lundi 6 octobre 2008

2e festival international de la poésie : Fathieh Saudi, poétesse de Jordanie

Fathieh Saudi, poétesse jordanienne et pédiatre professant à Londres, a déjà donné deux récitals à l'Institut du Monde arabe et au Festival des musiques sacrées de Fez (juin 2008). 

A ce 2e festival international de la poésie de l'association Poètes à Paris -qui a eu lieu du 1er au 3 octobre à Paris- elle lira l'un des volets (Moïse) de sa trilogie intitulée Voyage poétique de trois enfants devenus prophètes (texte écrit en anglais et traduit par Luc Barbulesco), accompagnée au piano par Leïla Olivesi, dont ces vers : 

 « Je voguai ainsi pendant des heures.
Je ressentais toutes sortes de craintes.
Non, je n’étais pas dans une matrice (…).
J’ai vécu le sentiment de la séparation »...
(Fathieh Saudi)

samedi 16 août 2008

Une voix palestinienne s'est tue...


... mais elle demeurera dans les coeurs et dans les annales de l'Histoire douloureuse et courageuse de la Palestine.

Nous préférons nous taire car les mots ne donneront rien de ce que chaque palestinien, chaque personne ayant aimé sa poésie qui n'a eu de cesse de chanter les entrailles de la terre perdue, en ces dernières heures, depuis le grand adieu de Youcef Chahine et, tout de suite après, en ces débuts d'août 2000, est venu celui de Mahmoud Darwich, le poète des âmes à jamais blessées et pour qui la colombe de la paix n'avait pas encore trouvé l'arbre où s'y poser.
Au revoir donc, poète qui nous accompagna au-delà de la haine, au-delà des tombeaux ... 


"Les étoiles n’avaient qu’un rôle : M’apprendre à lire
J’ai une langue dans le ciel Et sur terre, j’ai une langue
Qui suis-je ? Qui suis-je ?" 
(Extraits du poème Dispositions poétiques, in "Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude?") 


"Père, dis-moi, est-il vrai que tous les hommes,
en tous lieux ont du pain, des espoirs et un hymne national ?
Pourquoi donc avons-nous si faim
et chantons-nous, tout bas, des poèmes tristes ?" 
(Extrait du poème Un nuage dans ma main, in "Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude?")

samedi 9 août 2008

Une grande exposition permanente est consacrée, Showroom Papier Bavard, à Abd el-Malik Nounouhi, le calligraphe marocain. Après des études supérieures en mathématiques à Paris où il y demeure depuis, l’artiste se tourne définitivement vers la calligraphie. Ce sera, par la suite, plusieurs expositions comme, notamment à Marseille (2004). 

Envolées pastelles ocre, brun et bleu, mouvements élégants conjuguant art millénaire et émotions plongées dans la modernité, Abd el-Malik Nounouhi travaille à un rythme qui donne l'ampleur de sa passion. 


L'exposition intitulée "Nomadisme lyrique" vous invite donc au voyage jusqu'au 2 septembre prochain. 


Showroom Papier Bavard
- 262, rue des Pyrénées - 75020 Paris.

jeudi 7 août 2008

Ahmed Hajeri, le peintre de deux cultures

Oeuvre d'Ahmed Hajeri.
Reproduction interdite.
Ahmed Hajeri, peintre tunisien vivant en France depuis près de 40 ans. Né en 1948, ayant fait peu d’études (ancien électricien), autodidacte, il a peint de nombreuses œuvres dont certaines peuvent être contemplées à l’Institut du Monde Arabe de Paris. 
Exposant à maintes reprises son œuvre notamment à la Galerie Kanvas, chez Daniel Besseiche à Deauville, très souvent à la Galerie Médina (Tunisie) et celle de Phyllis Kind (New York). Il participera à plusieurs expositions collectives en Espagne, Cuba, Corée du Sud, Syrie et Liban. Tout récemment encore, en février 2008, il a exposé à Aubenas. Son coup de pinceau présente le plus souvent, il faut le dire, des caractéristiques naïves comme on le voit dans « Le Trésor » (2001). Mais il peut atteindre au-delà de cette absence de perspective, de volume, une certaine manière d’être, portant au cénacle la dramaturgie du petit quotidien, de la maladie et de la pauvreté. 

