mercredi 13 juillet 2011

Pause estivale d'Arabian People & Maghrebian World

L'été est largement entamé et comme vous le savez, Arabian People & Maghrebian World fait une pause durant cette saison.

Cependant, une permanence sera assurée et vous pourrez lire prochainement des interviews de romanciers, d'artistes-photographes, de responsables d'édition et puis, bien sûr, d'autres articles sur ce que nous aurons "concocté" à votre intention.

Bonnes vacances,

La Rédaction

mardi 12 juillet 2011

Sidi Tahar Haddad ou la Crucifixion de l’innovateur dans le monde arabe (3e et fin)

Tahar Haddad
Par Moncef Bouchrara

Comme annoncé, lors des première et seconde parties de ce dossier, Arabian People & Maghrebian World a proposé une étude partielle mais non des moindres de Moncef Bouchrara, sociologue et philosophe tunisien mais aussi ingénieur-conseil, consultant international spécialisé dans les questions de l’emploi en Méditerranée et enseignant pendant près de trente ans en Tunisie.

Nous arrivons à la fin de cette publication partielle sur le penseur, syndicaliste et poète tunisien, Tahar Haddad, qui, nous l’espérons, aura donné matière à beaucoup de réflexions sur la société sous l’angle culturel du Maghreb et du Monde arabe, cet aspect étant une étape extrêmement importante dans la réflexion globale des sociétés démocratiques émergentes ou, à tout le moins, en espérance de mutations. Ce quatrième et dernier chapitre se penche sur le devenir via une réflexion sur le rôle des femmes dans ces nouvelles sociétés avec ce que l’auteur entend par les « consensus culturels et sociaux arabes autour de valeurs fondamentales nouvelles » et, a fortiori, en fonction des « nouvelles formes de maternances, des maternances non seulement biologiques, mais aussi des maternances sociales et culturelles », selon les termes propres de Moncef Bouchrara.

Le lecteur pourra prendre contact avec l’auteur via le contact mis en fin de lecture.


IV - Pourquoi « Sidi » Tahar Haddad ? Le rôle des femmes dans l’émergence d’une Nouvelle société arabe

Quand et surtout comment abandonnerons-nous les critères de jugement qui ont abouti à la crucifixion de Tahar Haddad, à la véritable « via dolorosa » qu’il a connue de 1930 à 1935. Comment pourrons-nous changer notre manière de nous juger ? C’est en cherchant la réponse à ce genre de questions, que nous pourrons parvenir à payer notre dette vis-à-vis de Tahar Haddad et à racheter le crime commis quotidiennement contre ses semblables.

C’est dans cette perspective, que les dernières lignes de cet article seront encore une fois et toujours dédiées à Sidi Et-Tahar El Haddad. Je dis sciemment « Sidi » (Maître) parce qu’il est mon maître, notre maître à tous, et que l’islam dans sa doctrine première ne reconnaît la maîtrise et la supériorité qu’à celui qui nous apprend la science. En le qualifiant de Sidi, je pratique l’exercice du Tamjid (1) à son égard. J’en fais un illustre parmi les illustres. Un Majed (2) parmi les Amjed (2).

Car il se trouve que Tahar Haddad nous aura appris à tous plus que la science et nous aura transmis plus que le savoir. Tahar Haddad nous aura appris à être, à apprendre à être tout simplement. A chacun de nous, il aura appris à être un aristocrate. En tant que communauté, il a ouvert la voie à « une république d’aristocrates » et non à « une république sans individus ». En tant que fils de quelqu’un et père de quelqu’un, je lui dois plus que mon nom. Je lui dois mon savoir être humain dans le monde, je lui dois ma qualité d’être doué d’une part consciente d’universel. C’est cette qualité d’être, qui fait, qui m’a appris à faire valoir la spécificité d’un nom, d’un être unique, non substituable par un autre, à cause de sa créativité spécifique aux résultats potentiels toujours inattendus et imprévisibles. Cet individu, quand il est valorisé sous cette qualité là, est, non jetable ou supprimable à merci, tant physiquement que psychologiquement. Les Droits de l’Homme sont artificiels et sont un leurre dans une société qui ne valorise pas les individus par leur créativité. Sidi Et-Tahar El Haddad est et reste notre père symbolique, toujours à légitimer, et il reste aussi, et malheureusement encore, notre frère aîné de l’amertume. Un saint rêvant à l’aristocratie de tous, un saint laïque qui a été isolé par toute la communauté ou presque, qui a été insulté par tous, tous les jours, pendant cinq années, jusqu’à sa mort.

