samedi 23 mai 2015

Arabesques : le vivre artistique


Le Festival Arabesques de Montpellier, couleurs, chaleur, réminiscences avec le souvenir impérissable d'Um Kalthoum, la vivacité de Nerdistan, la clarté d'un 'oud, tout donne envie de plonger pendant quelques heures, que dis-je, pendant quelques jours, dans les flots méditerranéens pour mieux oublier la division qui règne actuellement.
Au fil des heures, s'égrènent les notes d'un univers qui se tourne vers la jeunesse, le plaisir du lire et du écrire, la sérénité poétique de ces chanteurs et chanteuses - échappées belles - une librairie qui s'ouvre sur des coups de coeur ou un "souk" culturel, et puis la pop, et puis Nass el-Ghiwane, les intemporels ! 
Nous avions besoin de ce festival pour ne pas remâcher la laideur sanguinaire et les querelles insensées qui nous submergent depuis plusieurs mois, malaise "déhiscent" déboulant sur les individus en perte de raison.


UNi'SONS
475, avenue du Comté de Nice
34080 Montpellier


mercredi 1 avril 2015

Seif al-Din Wanly, précurseur du modern art dans le monde arabe



Oeuvre de Seif Wanly
Il y a cent six ans naissait l’artiste-peintre égyptien, Seif al-Din Wanly. Ne cherchez pas, il fut ignoré toute cette seconde moitié du siècle dernier et, pourtant, il fut le précurseur de la peinture moderne dans le Machreq et ses œuvres se comptent à plus d’un millier… tout comme le fut son frère Adhma Wanly
Tous deux, ont grandement rempli cette période où surtout les miniaturistes caracolaient au panthéon de la peinture. 

Oeuvre de Seif Wanly
Toute son œuvre introduit le fauvisme dans l’univers pictural arabe, couleurs primaires où le chaud échappe à l’idée conventionnelle que l’on se fait des couleurs chaudes car tout comme les Fauves, la couleur est chez Seif Wanly plus une recherche intérieure qu’observation de la nature ou des êtres. Bien sûr, il a peint surtout le monde du spectacle, un monde tout en gestuelles, vivant mais, au fond, monde fugace que seule la couleur primaire fige en silhouettes (ballets, artistes de scène, chevaux, portraits). Sa peinture virera dans le sombre, affecté qu’il était par le décès de son frère en 1959.  Lui-même décèdera en 1979 à Stockholm.

Couple - Seif Wanly
Le peintre a cependant joué sur la lumière dans ce qu’elle a de plus  ténu et a accentué le trait, comme on le trouve chez les Fauves allemands, mais tout en douceur car, il faut se rappeler que Seif Wanly a été l’élève du peintre italien Otorino Bicchi, qui avait son atelier à Alexandrie, ville natale des frères Wanly et que le peintre italien quittera définitivement plus tard. 
Oeuvre d'Adham Wanly
Les œuvres de Seif Wanly sont ouvertes au public au Musée Seif et Adham Wanly hébergé dans la villa du Musée Mahmoud Saïd à Alexandrie, au Musée des Beaux-Arts à Alexandrie, au Museum of modern art égyptien du Caire et au Musée Mathaf arabe d'art moderne de Doha.


Prix et distinctions
1973   Egyptian State Merit Award
1959   First Prize of the Alexandria Biennale
1953   Medal of the Afro-Asian Arts Exhibition
1949   « Richard » Prize for Arts
La famiglia, Otorino Bicchi
1936   Mahmoud Mokhtar Prize for painting founded by intellectual and feminist Huda Shaarawi

jeudi 26 mars 2015

Maghreb et Monde arabe au Salon du livre de Paris 2015



Par Z. M.