Avec son « Entre deux cultures », Ahmed Hajeri donne la mesure de ce qu’est ce creuset partagé avec bien d’autres artistes peintres et écrivains venus d’ailleurs, tout comme il se plonge dans un espace a-temporel avec ses « Rêveries ». Très introduit dans l’art contemporain aujourd’hui qui lui a donné sa place - et le Centre Georges Pompidou en donnera l’exemple en achetant quelques-unes de ses œuvres - Ahmed Hajeri fera de l’illustration aussi avec le livre « Le cadi et la mouche » d’Al-Jahzi
(traduit en français, aux Editions Albin Michel). Grand prix national de la peinture tunisien, il a été fait Chevalier de l’Ordre du Mérite culturel de Tunisie en 1998.


Contact avec l’artiste-peintre : 
France : 22, rue du Temple, 75004 Paris - Tél. : 01 42 72 64 78 - Mail : waswal@ifrance.com Tunisie : Rue L’Imam El-Chafii - 8060 Beni Khiar (Tunisie) Tél. : 00 212 72 229 179

dimanche 3 août 2008

Rendez-vous avec le 7e festival du film libanais

La 7e édition du Festival du film libanais ouvre ses portes le 21 août 2008, à Beyrouth. Durant une semaine, il recevra des réalisateurs vivant au Liban ou à l’étranger. Ce festival a pour particularité non seulement d’accueillir les cinéastes du grand écran mais aussi ceux de la production de vidéos.
Il a également pour objet d’être un événement qui doit servir à promouvoir le cinéma libanais, à le protéger en tant que patrimoine et moyen d’expression d’une création qui a connu un parcours très mouvementé en raison de la situation dans le pays. La sélection des films a déjà commencé, les premières réalisations étant déjà parvenues à l’organisateur du festival, « …né.à Beyrouth » mais dont nous ne pouvons donner les premiers éléments.


L’entrée est libre pour tous les cinéphiles. 
Contact : Pôle Technologique Berytech
B.P. 11-7503 - Riad el-Solh
11072240 Beyrouth - Liban 
Site: http://www.neabeyrouth.org/ 

dimanche 27 juillet 2008

Quand il est mort le cinéaste : Youssef Chahine n’est plus...

Il est mort, aujourd’hui, en ce dimanche 27 juillet 2008, le grand cinéaste Youssef Chahine. Il a fait ses adieux dans un silence comateux, alors que le soleil d'été brille et que la mort continue de rôder en Irak, au Liban, en Palestine et dans les confins isolés et asséchés de l'Afrique exangue. Il est mort quand les coeurs vivent au ralenti et que les regards ont cette douleur si tragiquement filmée par sa caméra. Il est mort sans que ses messages n'aient eu totalement raison des censeurs et des corrupteurs. Il est mort en laissant derrière lui des âmes réchauffées par la passion et la force de ses films qui, seuls, de toutes les filmographies du monde, ont été les films du coeur, près du coeur de son peuple, près du coeur des Gueux de Naguib Mahfoud. 

Son décès vient d'être annoncé par la télévision égyptienne et le deuil est chez tous ceux qui l’auront aimé, dans l’anonymat : son vrai public, celui de la rue. Il aura plus qu'agacé et plus que souvent les fondations de la gouvernance d’Egypte par beaucoup de ses films accusateurs. Il aura fait aimer un peu plus l’Egypte avec ses mots d’amour comme les inoubliables « La Terre », « Gare centrale », « Adieu Bonaparte » …

Son dernier film, « Le Chaos », où il rend hommage au grand quartier populaire de Choubra, donne la mesure de ce qu’il a toujours fait : ne pas baisser les bras, même lorsque les honneurs lui ont été rendus par ceux-là même qui auraient voulu le voir ailleurs.
Adieu, Youssef, fils d’Egypte !

Quelques oeuvres de la filmographie de Youssef Chahine ...



