lundi 20 juin 2016

Paisible sur le bord, d'Ali Al Hazmi




Muma̓innan ˓alâ al-âffa, ou Paisible sur le bord, le poème des souvenirs : Ali Al Hazmi se pose sur le bord de la vie, que celle-ci soit un « Mariage de la soie avec la soie » ou qu’elle soit passion durant ces années-réminiscences. Le poème se joue sereinement entre nuances subtiles et tendresse des mots. Même lorsqu’il avoue, quelque part, implorer le sommeil ou « perdant, déçu de la vie, de l’amour et des amis ».

Mais si le promeneur se retrouve incidemment sur le bord dont ne sait de quels lieux ou de quelles émotions, l'amour tissé entre les mots préfigure « un rêve [qui] sera plus loin / qu'une vigne dans les mains ».

Un poème pour une mise en bouche… « Mariage de la soie avec la soie »

En ce soir d’automne qui abonde
En fleurs, figues et chansons
Les souvenirs balayent
Les roses des paroles desséchées
Dans la cour de la maison…
Là où tu es longtemps resté
Caressant le frêle plumage de l’amour.


Ali Al Hazmi est l’auteur de plusieurs ouvrages écrits en langue arabe dont certains ont été traduits comme l’anthologie L’arbre de l’absence, et le recueil dont il est question ici (traduit en espagnol sous le titre de Estando seguro al borde publié au Costa Rica et récompensé, en 2015, au Festival international de poésie en Uruguay).

Traduction de Manel Bouabidi
L’Harmattan
Site : www.harmattan.fr
Contact auteur : ali-alhazmi@hotmail.com
Contact traductrice : bouabidi.manel@hotmail.fr

mardi 31 mai 2016

34e Marché de la Poésie à Paris




Nous voici au rendez-vous annuel de la poésie à Paris. Le Mexique aura la primeur mais tous les poètes sont réunis sous la voûte du ciel du poème : l'essence des mots et seulement des mots. N'en déplaise aux grandes maisons d'édition qui se refusent à aller au-delà de certains noms et font la sourde oreille, ne s'engageant que pour répondre "la poésie ne se vend pas". Cependant, nous savons que si elles le voulaient, elles vendraient même un âne mort ! Bienheureusement (*) et envers contre tout, le poème est là, pour qui veut entrer dans cette dimension du mot se passant de la logorrhée habituelle du genre à grande diffusion ou politiquement correct.

Certes, Arabian People, Maghrebian World ne souhaite pas se lancer dans une diatribe, ce n'est pas son objectif principal. L'on se contente d'annoncer le 34e Marché de la poésie à Paris, place Saint-Sulpice (Paris).


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(*) Mot de la Rédaction. Propriété d'Arabian People, Maghrebian World.

samedi 7 mai 2016

Montpellier : 11e festival Arabesques


Il nous change, que ce 11e festival Arabesques de Montpellier ! Sous le signe des Arts du monde arabe, il ouvre une fenêtre sur l’aventure, le talent, la lumière du verbe, de la geste, de la musique, du poème. Il est nécessaire en ces tristes mois où si, d’aventure, on se réclame, on se dit de culture arabe, l’on répond décadence, interdits et violences sanglantes. Un film, Halal love (and Sex) du réalisateur Assad Fouladkar, sur les histoires « d’hommes et de femmes tentant de vivre leur vie et de composer entre « désirs d’aimer » et « sans contredire les règles de leur religion... 


... et puis « Le fabuleux trésor d’Hisham l’Andalou », une quête pour découvrir l’histoire de Montpellier aux environs du Xe siècle. L’écoute d’une âme, celle du ‘oud (luth oriental) de la syrienne Waed Bouhassoun qui interprètera des poèmes du mystique al-Hallâj, d’al-Mulawwah, d’ibn Zaydoun, de Sorhawardi...
... des contes  aussi que Layla Darwiche dira avec passion pour ceux qui aimeront se plonger dans cet univers ancestral et père du roman moderne dans le monde oriental… 
... et puis quoi d'autre ? L’Egypte ! Une Egypte qui ne peut s’oublier avec « Menen Aguibak » qui vous lance sur la route du mawwal si plein de résonances.



