lundi 17 décembre 2012

6e festival du film arabe d'Oran



Le 6e festival du film arabe d’Oran (Algérie) a ouvert, samedi, ses portes dans la capitale de l’ouest algérien et se tiendra jusqu’au 22 décembre 2012. Une belle sélection de longs et courts métrages, de documentaires et de films hors compétition s’offre aux passionnés du cinéma. 
Un hommage sera rendu à l’actrice algérienne Kalthoum (décédée en 2010) et au cinéaste italien Gillo Pentecorvo (disparu en 2006).

Les longs métrages en compétition

. On retrouve When I saw youle film d’Annemarie Jacir  (Palestine/Jordanie) récompensé par le Prix du meilleur film au festival du film d’Abu Dhabi ;
. 33 jours de Jamel Shoorke (Liban) ;
5eme corde de Selma Bergach (Maroc) ;
. El-Ustad (Le professeur) de Mahmoud Ben Mahmoud (Tunisie) ;
. The sail and the storm de Ghassan Shmeit (Syrie) ;
. Tora Bora de Walid Alawadi (Koweït) qui est surtout auteur de films-documentaires et dont cette réalisation est le premier long métrage ;

. Parfums d’Alger de Rachid Benhadj (Algérie). Le cinéaste a réalisé plusieurs longs métrages dont Le pain nu en 2005. Dans Parfums d'Alger, on retrouve la comédienne Adila Bendimered qui a remporté, tout récemment, le Prix de la meilleure actrice au 35e festival international cinématographique du Caire pour son rôle dans Le repenti de l’algérien Merzak Allouache;
. Wajda de Haifaa Almansour (Arabie Saoudite) ;
. Coming for by day de Hala Lotfi (Egypte) ;
. L’envie de Khaled Elhaggar (Egypte) ;
. My last friend de Joud Said (Syrie) ;
. Tanoura Maxi de Joe Bouaid (Liban) ;
. The last Friday de Yahia Alabdallah (Jordanie) récompensé par trois prix au Festival du film de Dubai et quatre prix au Festival de San Sebastian en Espagne ;
. Yema de Djamila Sahraoui (Algérie).

Pour en savoir plus sur les autres productions en compétition : http://fofafestival.org/index.php

dimanche 16 décembre 2012

Talent à découvrir : Maxime Lesimple


Réunion de Maxime Lesimple.
Rep. interdite.
Quelque part en région parisienne. Un week-end à un salon du livre, sous une pluie fine. Le public n’est pas présent comme l’on aurait pu s’y attendre. Les auteurs en dédicace sont là, dans l'attente.

Au détour d’une allée, un jeune homme, la vingtaine à peine passée, un grand book graphique sous le bras. Il s’appelle Maxime Lesimple, il a les gestes calmes mais le regard est brillant. Il est féru de graphisme et de photomontage. Il a fait des études pour cela car « le monde de l’art me passionne » dit-il, même s’il a d’abord commencé par la musique. Tout l’intéresse, tout le guide sur le difficile chemin de ce que l’on appelle communément « artistique ». Ce qui l’y pousse ? « Cette vision que j’ai des « arts », qui ne sont pas spécifiques et définis comme tels, mais qui, au contraire, s’étendent sur une infinité de possibilités ».

Naufrage de Maxime Lesimple.
Rep. interdite.
Sa série de photomontages retient la rétine. Travail patient, exigeant des lieux atypiques, voire isolés. Ensuite, c’est l’assemblage des scènes les unes aux autres pour donner Drama from Hell et Terra Nova : mise en scène se déclinant dans une réflexion en profondeur. L’intemporalité dépasse l’image, tout est dans l’exclusion du pragmatisme.

Le travail de Maxime Lesimple est prometteur et son nom est à retenir.



mardi 4 décembre 2012

Souvenir ancestral : Si M'Hand U M'hand


S’il est des mots du grand barde amazigh M’Hand U M’hand (Algérie) qui reflètent, plus que je ne saurai le faire, l’exil ressenti depuis des décennies par tous ceux qui ont perdu ou bien la foi en l’espérance, ou bien l’espoir en ce qui devrait leur faire chanter des lendemains heureux, ce sont bien ceux-ci :

Mon mal sans remède   /   L mehna w ur tesâi tt bib

M’a livré à l’exil    /    Teggyi d ayrib

Du plus lointain d’un souvenir que je ne connaîtrai jamais, ni aujourd’hui, ni après ma mort, Chantre de mon pays ocre, vous lancez votre message à ma mémoire fidèle...