2007 - Le Chaos (Heya fawda) - Avec Youssef El Sherif, Khaled Saleh, Hala Sedki Rivalités amoureuses sur fond de corruptions policières dans le quartier cosmopolite de Choubra, au Caire. Le dernier film de Youssef Chahine. 
2004 - Alexandrie... New York - Avec Mahmoud Hemeida, Yousra, Ahmed Yehia A l'occasion d'un hommage qui lui est rendu à New York, Yéhia, réalisateur égyptien, retrouve Ginger, son amour de jeunesse.

2001 - Silence... on tourne (Skoot hansawwar) - Avec Latifa, Ahmed Bedir, Ahmed Wafik La riche cantatrice et actrice Malak cherche à être aimée pour elle-même. Blessée par son divorce, elle tombe sous le charme d'un arriviste, Lamei, jusqu'à éprouver pour lui une passion obsédante. 
1999 - L'Autre (El Akhar) - Avec Nabila Ebeid, Mahmoud Hemeida, Hanane Turk Une rencontre, un mariage… Adam et Hanane sont tombés passionnément amoureux. La jeune Égyptienne, de milieu modeste, est journaliste. Elle veut dénoncer l’enrichissement d’une élite arrogante.


1997 - Le Destin (Al-Massir) - Avec Laila Eloui Le philosophe Averroes établit des préceptes qui influenceront l'âge des Lumières en Occident et toute la pensée humaine jusqu'à nos jours. Le Calife fait détruire ses oeuvres 
1994 - L'Emigré (al-Mohager) - Avec Safia El Emari, Ahmed Bedir Il y a 3000 ans, Ram, fils d'une tribu très pauvre vivant sur une terre aride, rêve de transformer sa vie et part pour l'Egypte, le centre de la civilisation.


1986 - Le Sixième jour (Al-yawm al-sadis) - Avec Youssef Chahine lui-même, Chewikar, Dalida 1947. Les Anglais occupent l'Egypte. Le choléra ravage Le Caire. Saddika vit avec son mari paralytique et son petit-fils, Hassan, dans un sous-sol. 1984 - Adieu Bonaparte - Avec Ahmed Abdel Aziz, Mohamad Atef, Humbert Balsan 1798. Les Français débarquent en Egypte. A leur tête, Bonaparte, venu apporter au Moyen-Orient la civilisation française et prouver à l'Islam l'amitié de la France...
... et puis ...

1976 - Le Retour de l'enfant prodigue (‘Awdat al ibn al-dal) – Avec Mahmoud El Meligui, Magda El Roumy, Sheir Elmorchedi Ali est attendu dans le village de Mitchaboura par les siens, les Madbouly, propriétaires d'une petite entreprise et par les ouvriers pour qui il représente l'espoir. Pour Ibrahim, le fils de Tolba, le retour d'Ali, son oncle, doit lui permettre d'aller étudier à l'étranger, ce à quoi s'oppose son père. Pour Fatma, qui a tout sacrifié, au nom de l'amour qu'elle voue à Ali absent, c'est la grande désillusion. A son retour, elle se rendra compte qu'il n'est plus ce jeune passionné qui a quitté sa famille par révolte. 
1973 - Le Moineau (Al ‘ousfour) - Avec Salah Kabil, Ali El Scherif, Mahmoud El Meliguy Histoire (film policier) sur une affaire de biens appartenant à l'Etat, témoignage sur ce qu'a signifié la guerre de juin 1967 pour les "moineaux", c'est-à-dire les gens simples de son pays. 
1969 - La Terre (al-Ard) - Avec Hamdy Ahmed, Yehia Chahine, Ezzat El Alaili. Les gens de la terre. La sécheresse. L’eau retenue et les cultures qui ne poussent pas. Révolte des hommes de la terre. 
1965 - Le Vendeur de bagues (Biyae’ al-khawatim) – Avec Feyrouz, Nasri Chams Eddine, Youssef Azar, Youssef Nassif, Salwa Haddad.Pour asseoir son autorité, le maire du village a inventé l'existence d'un bandit baptisé Rajeh. Seule sa nièce, Rima, sait qu'il s'agit d'une affabulation. 
1963 - Saladin (Al-Naser Salah Ed-Dine) - Avec Ahmed Mazhar L’épopée de l’une des plus grandes figures arabes durant le temps des Croisades. 
1956 - Les Eaux noires (Siraa Fil-Mina) - Avec Ahmed Ramzy, Faten Hamama, Omar Sharif Après trois ans d'absence, Ragab, un jeune marin d'Alexandrie, rentre chez lui. Il a réussi à économiser l'argent qui lui permettra d'épouser sa cousine Hamida. On retrouve encore l’actrice fétiche du moment, Faten Hamama (épouse alors de l’acteur Omar Sharif). 
1954 - Femmes sans hommes (Nisâ' bilâ rigâl) - Avec Mary Queeny, Imad Hamdi, Hoda Soltane Une jeune femme et son mari rendent visite à des parentes coupées du monde. La présence de l'homme les bouleverse jusqu'à leur faire changer de mode de vie. 
1954 - Ciel d'enfer (Siraa Fil-Wadi) - Avec Faten Hamama, Omar Sharif, Zaki Rostom Si le pacha a financé les études agronomiques d'Ahmed, fils de son régisseur, il n'approuve guère de voir celui-ci utiliser ses connaissances pour aider les paysans de son domaine. 
1952 - Le Grand bouffon (al-Muharrij al-Kabir) - Avec Nabil Al-Alfi, Faten Hamama, Youssef Wahby Portrait de la société égyptienne des années 50 étudiée à travers les moeurs d'un couple, dans lequel le réalisateur nous dépeint le mariage, le divorce... dans une société régie par les lois religieuses. 
1951 - Le Fils du Nil (Ibn al-nîl) - Avec Faten Hamama, Choukri Sarhane, Mahmoud Al-Meligui Un enfant de paysans de Haute-Égypte est fasciné par les trains qui mènent au Caire. Devenu adulte et marié malgré lui, il quitte subitement son village, certain que sa femme est en train de mourir.

