vendredi 17 avril 2009

Talents à découvrir : Nora Mellal ou la poésie en gestation

Précédant le 60e Salon du Livre de Paris de mars dernier, le Printemps des Poètes s’est tenu à la Bibliothèque de Coulommiers (France). La soirée poétique animée par Philippe Berling, directeur d’une troupe de théâtre de la même ville, a révélé une jeune poétesse non encore connue jusqu’à présent, au talent des plus prometteurs. Nora Mellal a lu un Slam improvisé sur l’instant, défiant ainsi sa timidité du premier pas face au public. 

Nous avions déjà rencontré
Nora Mellal au cours du Maghreb des Livres, en février 2009. Cette jeune femme, alliant intelligence et modestie, nous avait parlé de ses premières créations poétiques dont elle nous fit la primeur. La poétesse possède un talent incontestable que l’on ne peut ignorer. Née dans la campagne picarde (Aisne, France), élevée comme elle le dit « dans une petite bourgade bien française » avec « une enfance ordinaire, une scolarité ordinaire » mais « réussie » passée au sein d’une famille d’origine marocaine, qui lui inculquera à la fois la culture chleuh et le souci d’aller jusqu’au baccalauréat, option latin, qu’elle obtiendra en 1999. 

Après des études en Lettres modernes à Lille,
Nora Mellal se nourrit au « métissage culturel » où, dit-elle, « j’ai découvert la littérature maghrébine », approfondissant son approche, par la suite, par la lecture d’auteurs marocains dont elle avait eu un avant-goût par le fait de Driss Chraïbi, écrivain que la sœur de la jeune femme avait pris comme sujet pour sa Maîtrise de littérature. De son côté, une Maîtrise sur Molière témoigne, comme elle ajoutera, de son « amour pour la littérature classique française ». Depuis 2005, la jeune poétesse aborde l’enseignement d’abord à Lille, puis aujourd’hui, à Coulommiers, calme petite ville non loin de la région parisienne. Ainsi son contact permanent avec la littérature l’amènera à passer à l’art poétique car, nous a-t-elle confié, « écrire de la poésie est certes difficile car il faut être capable de donner à voir en quelques mots ce que nous-mêmes, nous avons pris pour émotion. Chaque poème écrit répond à un défi, celui de la création... » Ce défi, nous le voyons dans son écriture, inspirée à la fois de la poésie dite « moderne » du dernier quart du 20e siècle et de cette nouvelle forme d’expression venue des Etats-Unis, le Slam : elle y met une touche soyeuse, pleine d’imageries, en symbiose avec la rythmique d’aujourd’hui et la peinture d’hier … « La Nuit Chahutée, prise à partie Des silhouettes se dessinent Dans la caverne sentimentale Se dressent d’anciens amants Ils ont quitté leur divan de grèves ».

Et
Noral Mellal, de nous ouvrir un lieu ancestral, avec son regard bien ancré dans son univers littéraire français mais forgé d’avec les souvenirs d’un passé reconnu via les yeux de son peuple chleuh : « Espace enivrant Le hammam Les femmes, la Femme Corps dénudés Corps libérés Secrets en liberté […] Colloque féminin Des voix s’élèvent inaltérables » ...
Arabian People & Maghrebian World
espère voir, un jour, cette jeune poétesse publier un recueil qui, soyons certains, offrira bien des surprises.

vendredi 27 mars 2009

Zahra Hindi : une voix dansant sur le rythme berbère et celui de la soul

Zahra Hindi est une chanteuse aussi talentueuse dans le répertoire berbère du Souss (Maroc) que dans celui de la folk et du jazz qu’elle interprète en anglais. Elle vient de se produire au cours d’un concert unique à Mexico, à l’occasion du 5e Festival Visages de la francophonie, suivi de deux concerts donnés à Guadalajara et Monterrey (Mexique). 

Née au Maroc, elle est issue d’une famille d’artistes parmi lesquels on compte le groupe Oudaden. Très diversifiée, elle s’attaque à tous les registres de la musique comme le Gnaoua, la grande variété égyptienne et aussi le répertoire des deux « Bob » (Dylan et Marley). Parmi les personnalités qui l’ont influencée, elle cite en premier lieu sa mère mais, aussi, Jil Jilala, Ali Farkah Touré, Nass el-Ghiwane. 


En 2007, la grande scène de l’Olympia à Paris l’accueille pour un concert avec le chanteur Anis ; elle mettra le public sous le charme en présentant, avec sa voix légère et toute en inflexions soul, ses compositions françaises et anglaises, ... et au festival Chorus des Hauts-de-Seine (France), ce 27 mars dernier.