... comme un vieux grand-père tendant sa main solidaire à la fille qui vivra l’exil éternel...

Mots doux à mon oreille mortifère, vous êtes la bougie ayant gardé sa flamme par-dessus les ans passés, testament de mon hérédité, puits de ma fécondité.

Ce jour, le souffle de votre voix m’est parvenu, comme feuilles de figuier enveloppant le fruit de votre chair,

Doucement transformant mon âme dans l’immortalité du souvenir tendrement prié...

C.A.

vendredi 23 novembre 2012

Galerie Feuillantines : Catherine Seghers et Rached exposent



La galerie Feuillantine est de ces lieux que l’on aime découvrir au fil d’une promenade dans ce quartier si douillet mais si surprenant qu’est le cinquième arrondissement de Paris. La fraîcheur des murs, l’intimité de cette galerie nous emportent loin de la fontaine Saint-Michel où le bruit et la fureur des cohortes de visiteurs, des motos, des magasins dégorgeant leur trop-plein sur les trottoirs agressent nos sens et notre vision.



Rached. Rep. interdite.
Ces jours-ci, elle abrite une série d’œuvres de deux peintres, Rached et Catherine Seghers, qui renforcent cette impression de distanciation avec les rues Buci, Jacob et autres où la sophistication règne même quand de bons artistes sont exposés.

Rached. Rep. interdite.
Elle renforce ce sentiment avec l’univers de Rached qui nous fait pénétrer dans un ballet aérien de visages et de silhouettes enfantines, entrecoupés par un regard sombre qui, malgré le chatoiement des couleurs, inquiète quelque peu. L’enfance, l’innocence ne sont jamais loin de cet apeurement qui transparaît dans le dit furtif des œuvres. 

C. Seghers. Rep. interdite.
Pourtant, on aime. On ne peut s’empêcher de succomber à la séduction du rouge sombre et des éclairages sur des temps comme révolus. Alice au pays des merveilles mais pas Alice dans l’innocence. Enfants tout en joliesse mais, aussi, tout en gravité. Dans l'espace et dans le temps. En suspension. Pour ne pas s'arrêter.

C. Seghers. Rep. interdite.
Catherine Seghers est dans un tout autre registre. Comme une échappée de ces aquarelles à l’encre japonaise ou chinoise. Curieusement, elle se relie comme inconsciemment au livre car si certains y voient du papier plié, nous, nous y voyons le monde du livre : autant de livres travaillés en éventails, ailes déployés de l'écriture en peinture. 
La fille de l’éditeur Seghers disparu a, comme par mégarde ou intentionnellement, imprégné son travail de son héritage.


Deux expositions à voir jusqu'au 20 décembre 2012
La galerie Feuillantine
d'André et Bérangère Sinthomez
17, rue des Feuillantines
75015 Paris
Tél. : 06 37 23 84 88 / 06 80 56 96 66

dimanche 18 novembre 2012

"Lire Assia Djebar" par le Cercle des amis de la romancière



L’œuvre de la romancière Assia Djebar a beaucoup fait l’objet d’études, d’analyses et de thèses. Parmi celles-ci, on peut noter la thèse de doctorat de Loubna Achheb (« Quête de soi dans la littérature algérienne d’expression française du désenchantement », précisément sur Rachid Boudjedra, Assia Djebar et Rachid Mimouni), le travail de Vera Lucia Soares (« A escritura dos silêncios. Assia Djebar e o discurso do colonizado no feminino ») ou bien les travaux de Christiane Achour et de Simone Rezzoug.