Infoline : 04 99 77 00 17

mercredi 6 avril 2016

FRAME LIFE, la photographie qui aime !




FRAME.life est une plateforme de médias sociaux et de la photographie qui va sur le terrain pour donner son regard sur les personnes, les objets et le paysage urbain de Beyrouth. Le site de cette plateforme au design volontairement simple, mais hautement esthétique nous ouvre une fenêtre sur le regard, notamment, d'Ali Sayed-Ali, à l'origine de l'idée.
"Informer, documenter et publier en utilisant la puissance de l'œil collective", c'est ainsi que se définissent les acteurs de FRAME... Le Liban n'est plus cette photographie de la guerre ou de projets immobiliers gigantesques et indigestes, il devient intime, dans la gestuelle quotidienne que l'on qualifiera, sans honte, "attendrie". La démarche n'est plus seulement une démarche artistique, elle est témoignage de personnes qui ont à coeur la vie des autres, de rêves simples et de petits bonheurs, au coeur de la Cité, au fil des jours d'une société qui dérive entre désenchantements et espérances.

Website : http://www.frame.life/home

vendredi 1 avril 2016

Série "Viva l'Algérie" : soyons sérieux !



« Viva l’Algérie », une série algérienne. Lieux du déroulement de l’histoire : la Qasbah, Alger.  En résumé, que raconte-t-elle? « Sous pression terroriste, deux femmes se réfugient dans un hôtel situé au centre d'Alger. Goucem, la fille âgée de 27 ans, s'est fabriqué une apparence de vie "normale" en travaillant pour un photographe. Elle partage par ailleurs sa vie entre un homme marié et généreux et des week-ends chauds en boîte de nuit. Devant la télévision, Papicha, la mère, vacille entre peur et nostalgie d'un passé heureux de danseuse de cabaret. »

Et là, nous sommes intrigués. D’abord, parce que les costumes mélangent, sans souci d'authenticité toutes les périodes, les tenues d’avant l’indépendance en 1962 avec le voile blanc – haïk  et sa voilette d’organza ; ensuite les vêtements « européens », puis les tenues traditionnelles algéroises d'origine turque et, enfin, le « voile islamique » qui sont pléthore aujourd'hui. Or, au sujet du haïk, s’il y a un tout petit, mais un tout petit bastion de restauration/revendication du haïk ou seulement porté (à la manière algéroise dans l’histoire) par quelques vieilles dames, ce haïk n’est pas pandémique. Seul l’habit de cette nouvelle génération de musulmans est présent, envahissant, inévitable. Quant aux tenues traditionnelles, elles ne sont visibles que lors des mariages ou fiançailles, la 'abaya, le foulard, les gandouras féminines de facture syrienne, le jean troué, les stilettos ou les ballerines en provenance également de Syrie ou de Turquie sont plus monnaie courante.

Ensuite, le dialogue lui-même est en-deçà de la réalité algérienne et l’humoriste Biyouna rend encore moins crédible cette réalité. Certes, la lenteur administrative, les appels à la prière ou en fond sonore des lectures coraniques tentent d’asseoir l’intrigue dans l’Algérie d’aujourd’hui. Mais l’on n’est pas convaincus, l’on demeure comme éberlués face à ce déroulement d’une histoire qui est sensé se passer dans une période tragique.
L’histoire se divise en plusieurs parties. Au lecteur de voir, mais encore plus aux Algériens, pour tenter de s’y retrouver. Une série financée par des partenaires algériens, français et belges...
Cette thématique qui aurait pu retracer le quotidien angoissé des Algériens durant le terrorisme, leurs émotions, n'est qu'une pâle parodie d'un destin tragique...

« Viva l'Algérie ». 