Gardons-les toujours en mémoire cette image réelle, ce film réel de la fin de Sidi Et-Tahar El Haddad, qui était physiquement agressé, quand il marchait dans les rues de Tunis de 1930 à 1935, cible de jets de tomates et de pierres. Gardons-la donc toujours en mémoire cette anecdote vécue et terrible de   Sidi Et-Tahar El Haddad qui demandait un simple verre d’eau à un garçon de café, et qui n’était même pas servi, dans un pays désertique où la soif ordonne comme tradition fondamentale, de ne jamais refuser de donner à boire.

A Sidi Et-Tahar El Haddad, donc, nous dédions ces quelques lignes, aujourd’hui, comme étant une tentative, pour que notre propre ijtihad (cf. note de la Rédaction) individuel rachète le crime collectif commis à son égard par nos grands-parents.

A  Sidi Et-Tahar El Haddad, avec l’espoir que ces quelques lignes, rachètent les crimes quotidiens que continue toujours à commettre la société arabe, contre tous les Tahar Haddad en son sein,

A   Sidi Et-Tahar El Haddad  , enfin, avec l’espoir surtout, que ces quelques lignes soient lues un jour par une société arabe qui aura osé et inventé, par elle-même, non seulement de nouvelles mentalités, mais aussi et surtout de nouvelles frontières de la tendresse, une tendresse sociale qui ne rejette pas la part de créativité, inhérente à chaque individu. Un espoir que ces quelques lignes seront lues par une société qui aura réussi et appris, enfin, à entourer tous ses Tahar Haddad, tous ses innovateurs, de la tendresse qu’ils méritent. Car les tendresses civiles seront toujours supérieures à toutes les largesses d’Etat.

"Les femmes au regard de la Loi
et dans notre société"
de Tahar Haddad
Cette nouvelle tendresse sociale, cette nouvelle tendresse culturelle, plus qu’on ne l’imagine, les femmes y tiendront un rôle premier. Car cette nouvelle frontière de l’acceptation de l’innovateur, cette tendresse devront commencer à se déployer avant même l’étape de la scolarisation, dès la naissance et l’enfance même de l’innovateur, par un regard nouveau et une attitude différente de la part de sa propre mère biologique.

Tout recommencera par les filles et les femmes tunisiennes. C’est le jour où les mères tunisiennes, en particulier, apprendront enfin à leurs enfants à ne pas avoir peur de leurs propres capacités créatrices, à ne pas avoir peur de précéder plutôt que de suivre, c’est ce jour-là, que les femmes tunisiennes, paieront leur véritable dette vis-à-vis de Tahar Haddad, à leur père symbolique, à qui elles doivent tant aujourd’hui, et pourront prétendre enfin, à être ses filles légitimes.
Ce jour-là, ces quelques lignes seront dépassées, en définitive, par une société qui aura inventé de nouvelles formes d’être et qui aura inventé de nouveaux féminismes parce qu’elle aura inventé de nouvelles formes de maternances, des maternances non seulement biologiques, mais aussi des maternances sociales et culturelles. Ce jour-là, peut-être, ces quelques lignes seront lues par une société qui osera être la mère de l’innovation et du changement.
Moncef Bouchrara

Note : Pour recevoir l’étude complète sur Tahar Haddad et faire part de vos réactions, adresser un mail à : moncef.bouchrara@wanadoo.fr
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Note : « ijtihad » à ne pas prendre dans le sens péjoratif qui lui est donné actuellement mais dans le sens des termes « effort sur soi ».
 (1) Tamjid : célébration, glorification.
(2) Majed, Amjed : illustre(s), glorieux - Déjà expliqué dans l'article.

samedi 9 juillet 2011

Saison « f-estivale »

Festival de Jerash
Le Festival de Jerash revient après trois ans d’absence. Du 21 au 30 juillet 2011, le festival se déroulera en plusieurs lieux culturels de la Jordanie. Beaucoup de concerts entre cinq heures de l’après-midi – chaleur oblige – jusque vers onze heures du soir, avec des artistes comme le chanteur koweïti Nabil Shuail ou le groupe Rum de Tareq Al Nasser.