… s’il nous était venu à l’esprit de nous rendre au salon du livre de Paris, nos pas nous auraient invariablement dirigés vers les stands du monde maghrébin et arabe. Seulement voilà, côté algérien, ce fut du neuf avec du vieux pour certains ouvrages, comme les beaux livres, (Laghouat la saharienne, Tlemcen ou Constantine, cités pleines d’histoire). Des livres sur l’émir Abdelkader, sur la guerre d’Algérie, sur la politique. Des romans, bien sûr, des poèmes comme d’habitude, mais cette fois-ci pratiquement pas de bandes dessinées. Quelques livres de contes pour enfants et des livres de recettes en veux-tu en voilà !
Une nouveauté toutefois : des classiques réédités par des maisons d’édition algériennes, comme Le petit prince, Notre-Dame de Paris, L’appel de la forêt ou la Princesse de Babylone de Voltaire, pour ne citer que ceux-là pour le prix de 15 €, une fortune en Algérie alors qu'ils sont en format de poche et que l'on peut trouver ces livres pour à peine 2 €, voire les télécharger gratuitement sur des sites...
Il y avait bien des livres édités par Barzakh mais rien de transcendant. Est-ce la décision de cette maison d’édition lorsqu’on sait qu’elle a publié d’assez bons livres comme Trop tard, un recueil d’excellentes nouvelles d’Hajar Bali, Le remonteur de l’horloge, un savoureux petit roman d’Habib Ayyoub pour ne citer que ceux-là ? Quoique ces livres datent quelque peu et laissent plus la place – encore ! – aux beaux-livres. 
La maison d’édition Dalimen (Algérie) a créé une maison d’édition à Paris, représentée par un petit stand indépendant du grand stand de l’Algérie et où l’on trouvait des ouvrages consacrés à la langue tamazigh.
Par ailleurs, Kamel Daoud a dédicacé son livre Meursault contre-enquête au stand des éditions Actes Sud mais l’édition algérienne de ce roman ne se trouvait pas sur le stand de l’Algérie. Amin Zaoui, qui avait dédicacé son dernier roman Le miel de la sieste paru aux éditions Barzakh, au Maghreb du Livre en février dernier, n’était pas présent, en revanche, au salon du livre.
Un petit bémol, en ce qui concerne les livres. À part les beaux-livres, et encore pas toujours, la qualité du papier et de l’impression laissent beaucoup à désirer. Et cette mauvaise qualité ne donne simplement pas envie de lire ces ouvrages.
En ce qui concerne les stands marocain et tunisien, ils n’étaient guère plus riches ou plus diversifiés
Quant aux éditeurs du Moyen-Orient arabe. Que dire ? Tout d’abord, le stand de l’Arabie Saoudite était « indécent » par sa taille, dans la mesure où il n’y avait aucun ouvrage « culturel » que la personne férue de bons livres est en droit d’attendre. Les mêmes ouvrages étaient multipliés à l’infini. Beaucoup de « beaux » livres, des Corans, des ouvrages religieux ou sociologiques, mais rien qui nourrit vraiment l’esprit ou l’enrichit (nonobstant le volet spirituel). Le seul endroit où les gens étaient en file d’attente, c’était les tables où des calligraphes écrivaient gratuitement les prénoms à la demande. Purement ludique, sans plus. Le stand du Qatar n’était pas mieux nanti et les ouvrages ne différaient pas beaucoup de ceux de l’Arabie Saoudite. Celui d’Oman présentait plutôt des ouvrages centrés sur le tourisme et l’histoire et il faut s’accorder à dire que les représentants étaient si sympathiques qu’ils vous faisaient oublier ce « vide » littéraire dans le sens vrai du terme ! Le Liban (sous l’égide du ministère de la Culture) portait surtout la griffe de Tamyras, maison d’édition en ascension, dont les titres présentent des domaines variables, allant du livre grand public au roman comme Celle que tu es devenue de Nayla Aoun Chkaiban
La frustration demeure car ce ne sont pourtant pas les auteurs qui manquent. Quand bien même l'éducation livresque laisserait à désirer. L’écriture est logorrhée chez les romanciers et les poètes et ce n’est guère la faute du Salon du livre de Paris ! Alors, pourquoi cette absence et, surtout, cette disette de la vraie littérature, pour seulement faire place à des rééditions d'ouvrages historiques, touristiques, culinaires, dénués de toute critique et d'analyse ou tombés dans le domaine public car ne coûtant aucune roupie à certains éditeurs - il faut dire que l'impression coûte une fortune au Maghreb ?

Bien évidemment, l’on connaît les raisons profondes. Le livre est danger, le roman et la poésie sont danger, l’écrivain est danger car c’est par lui que vient la libération de la pensée… 


mercredi 25 mars 2015

Clin d'oeil : Hélène Belin expose








Ainsi que le note Laurence Mauguin qui accueille, en sa maison d’édition, l’artiste-peintre Hélène Belin, il y a couleurs dominantes nuancées de poésie chez l’artiste. En effet, chaque dominante emprisonne la lumière qu’elle veut bien donner dans l’instant, tel un «Echo» où le jaune est travaillé de telle sorte qu’il n’est pas dans la platitude, ou encore, cette «Variation sur fenêtre» jouant sur le paradoxe, tout en finesse émotionnelle, discrète dans ces touches-poèmes qui entraînent le regard pour aller vers plus de profondeur et, ainsi, aller à la rencontre d'une «Aube» tendre, tout entière teintée de réserve à interroger...




