mercredi 6 mai 2009


"Icônes arabes, art chrétien du Levant"
Cette exposition vient d'ouvrir ses portes, ce 6 mai 2009, à l'Institut du Monde Arabe de Paris.
Se tenant jusqu'au 17 août prochain, elle a été organisée en partenariat avec le Musée des Icônes de Francfort, de la Maison d'Antioche, du Centre de Conservation du Livre et avec le concours de l'Union européenne.

"Autres femmes", peintures et mosaïques de l'artiste peintre et mosaïste d'origine algéro-tunisienne, Hanane Bererhi. Exposition que l'on peut voir au restaurant Le Zyriab de l'Institut du Monde Arabe et cela, jusqu'au 17 mai 2009.
Tous les jours sauf le lundi, de 10h à 18h.
Tarifs : entrée non payante.

mercredi 29 avril 2009

De Nemours à Nemours


du 13 au 27 juin 2009

Exposition de cartes postales de Nemours (Algérie) 


à la Bibliothèque municipale de Nemours (France)


présentée par Zohra Maldji, auteur(e) frangérienne (voir notre article paru dans le n° 7 du 4 mars 2009).
L'exposition met à l'honneur le port algérien de Ghazawet qui fut appelé Nemours durant près de 150 ans de présence française. Un rendez-vous historique entre deux villes, au passé et à la géographique différents mais jumelles par leur nom. Un parcours de longue haleine que l'initiatrice de l'exposition a remonté à travers plusieurs centaines de cartes postales anciennes et d'aujourd'hui et par la rencontre de personnages publics ou moins connus qui ont vécu et ont participé à l'histoire du Nemours algérien d'antan. L'exposition fait aussi un panorama de photographies des anciens et des actuels habitants de ce charmant port de pêche méditerranéen. 


Bibliothèque municipale 
2, rue Gaston Darley Tél. : 01 64 28 31 17 
Mail : bibliotheque@ville-nemours.fr 
Site : http://www.ville-nemours.fr/

vendredi 17 avril 2009

Belaïd Brakni : auteur et maire de tous les courages

C’est au 60e Salon du Livre de Paris qu’ Arabian People & Maghrebian World a rencontré Belaïd Brakni, charmant monsieur, aux yeux d’eau grisée, frêle et doté d’un calme, que ses racines méditerranéennes démentiraient tant il se démarque par sa sérénité placide. Pourtant, il est né sur la terre algérienne, pleine de remous, de douceurs violentes et de piquants parés des teintes lilas, ocre ou brunes des montagnes de l’Atlas. 
B. Brakni
Photo Arabian People
& Maghrebian World.

Fils de la Grande-Kabylie, il raconte, dans le livre qu'il dédiçait au Salon, la « vie très dure » et la « course contre la montre pour survivre », par-delà les années de guerre d’indépendance et ses expériences d’élu de la petite bourgade de Souama dont il sera maire durant cinq années. « Je pense, écrit-il dans ses "Mémoires d’un ancien maire", que nous étions, nous devions suivre le chemin de l’école telle qu’elle était. Couvert d’un burnous de couleur blanche, je ressemblais aux livres que nous distribuait gratuitement l’instituteur. Symboles d’enfants disciplinés avec les cahiers bien soignés, les mains propres, nous faisions nos devoirs à la lumière d’une lampe ». Et ces lignes nous rapprochent d’un autre enfant de la Kabylie, Mouloud Feraoun, avec son « Fils du pauvre »… paru quelques années avant la naissance de Belaïd Brakni. L’un comme l’autre diront le monde de leurs mères respectives et des femmes de leur terre ancestrale, hommes reconnaissants envers la tendresse parfois rude de celles-ci.

Belaïd Brakni
y parle d’un maquisard, les mains liées, poussé par la soldatesque, un certain été 1958, alors que l’auteur était encore adolescent : « Da Kasi retourna sa langue dans sa bouche plusieurs fois en regardant l’assistance, essaya tant bien que mal à prononcer : « Vive l’Algérie ! » Il le répéta plusieurs fois avant d’être abattu. Les femmes poussèrent des youyous pour rendre hommage à sa bravoure et à son martyre. Les journées se suivaient et se ressemblaient : toutes noires. » L’auteur nous promène avec lui durant le long périple imagé et plein d'émotions qu'il suivra jusqu'à l’indépendance de son pays, les espérances puis l’ère des désillusions. Elu maire de Souama, en 1999, il invoque « l’idée que les hommes du système rentier eussent une détermination absolue, nous bouchaient l’avenir, nous enfonçant de plus en plus dans la misère morale. »

Il dira aussi sa foi dans la bataille des hommes pour faire « le point de nos idées afin d'aller vers une nouvelle culture démocratique. [...] Je ne me démoralisai pas, quels que soient les résultats de cette bataille pour la démocratie, excellents ou bien abominables. J'adorais mon pays autant que ma mère. » ... tout en se demandant « pourquoi collectivement la société évolue dans l'inconcevable »... Un auteur de talent et de courage. 

« Mémoires d’un ancien maire » - Ed. Publibook, Paris - 148 p., 18 euros.