Voir aussi première partie :

http://www.dailymotion.com/video/x7h1wr_viva-l-algerie-partie-1-9_shortfilms



samedi 5 mars 2016

Vitrine de l’Orient, saga de la Maison Tarazi



Auteur de l’émotion, plus que de narrer une histoire, il me fallait chercher ce qui se dessinait derrière le nom de Tarazi qui était plus qu’un simple label de magasins, d’hôtellerie ou de meubles précieux. Non pas que je ne rende pas à César ce qui appartient à César. Si je me sens émue devant l’architecture de l’immeuble de La Samaritaine dont le fer forgé ouvragé me rapproche de mes souvenirs d’enfance lorsque je passe devant son jumeau colonial, l’actuel Musée d’Art Moderne d’Alger, tout de blanc vêtu et jusqu’à ses magnifiques boiseries vulgairement passées au blanc et ses rampes d’escalier forgées, cachées, ce cheminement du passé m’a menée aussi à une histoire dont j’ai hâte d’aller jusqu’au bout, en espérant la trouver au prochain Salon Livre de Paris. 
Avec Vitrine de l'Orient, l'histoire de la Maison Tarazi, fondée en 1862, Beyrouth ouvre un volet de son histoire citadine pour lutter contre la marée du mauvais goût et du mercantilisme sans élégance. Une histoire qui me restitue un savoir-faire et une intelligence qu’ailleurs l’on oublie également, et me transforme, moi, en une toute petite chose du Maghreb, regardant son beau jouet brisé par l’inaptitude à garder ce qui fut ses richesses et par la désolante progression d’un univers qui avance, certes, mais qui avance mal... Ainsi que l'avait écrit un certain auteur, autant en emporte le vent...
F. C-A.

« Cet ouvrage restitue la saga d’une famille qui a fait de l’Orient son fonds de commerce. Antiquaires, éditeurs de cartes postales, ébénistes, hôteliers, les Tarazi ont été portés tout à tour par l’engouement de l’Occident pour l’Orient, la mode des voyages du début du XXe siècle, le développement de la photographie, l’essor du tourisme et, enfin, la renaissance du Liban de l’après-guerre. Les différentes facettes de leurs activités reflètent certains des plus beaux épisodes de l’histoire du Moyen-Orient qu’il nous soit donné de contempler. » (Éd. de la Revue Phénicienne)

Camille TARAZI est né à Beyrouth en 1974. Architecte de formation, il « intègre l’entreprise familiale spécialisée dans la création et de l’exécution de boiseries et meubles orientaux en 1996. Parallèlement à son activité, il se lance dans des recherches généalogiques pour tenter de cerner les facettes des différents métiers exercés par ses aïeux et qui avaient toujours l’Orient comme source d’inspiration. »
Vitrine de l’Orient a été co-écrit avec Tania Rayes Ingea-Rayès, elle-même co-auteur avec Gabriel Rayès, du livre de photographies Le centre-ville de mon père, également publié par les Éditions de la Revue Phénicienne (voir notre article paru le 11 novembre 2011).


mardi 1 mars 2016

Vernissage : le 8 mars vu par Farid Benyaa


Après l'Algérienne au voile blanc renouant avec l'ancestralité et le sublime portrait de Dassine, la poétesse amoureuse du Hoggar, l'artiste-peintre Farid Benyaa nous ouvre les portes de sa galerie au style épuré pour une exposition de portraits d'Algériennes, leur rendant hommage sous les traits de son imaginaire.

Dassine,
"Ô pur visage dont l'éclat traverserait un voile épais, ô Dassine, ton cousin, fils de la soeur de ta mère, Moussa Ag-Amastan, te demande de lui permettre de prendre part à la réunion poétique et galante que tu vas présider ! Personne n'a jamais vu son visage. Personne n'a jamais entendu chanter son coeur.
[...]
Ô Dassine, puisque ton imrad a chanté pour moi et puisque tu m'as permis de m'asseoir à tes pieds, permets-moi de te jurer que tu seras libre dans le jardin de mon coeur ! Ne crains donc pas que je veuille régner sur toi, on n'asservit pas une lionne ou un rossignol..."
(Poème de Moussa Ag-Amastan)



Galerie Farid Benyaa
4, rue de Picardie - Les Castors II
Bir Mourad Raïs - Alger
Tél. : (00 213) 21 44 76 65
Site : http://farid-benyaa.com/algerie_galerie_art.htm

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