de casquettes. Regards levés vers l'appareil, un petit air de gaieté dans les yeux, se moquent peut-être d'eux-mêmes, d'avoir pris ainsi la pose, à demi couchés, un air d'assurance quand même, contents d'eux, contents de leur vie.
[...]
Photo d'une famille au grand complet ou presque. Et, d'abord, au premier plan, les piliers de la tribu, les hommes, l'aïeul et les enfants, garanties de la continuité...»

Tel est le Liban intimiste d'Albert Jamous. Rendez-vous est pris, nous l'espérons, au prochain Salon Livre de Paris.


Aux éditions Tamyras
Site : http://tamyras.com/

dimanche 24 janvier 2016

Hédi Kaddour : Les Prépondérants ou une femme du nouveau monde




Intéressant. Que l'on veut lire sans interruption. Dense dans l’écriture. Malgré une certaine gaucherie, voire une légère lourdeur dans le phrasé ou dans les expressions : « Il avait voulu être discret, faire un sacrifice nocturne, un peu honteux ». Nous aurions préféré que le « un peu honteux » ne vienne pas se nicher en fin de phrase. Ou encore « des formules à voix hésitante », là où un professeur aurait préféré « des formules d’une voix hésitante ». 
Mais nous nous interdisons une intrusion qui desservirait un romancier de l’envergure de Hédi Kaddour et ce ne sont là que des détails, à peine perceptibles. Nous aimons ces Prépondérants, attachants et tellement prétexte à une épopée. 
Le roman – la chronique – vous fait immerger profondément dans cette ville d’une époque coloniale encore présente, sortie de l’imaginaire de l’auteur et ô combien nous aurions voulu la toucher : chaque scène, chaque 'regard' est lourd de sens, de sentiments contenus, délivrés au fil des mots.  

Pour une petite mise en bouche, ces réflexions de Rania, le personnage féminin et principal : « … elle dépassait le champ, portait son regard au loin, vers une coupole blanche de marabout qui marquait la limite nord du domaine, elle longeait aussi des herbes folles… ahdâth al-yaoum mithla l’hachâ’ich… les événements du jour sont comme des herbes folles… ma vie n’a plus d’herbes folles… je vis dans deux prisons, la deuxième, ce sont les parois de mon cœur, se faire des herbes folles au fond du cœur… je lui ai écrit une lettre et tout est dans sa main, avec mes larmes… je n’ai pas envoyé cette lettre… je l’ai brûlée, j’étais comme cette feuille devant la flamme, se rétractant… il faut cacher… l’amour qui se montre est en péril. Elle se réprimandait, s'empêchait de rêver, entre rêves et pensées. Quand un peu de pluie tombait, elle s'arrêtait, guettant au-dessus des bords rougeâtres de l'oued l'arrivée d'un arc-en-ciel, les paysans appelaient ça 'ars addîb, les noces du chacal.»


Aux éditions Gallimard.

lundi 18 janvier 2016

Nour Kamar : Would a voice born ?


Généralement, il y a le pour et il y a le contre. Personnellement, je fais partie de ceux qui n'aime pas la machine à talents, celle qui prend, utilise et jette, une fois l'argent ramassé pour, ensuite, passer à une autre manne. 
Seulement, voilà, il arrive que la machine dérape et donne un résultat inattendu, voire surprenant. Elle n'est plus qu'un prétexte pour mettre, rendre à la lumière, ce qui la dépasse. Ainsi en est-il de l'émission réalité The Voice Ahla Sawt diffusée sur MBC1 de cette année.
Et cela donne une jeune voix. Prometteuse. Talentueuse. Pourvu que cela dure ! Ce talent a pour nom Nour Kamar - bien que nous préférerions le scripturaire de Qamar (Lune) plus proche de la phonétique arabe -. Il suffit de l'écouter.
F. C.-A.


mercredi 6 janvier 2016

Tamazight : l'ancestralité officialisée en Algérie ?


Le projet est en cours mais il reste encore quelques étapes. Il semble que les pouvoirs publics algériens aient pris conscience tardivement de l'importance de la langue ancestrale de quelques millions d'Algériens car le tamazight devient la langue officielle (après avoir été reconnue comme nationale) en même temps que la langue arabe. Le défi, aujourd'hui, est de lancer un programme d'enseignement, de formation des enseignants (au nombre insuffisant car tous ceux qui pratiquent cette langue, ne l'écrivent pas) et une restructuration des administrations, panneaux d'affichage dans ce sens. Si ce pas a été fait, la mise en place demandera un travail important, voire colossal. Encore faut-il que ce soit rendu viable sur le terrain. Même si la reconnaissance historique est là.
La littérature amazighe est en avance même si elle en est à ses premières incursions dans le domaine du livre et a déjà amorcé le pas, bien avant que les officiels algériens aient fini par reconnaître l'existence d'une culture historique. Des romans, des nouvelles, des contes, des poésies - les Isefras de Mohand U M'hand traduits en français par le romancier Mouloud Mammeri - des recherches universitaires comme celle importante de Daniela Merolla (De l'art de la narration tamazight aux éditions Peeters), nous plongent dans un univers qui peut s'avérer fascinant quant à l'approche de cette langue dont l'écriture nous vient du fond des âges car plus que millénaire. 

Quelques liens à voir dont l'un est pour les initiés du tamazight :


jeudi 31 décembre 2015

Le mot de la Rédaction : Deux mille seize



Deux mille seize. Il n'y a rien à dire. Arabian People, Maghrebian World choisit la parcimonie : dans les mots et dans les voeux.
Les dés ont été jetés, il y a près de six millions d'années.  Ou dix milliards d'années. Qu'importe. Alors, continuons. Tant bien que mal.
Gardons espoir. Maintenant. 

vendredi 11 décembre 2015

Clin d'oeil : Sydney writers' festival







Un festival unique car il inclut aussi le festival des enfants qui s'est tenu, en novembre dernier, à l'ouest de Sydney. Une opportunité magnifique de se rendre en Australie et d'aller à la rencontre de talents pour le prochain festival qui se tiendra du 16 au 22 mai 2016

Les School Days sont également une rencontre entre étudiants et les écrivains qui ont leur faveur lors de journées interactives.

Pour s'inscrire, se rendre sur le site du festival : http://www.swf.org.au/

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