Zahra Hindi
se produira, le 7 avril prochain, au Café de la Danse (19h30), à Paris. Ses prochains concerts : le 23 avril, au Festival des Paradis artificiels à Lille ; les 7 et 8 mai au Womad Festival à Cáceres (Espagne) ; le 12 mai, aux Nuits botaniques, Cirque Royal de Bruxelles (Belgique) ; le 30 mai, au Festival Art Rock de Saint-Brieuc (France) et le 4 juin, au Shepherds Bush London (Angleterre).

mercredi 4 mars 2009

Zohra Maldji-Salah : une voyageuse des deux rives méditerranéennes

"Itinéraire d'une frangérienne", toute une chronique sur un port plus que centenaire d'Algérie - Ghazawet ou Nemours, de son ancien nom colonial. L'auteure, Zohra Maldji-Salah, a vécu et vit sur deux rivages au gré desquels elle a su lier réminiscences d'enfance, d'adolescence et de femme. Plus qu'une peinture des moeurs et des personnalités qui ont traversé sa vie, ce livre est bien un voyage passionnant, qui sait prendre le lecteur entre ses mots pour l'entraîner en des lieux, certes magnifiés par l'auteure, qui ne sont pas exempts de douleurs, de souvenirs poignants, quelquefois à la fois proches de la cruauté et de la magie du conte. Car Zohra Maldji-Salah est une conteuse née.

Ce périple, c'est son histoire qu'elle commence par des parfums qui nous semblent à portée de main tant les fait-elle ressurgir avec précision de sa mémoire : "
L’odeur de mon pays est dans une pomme" disait Lucie Delarue-Mardrus en parlant de sa Normandie natale. Moi, l’odeur de mon pays n’est pas dans une pomme, bien entendu. Lorsque je ferme les yeux, je suis assaillie par différentes odeurs, senteurs ou fumets qui, pour des étrangers, seraient exotiques, mais qui pour moi, sont les odeurs familières de mon enfance.C’est l’odeur des poivrons grillés, celle des tagines mijotant doucement sur le majmar ou kanoun, sorte de brasero, laissant échapper des odeurs épicées et parfumées, celle du pain frais pétri le matin et qui levait lentement avant d’être emporté au fournil voisin pour sa cuisson. Toutes ces odeurs me reviennent en mémoire et me rappellent le goût des choses simples et naturelles faites à la maison".
Née à Ghazawet, Zohra Maldji-Salah y passera son enfance et son adolescence avant de s'installer en France à la suite de son mariage. Passionnée par la littérature et toutes les choses de la vie, elle est sans cesse tournée vers ce que lui apporte l'Univers, dont elle parle avec des mots qui charment ses auditeurs. Mère de quatre enfants, elle vit en région parisienne et continue d'écrire malgré ses activités professionnelles...

... et nous donne rendez-vous sur son site culturel "Bienvenue chez Lalla Ghazwana", en hommage justement à sa ville natale : http://www.zohramaldji.fr/Lalla_Ghazwana/Bienvenue_chez_Lalla_Ghazwana.html


"Itinéraire d'une frangérienne" : http://www.publibook.com/ et http://www.amazon.fr/

jeudi 19 février 2009

Poétique : deux auteurs, deux pays des mots, deux terres d'émotion ...

Saadi Younis BAHRI est un artiste d’une grande polyvalence : à la fois acteur, réalisateur et écrivain, cet artiste irakien a joué dans plusieurs films dans le monde arabe et en Europe. On compte à son actif plus de soixante-dix pièces théâtrales et contes, dont « Le journal d’un fou » de Gogol, la grande fresque sumérienne, « L’Épopée de Gilgamesh ». Son immense répertoire l’a projeté sur la scène de plusieurs festivals : Avignon (France), Piatra Neamtz (Roumanie), Carthage (Tunisie), Jarash (Jordanie) et, bien sûr, dans la capitale de son pays d’origine, Baghdad. Il vient de publier aux Editions du Cygne, « L’Enfant de l’île sauvage » adaptée du non moins connu conte philosophique « Hayy ben Yaqzân » de Ibn Tufayl. Mais il est aussi l’auteur de « Babylone, mon éternel amour » et « L’épopée des esclaves de Gilgamesh », œuvres parues toutes deux chez L’Harmattan (Paris, France). 
Du côté du cinéma et de la télévision, on lui doit deux fictions « Une civilisation éternelle » et « Le jardinier des rêves ». 


Djalila Dechache, poétesse née en France mais dont les parents sont d’origine algérienne, vient de publier « Terre arable », toujours aux Editions du Cygne. L’auteur est une poétesse francophone d’origine algérienne. Auteur d’une première publication, « La maison du Sérail : souvenirs polyphoniques d'une Algérie des années 1950 », elle s’est vue décerner le Grand prix de poésie Louis Montalte en 2007. La préface est de Jeanne Van de Portal, elle-même auteur. 