Exposition du 1er au 18 avril 2015
V
ernissage : mercredi 
1er avril 2015 - 18h30 à 20h30

Editions L. Mauguin
1, rue des Fossés-St-Jacques - 75005 Paris
Site : www.editionslmauguin.fr

samedi 7 février 2015

Assia Djebar, le grand voyage...



Assia Djebar, bon adieu à vous, 

qui ne contemplerez plus « la ville quand s’ouvriront toutes les portes ». Dans le silence de votre vie, vos mots l’auront remplie pour dire ce qui était votre rêve : celui « d’une renaissance de ces femmes à leurs corps » comme vous l’écriviez si bien dans Femmes d’Alger dans leur appartement...
L’épitaphe sera brève car il n’est point besoin d’aller au-delà de ce que vous n’auriez certainement pas voulu.
Je salue grandement en vous mon aînée et même si vos livres ont à peine posé leur empreinte indélébile parmi celles de ceux qui sont mes livres de chevet, vous êtes un phénix qui, assurément, aura marqué notre littérature maghrébine à la francophonie, survolant le mur scriptural entre deux rives, entre deux chimères : l'être dedans, l'’être dehors...
À Dieu va, que les voiles vous fassent monter les marches d’un autre Panthéon !
Fadéla Chaïm-Allami

mercredi 31 décembre 2014

2015 : Survivance



Le mot de la Rédaction pour une nouvelle année… Une chose qu’Arabian People, Maghrebian World ne prise guère. Non pas par paresse ou défaitisme. Les vœux sont à faire chaque jour de sa vie et si l’on doit parler de renaissance, nous le savons tous, celle-ci ne doit pas se faire seulement lorsque l’on passe d’une saison hivernale à celle, estivale ou, comme tel est le cas, d'une année à l'autre. 
Le mot est lâché : renaissance. S’agit-il d’une renaissance de soi ? Dans quel contexte ? Spirituel, affectueux, professionnel, familial, politique, culturel ? Qu’est-ce à dire de la souhaiter un 31 décembre – et encore, ce n’est pas dans toutes les cultures ! – et seulement à cette date ? Pourquoi ne crée-t-on pas d’autres instants qui seront ou feront œuvre de «renaissance» ? Je fais le vœu chaque jour qui se lève de nous sentir mieux, de nous rêver plus à espérer, de nous voir moins nous entredéchirer, de nous aimer un peu plus qu’hier et nous haïr un peu moins hier ! Qu’est-ce à dire quand l’absurdité commande les décisions internationales à contre-sens de l’Humanité parce que les diktats financiers sont le fer de lance de l’apologie de la destruction des valeurs humaines ? L’être humain pèse si peu… il pèse si léger qu’il n’a de sens et d’essence que parce qu’il est un «survivant» à ce qu’il a suscité : sa propre négation.
Alors et surtout, ne parlons pas de ce que nous ne saurions réaliser et ne parlons pas de nous régénérer : nous amender pour ce que nous avons accompli dans la négation la plus totale du sens humain, d’idées dépravatrices ou de lois dites constitutionnelles sanctionnant les «gueux» ! Cessons de nous aveugler et nous «promettre» quantités de choses à faire ou… à refaire !
Aussi, passons ! Contentons-nous de ne rien promettre pour cette nouvelle année ou, pour faire dans la simplicité – peut-être un peu trop naïvement  bonne année aux écrivains, aux peintres, aux sculpteurs, aux musiciens, compositeurs et chanteurs, aux créatifs dans tous les domaines, à tous ceux qui prêchent la bonne pensée, aux personnes de bonne volonté mais, surtout, oui surtout, souhaitons que 2015 apporte un peu de répit et de nourriture aux millions de familles vivant dans la précarité et les guerres.

jeudi 25 décembre 2014

Le Mot de la Rédaction : Il est né le Divin Enfant...



Nous voici le 25 décembre et plutôt que d'y penser comme un jour de Noël, pensons à celui qui vint au monde, fils de Marie, pour apporter la Bonne nouvelle et faire que l'homme apprenne la parole divine et l'applique dans sa vie de chaque jour. Sa venue a-t-elle seulement apporté beauté et bonté ? Elle devait être, dans tous les cas, annonciatrice d'un règne pour le Siècle des siècles.
Les prophètes seraient-ils autant aimés s'ils venaient à naître aujourd'hui ? Nous n'en savons rien car nous sommes devenus cyniques et désabusés... 
Toujours est-il que ce jour de la naissance du Christ doit être dans tous les foyers, quelle que soit leur religion. C'est ce que l'on appelle communément la Trêve.
Alors, naïvement, souhaitons une paix à tous les enfants de la planète Terre. Que le fils de Marie ne soit pas né en vain.
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