Talents à découvrir : Nora Mellal ou la poésie en gestation

Précédant le 60e Salon du Livre de Paris de mars dernier, le Printemps des Poètes s’est tenu à la Bibliothèque de Coulommiers (France). La soirée poétique animée par Philippe Berling, directeur d’une troupe de théâtre de la même ville, a révélé une jeune poétesse non encore connue jusqu’à présent, au talent des plus prometteurs. Nora Mellal a lu un Slam improvisé sur l’instant, défiant ainsi sa timidité du premier pas face au public. 

Nous avions déjà rencontré
Nora Mellal au cours du Maghreb des Livres, en février 2009. Cette jeune femme, alliant intelligence et modestie, nous avait parlé de ses premières créations poétiques dont elle nous fit la primeur. La poétesse possède un talent incontestable que l’on ne peut ignorer. Née dans la campagne picarde (Aisne, France), élevée comme elle le dit « dans une petite bourgade bien française » avec « une enfance ordinaire, une scolarité ordinaire » mais « réussie » passée au sein d’une famille d’origine marocaine, qui lui inculquera à la fois la culture chleuh et le souci d’aller jusqu’au baccalauréat, option latin, qu’elle obtiendra en 1999. 

Après des études en Lettres modernes à Lille,
Nora Mellal se nourrit au « métissage culturel » où, dit-elle, « j’ai découvert la littérature maghrébine », approfondissant son approche, par la suite, par la lecture d’auteurs marocains dont elle avait eu un avant-goût par le fait de Driss Chraïbi, écrivain que la sœur de la jeune femme avait pris comme sujet pour sa Maîtrise de littérature. De son côté, une Maîtrise sur Molière témoigne, comme elle ajoutera, de son « amour pour la littérature classique française ». Depuis 2005, la jeune poétesse aborde l’enseignement d’abord à Lille, puis aujourd’hui, à Coulommiers, calme petite ville non loin de la région parisienne. Ainsi son contact permanent avec la littérature l’amènera à passer à l’art poétique car, nous a-t-elle confié, « écrire de la poésie est certes difficile car il faut être capable de donner à voir en quelques mots ce que nous-mêmes, nous avons pris pour émotion. Chaque poème écrit répond à un défi, celui de la création... » Ce défi, nous le voyons dans son écriture, inspirée à la fois de la poésie dite « moderne » du dernier quart du 20e siècle et de cette nouvelle forme d’expression venue des Etats-Unis, le Slam : elle y met une touche soyeuse, pleine d’imageries, en symbiose avec la rythmique d’aujourd’hui et la peinture d’hier … « La Nuit Chahutée, prise à partie Des silhouettes se dessinent Dans la caverne sentimentale Se dressent d’anciens amants Ils ont quitté leur divan de grèves ».

Et
Noral Mellal, de nous ouvrir un lieu ancestral, avec son regard bien ancré dans son univers littéraire français mais forgé d’avec les souvenirs d’un passé reconnu via les yeux de son peuple chleuh : « Espace enivrant Le hammam Les femmes, la Femme Corps dénudés Corps libérés Secrets en liberté […] Colloque féminin Des voix s’élèvent inaltérables » ...
Arabian People & Maghrebian World
espère voir, un jour, cette jeune poétesse publier un recueil qui, soyons certains, offrira bien des surprises.

vendredi 27 mars 2009

Zahra Hindi : une voix dansant sur le rythme berbère et celui de la soul

Zahra Hindi est une chanteuse aussi talentueuse dans le répertoire berbère du Souss (Maroc) que dans celui de la folk et du jazz qu’elle interprète en anglais. Elle vient de se produire au cours d’un concert unique à Mexico, à l’occasion du 5e Festival Visages de la francophonie, suivi de deux concerts donnés à Guadalajara et Monterrey (Mexique). 

Née au Maroc, elle est issue d’une famille d’artistes parmi lesquels on compte le groupe Oudaden. Très diversifiée, elle s’attaque à tous les registres de la musique comme le Gnaoua, la grande variété égyptienne et aussi le répertoire des deux « Bob » (Dylan et Marley). Parmi les personnalités qui l’ont influencée, elle cite en premier lieu sa mère mais, aussi, Jil Jilala, Ali Farkah Touré, Nass el-Ghiwane


En 2007, la grande scène de l’Olympia à Paris l’accueille pour un concert avec le chanteur Anis ; elle mettra le public sous le charme en présentant, avec sa voix légère et toute en inflexions soul, ses compositions françaises et anglaises, ... et au festival Chorus des Hauts-de-Seine (France), ce 27 mars dernier.