.... et LE FILM de la Rédaction ...

1958 - Gare centrale (Bab al-hadid) – Avec Farid Shawqi, Hind Rostom, Youssef Chahine La gare centrale du Caire. Une jeune vendeuse de limonade, délurée et un peu friponne ; un vendeur de journaux handicapé (Y. Chahine) amoureux de la jeune fille qui, elle, n’a d’yeux que pour un solide gaillard des environs et avec lequel elle convolera bientôt. Mais la mort rôde… Le film culte de Youssef Chahine...

samedi 26 juillet 2008

Institut du Monde arabe : Oum Kalsoum au Palais de verre

Une exposition, un spectacle pour tout dire sont consacrés à l’une des personnalités les plus marquantes de la chanson moyen-orientale : Oum Kalsoum. Un parcours initiatique permettra de la retrouver, à travers des photographies, des séquences audiovisuelles, des objets, costumes lui ayant appartenu. Des rappels des interviews, des présentations traduites des poèmes qu’elle a interprétés et la projection de plusieurs films dont lesquels elle a tenu le premier rôle : souvenez-vous de « Dananir » (la célèbre chanteuse « esclave » et néanmoins « concubine » du Premier vizir de Haroun al-Rachid) qu’elle interprètera avec beaucoup de pudeur –époque oblige. 

La Bibliothèque de l’Institut du Monde arabe présente aussi une exposition d’ouvrages et de revues et deux numéros spéciaux ont été consacrés à Oum Kalsoum par les revues Qantara et Al-Moukhtarat, ainsi qu’un Hors-Série et un supplément éditorial réalisé, d’ailleurs, par la revue Les Inrockuptibles. Cette rétrospective se poursuivra jusqu’en novembre prochain. Une « Nuit blanche avec Oum Kalsoum » est programmée pour le 27 septembre 2008, avec la présentation du film retraçant sa vie « L’astre de l’Orient », en présence du réalisateur Mohamed Fadel et de l’actrice ayant incarné la cantatrice égyptienne, Fardous Abdel Hamid. Enfin, pour les enfants, sous le titre de « Sur la voix d’Oum Kalsoum », un animateur musicien présentera des instruments et initiera les enfants à la chanson «Ghanni li chwiye chwiye» (Chante pour moi un tout petit peu). Atelier qui aura lieu tous les samedis du 21 juin au 26 juillet, pour reprendre du 13 septembre au 11 octobre 2008.
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