« Terre arable » marque des émotions vécues que l’auteur extirpe du quotidien : car, dit-elle lors d’une interview accordée à l’Association Awal Productions lors du Festival Culture Maghreb (http://blog.unisvers-demain.com/index.php?pages/UnisVers-Demain
), « je suis tombée sur des choses comme « je bois un thé, et je suis bien », « une cerise rouge sur le carreau blanc » … vous voyez ? Et bien moi ça ne me parle pas. J'ai besoin de concret. J'ai besoin d'écrire des choses concrètes, réelles. J’ai écrit un poème par exemple qui s’appelle « Elle dit merci » qui raconte l’histoire d’une femme de ménage qui vient tout les soirs depuis longtemps là où je travaille … Elle dit toujours merci ! Sans raison. Parce qu’elle se sent inférieure. »

mercredi 31 décembre 2008

Nos voeux 2009

BONNE NOUVELLE ANNEE !

Arabian People & Maghrebian World présente à ses lecteurs 
 ses meilleurs voeux pour 2009 ! 
 Ne pas perdre espoir, tel est notre souhait !

La Rédaction

mardi 2 décembre 2008

Cinéma libanais : Joana Hadjithomas et Khalil Joreige

Film sur le Liban après les bombardements israéliens de 2006, « Je veux voir » sort dans les salles françaises le 3 décembre 2008. Le film avait été sélectionné dans la catégorie Un certain regard au 61e Festival de Cannes. Avec Rabah Mroué et Catherine Deneuve.

Cinéaste libanaise, Joana Hadjithomas vit et travaille avec son compagnon Khalil Joreige. Le couple s’intéresse tout particulièrement à l'impact de l’image sur le monde arabe et enseigne à l’Université de Beyrouth. Née en 1969 à Beyrouth, Joana Hadjithomas grandit dans un petit village libanais où Khalil Joreige (né aussi la même année !) est son voisin. Ils se croisent souvent mais ils n’approfondissement pas pour autant leurs relations. C’est seulement en 1989, alors qu’elle est en vacances à Paris qu'elle se rapproche de Khalil Joreige qui vit et suit des cours de philosophie non loin de la capitale française. La guerre civile se prolongeant au Liban, elle s’inscrit pour des études en Lettres à l’Université de Nanterre (banlieue parisienne).

Plus tard et jusqu’à aujourd’hui, Joana Hadjithomas prend en charge le département « scénario » de l’Institut d’études scéniques audiovisuelles et cinématographiques de l’Université Saint-Joseph à Beyrouth. Dès 1990, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige commencent à photographier Beyrouth et immortalisent les vestiges urbains de la guerre. Leur première exposition « Beyrouth, fictions urbaines » a lieu à l’Institut de monde arabe de Paris et sera suivie d’une autre exposition Wonder Beyrouth, l’année suivante.
C’est après deux petits courts métrages, The agony of the feet et 333 Sycomore, produits en 1994 que les deux réalisateurs-scénaristes réaliseront «Fautes d’identités» en 1996 avant de se lancer dans un premier long métrage, Autour de la maison rose, en 1999. 

Le couple enchaîne tour à tour avec deux documentaires et une fiction, l’un, du nom d’une prison du sud du Liban, Khiam (2000), puis Le film perdu (2003) qui relate leur recherche de l’unique copie du film Autour de la maison rose perdue sur la route du Yémen, et, enfin, le court métrage Cendres (toujours en 2003). 


En 2006, c’est la sortie de A perfect day, puis la réalisation de Je veux voir. De ce dernier film, les deux réalisateurs diront : « Une nouvelle guerre mais pas une de plus, une guerre qui vient briser les espoirs de paix et l’élan de notre génération. Nous ne savons plus quoi écrire, quelles histoires raconter, quelles images montrer. Nous nous demandons : « Que peut le cinéma ? ». Cette question, nous décidons de la poser vraiment. »


lundi 6 octobre 2008

2e festival international de la poésie : Fathieh Saudi, poétesse de Jordanie

Fathieh Saudi, poétesse jordanienne et pédiatre professant à Londres, a déjà donné deux récitals à l'Institut du Monde arabe et au Festival des musiques sacrées de Fez (juin 2008). 

A ce 2e festival international de la poésie de l'association Poètes à Paris -qui a eu lieu du 1er au 3 octobre à Paris- elle lira l'un des volets (Moïse) de sa trilogie intitulée Voyage poétique de trois enfants devenus prophètes (texte écrit en anglais et traduit par Luc Barbulesco), accompagnée au piano par Leïla Olivesi, dont ces vers : 

 « Je voguai ainsi pendant des heures.
Je ressentais toutes sortes de craintes.
Non, je n’étais pas dans une matrice (…).
J’ai vécu le sentiment de la séparation »...
(Fathieh Saudi)
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