Zahra Hindi
se produira, le 7 avril prochain, au Café de la Danse (19h30), à Paris. Ses prochains concerts : le 23 avril, au Festival des Paradis artificiels à Lille ; les 7 et 8 mai au Womad Festival à Cáceres (Espagne) ; le 12 mai, aux Nuits botaniques, Cirque Royal de Bruxelles (Belgique) ; le 30 mai, au Festival Art Rock de Saint-Brieuc (France) et le 4 juin, au Shepherds Bush London (Angleterre).

mercredi 4 mars 2009

Zohra Maldji-Salah : une voyageuse des deux rives méditerranéennes

"Itinéraire d'une frangérienne", toute une chronique sur un port plus que centenaire d'Algérie - Ghazawet ou Nemours, de son ancien nom colonial. L'auteure, Zohra Maldji-Salah, a vécu et vit sur deux rivages au gré desquels elle a su lier réminiscences d'enfance, d'adolescence et de femme. Plus qu'une peinture des moeurs et des personnalités qui ont traversé sa vie, ce livre est bien un voyage passionnant, qui sait prendre le lecteur entre ses mots pour l'entraîner en des lieux, certes magnifiés par l'auteure, qui ne sont pas exempts de douleurs, de souvenirs poignants, quelquefois à la fois proches de la cruauté et de la magie du conte. Car Zohra Maldji-Salah est une conteuse née.

Ce périple, c'est son histoire qu'elle commence par des parfums qui nous semblent à portée de main tant les fait-elle ressurgir avec précision de sa mémoire : "
L’odeur de mon pays est dans une pomme" disait Lucie Delarue-Mardrus en parlant de sa Normandie natale. Moi, l’odeur de mon pays n’est pas dans une pomme, bien entendu. Lorsque je ferme les yeux, je suis assaillie par différentes odeurs, senteurs ou fumets qui, pour des étrangers, seraient exotiques, mais qui pour moi, sont les odeurs familières de mon enfance.C’est l’odeur des poivrons grillés, celle des tagines mijotant doucement sur le majmar ou kanoun, sorte de brasero, laissant échapper des odeurs épicées et parfumées, celle du pain frais pétri le matin et qui levait lentement avant d’être emporté au fournil voisin pour sa cuisson. Toutes ces odeurs me reviennent en mémoire et me rappellent le goût des choses simples et naturelles faites à la maison".
Née à Ghazawet, Zohra Maldji-Salah y passera son enfance et son adolescence avant de s'installer en France à la suite de son mariage. Passionnée par la littérature et toutes les choses de la vie, elle est sans cesse tournée vers ce que lui apporte l'Univers, dont elle parle avec des mots qui charment ses auditeurs. Mère de quatre enfants, elle vit en région parisienne et continue d'écrire malgré ses activités professionnelles...

... et nous donne rendez-vous sur son site culturel "Bienvenue chez Lalla Ghazwana", en hommage justement à sa ville natale : http://www.zohramaldji.fr/Lalla_Ghazwana/Bienvenue_chez_Lalla_Ghazwana.html


"Itinéraire d'une frangérienne" : http://www.publibook.com/ et http://www.amazon.fr/

jeudi 19 février 2009

Poétique : deux auteurs, deux pays des mots, deux terres d'émotion ...

Saadi Younis BAHRI est un artiste d’une grande polyvalence : à la fois acteur, réalisateur et écrivain, cet artiste irakien a joué dans plusieurs films dans le monde arabe et en Europe. On compte à son actif plus de soixante-dix pièces théâtrales et contes, dont « Le journal d’un fou » de Gogol, la grande fresque sumérienne, « L’Épopée de Gilgamesh ». Son immense répertoire l’a projeté sur la scène de plusieurs festivals : Avignon (France), Piatra Neamtz (Roumanie), Carthage (Tunisie), Jarash (Jordanie) et, bien sûr, dans la capitale de son pays d’origine, Baghdad. Il vient de publier aux Editions du Cygne, « L’Enfant de l’île sauvage » adaptée du non moins connu conte philosophique « Hayy ben Yaqzân » de Ibn Tufayl. Mais il est aussi l’auteur de « Babylone, mon éternel amour » et « L’épopée des esclaves de Gilgamesh », œuvres parues toutes deux chez L’Harmattan (Paris, France). 
Du côté du cinéma et de la télévision, on lui doit deux fictions « Une civilisation éternelle » et « Le jardinier des rêves ». 


Djalila Dechache, poétesse née en France mais dont les parents sont d’origine algérienne, vient de publier « Terre arable », toujours aux Editions du Cygne. L’auteur est une poétesse francophone d’origine algérienne. Auteur d’une première publication, « La maison du Sérail : souvenirs polyphoniques d'une Algérie des années 1950 », elle s’est vue décerner le Grand prix de poésie Louis Montalte en 2007. La préface est de Jeanne Van de Portal, elle-même auteur. 

« Terre arable » marque des émotions vécues que l’auteur extirpe du quotidien : car, dit-elle lors d’une interview accordée à l’Association Awal Productions lors du Festival Culture Maghreb (http://blog.unisvers-demain.com/index.php?pages/UnisVers-Demain
), « je suis tombée sur des choses comme « je bois un thé, et je suis bien », « une cerise rouge sur le carreau blanc » … vous voyez ? Et bien moi ça ne me parle pas. J'ai besoin de concret. J'ai besoin d'écrire des choses concrètes, réelles. J’ai écrit un poème par exemple qui s’appelle « Elle dit merci » qui raconte l’histoire d’une femme de ménage qui vient tout les soirs depuis longtemps là où je travaille … Elle dit toujours merci ! Sans raison. Parce qu’elle se sent inférieure. »

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