Le Cercle des Amis d'A. Djebar.
Ph. Arabian People & Maghrebian World.
Cependant, ce sera bien la première fois que des lecteurs se réuniront non seulement pour créer un cercle d'amis autour de la romancière, initié par Amel Chaouati, mais, aussi, pour écrire un livre sur l’œuvre de celle-ci. 
Aux voix des inconditionnels d’Assia Djebar s’ajoutera celle de Wassila Tamzali, de Kiyoko Ishikawa qui a traduit L’amour, la fantasia en japonais. Parmi ces voix aussi, intervient la peinture sous le pinceau et la poétique d’Anne-Marie Carthé (voir tableau ci-dessous).

Oeuvre d'Anne-Marie Carthé
en hommage à un roman d'A. Djebar.
Rep. interdite.
Les auteurs de Lire Assia Djebar ! viennent de tous horizons et se sont rencontrés autour d’une vocation de lecteurs assidus de l’écrivain, nous faisant découvrir de réels talents et des critiques littéraires avérés et parmi eux, il y a une écriture qui s’est révélée intéressante. Ainsi en est-il de Sonia Amazit avec son texte « Ebauche d’une voi(x)e voluptueuse ».

Amel Chaouati (à dte).
Ph. Arabian People & Maghrebian World






Un cheminement des plus intéressants, des plus surprenants parce qu'innovant car il s'agit là d'une première : jusqu'à présent, jamais de lecteurs n'auront écrit ou publié sur un écrivain. Le Cercle des Amis d'Assia Djebar l'a osé et le résultat est des plus sympathiques après ce qui fut, d’abord, une passion de lecteurs pour arriver, par la suite, à un regard de vrais critiques littéraires que les éditions de La Cheminante ont su discerner et retenir.


Lire Assia Djebar !
Editions La Cheminante
64500 - Ciboure
Site : www.metaphorediffusion.fr

Site du Cercle des Amis d'A. Djebar : http://assiadjebarclubdelecture.blogspot.fr/

Clin d'oeil : Bernard Faucon




Bernard Faucon.
Les chambres - La chambre d'or.
Il étudia la philosophie, il s’imprégna de théologie, il deviendra photographe et il s’éveille auteur. Il est Bernard Faucon, le rêveur des chambres d’amour et des mannequins buvant un diabolo menthe sur un arrière-fond de brûlure.

La galerie Berthet-Aittouares expose l’un des plus grands photographes que l’on connaisse à ce jour. Un photographe qui donne du vivant sur un feu ou une herbe bleutée et glacifiée ou encore, dans ce qu’il imagine comme « évolution probable du temps ».

Bernard Faucon.
L'évolution probable du temps.
Nous attendons de regarder des œuvres d’un homme pour qui le monde s’emprisonne dans un encadré, avec un jeu d’ombres noires et grises. Il n’en est rien. Bernard Faucon explose les cadres, il entre dans la rétine, il œuvre comme dans une pièce de théâtre, il est plus qu’un musée Grévin où les personnages de cire sont purs fantômes: ses mannequins d’adolescents réveillent une enfance, une époque, passant par-dessus les décennies, avec un rien de terrifiant dans leurs postures, dans leurs siestes désarticulées... chaque couleur, chaque détail, il en fait une histoire et plus qu'une émotion. Curieusement et cela peut être controversé pour qui ne sera pas en accord avec cette vision, il est comme un léger lien avec Tennessee Williams et sa "Baby dolls" que l'auteur a définitivement fixé dans le temps...

Bernard Faucon n’est pas à présenter, il est simplement à aller à sa rencontre, à toucher du regard le monde dont il écrit « Un jour nous aurons le bonheur » même si La chambre qui brûle nous dit le contraire. Mais dans celle-ci, peut-être faudrait-il voir la purification dans le purisme d’une pièce où ne règne qu’une table au milieu des flammes, car écrit-il encore « Mes images sont des pièges, des dispositifs, des ruses pour  attraper un peu de vérité. Par le calcul et les artifices de l’art, ouvrir des fenêtres sur des bonheurs, des paradis perdus».

Festival Photo Saint-Germain-des-Prés
Voyages et Rêves
BERNARD FAUCON
8 novembre - 8 décembre 2012
Galerie Berthet-Aittouarès
29, rue de Seine - 75006 Paris
Tél : 01 43 26 53 09 / 06 12 06 23 04

Dimanche 18 novembre 2012 : ouverture exceptionnelle de 15h à 19h. 
popstrap.com cookieassistant.com