Programme exhaustif 
Au théâtre du Sud
Mercredi 20 juillet - Ouverture avec le groupe Rum de Tareq Al Nasser (Jordanie)
Jeudi 21 juillet - Melhem Barakat, chanteur et parolier (Liban)
Vendredi 22 juillet - Les chanteurs Nabil Shuail (Koweït) et Georges Wassouf (si son état le permet)
Samedi 23 juillet - Le groupe Rum de Tareq Al Nasser
Dimanche 24 juillet - Omar Khairat (Egypte)
Lundi 25 juillet - Music Hall (Liban)
Mercredi 27 juillet - Palestine
Jeudi 28 juillet - Najwa Karam (Liban)
Vendredi 29 juillet - Inana (Danse, Syrie)
Samedi 30 juillet - Hani Mitwasi, Salman Hussein (Jordanie)

Au Théâtre du Nord
Jeudi 21 juillet - La troupe de danse de l'Université de Shanghai (Chine)
Vendredi 22 juillet - Le ballet de Murcia (Espagne)
Samedi 23 juillet - L’ensemble soufi Galata Mevlevi (Turquie)
Dimanche 24 juillet - Ghada Abbasi, Ghalib Khoury
Mercredi 27 juillet - Le Trio Jubran (Palestine)

Théâtre sonore et la lumière - Les enfants de l'histoire du théâtre d'aujourd'hui
Samedi 23 juillet - Les aventures de Zaalol et Bahloul
Mardi 26 juillet - Le renard rusé
Mercredi 27 juillet - Sinbad - Khalid Mousselmani
Jeudi 28 juillet - Centre Haya
Samedi 30 juillet - Centre Haya

Artemis Théâtre - « Histoire aujourd'hui »
Jeudi 21 juillet - Poésie / et cérémonie d'ouverture avec Haïdar Mahmoud (Jordanie), Talal Haïdar (Liban), Nayef Abu Obaid (Jordanie).
Samedi 23 juillet - Poésie avec Hilda Ismail (Arabie Saoudite), Ghassan Zaqtan (Palestine), Ali Amiri (Iran), Ziad Al-Anani (Jordanie).
Lundi 25 juillet - Poésie avec Maha Al Ali, Mutawakkil Taha, Habib Zouaydi (Palestine).
Mercredi 27 juillet - Poésie avec Maysoon Al-Qasimi, Amaan Abdul Hadi, Qassim Haddad, Ali Nubani.
Jeudi 28 juillet - Peintures théâtrales de Saima Mahmoud
Vendredi 29 juillet - Poésie - Cérémonie de clôture avec Heba Essam, Yousef Abu Luz, Amjad Nasser, Qaïs Qoukzh.



Festival International de Baalbek 2011
Le festival international de Baalbek a tablé surtout, pour cette année, sur le théâtre musical, le Liban étant réputé pour ce genre de spectacle. Pour cette édition, « Depuis l'époque de Saladin » offre un registre assez sérieux au regard de tout ce qui s'est réalisé dans ce domaine.


Programme
Théâtre musical
Samedi 9 Juillet - « Depuis l'époque de Saladin, Nuits libanaises », une pièce de théâtre musicale libanaise conçue par Rami Sabbagh, avec une chorégraphie de François Rahmé.
Musique : sous la direction de Harout Fazlian avec le chœur de l’Université Antonine Pères dirigé par le père Toufik Maatouk (directeur de l’École de Musique des Pères Antonins).
Le thème : nous sommes à l’époque de Salaheddine (Saladin) ou le thème récurrent des conflits Orient-Occident. Un écrivain contemporain d’aujourd’hui entre dans sa pièce pour convaincre ses personnages de négocier et conclure une paix.
Interprètes : Assi El-Hallani, Antoine Kerbaje, Carmen Lebbos, Carine Ramia, Nabil Abou Mrad, Ghassan Atthieh, Joseph Assaf ...
Jeudi 14 juillet - Boris Eifman Ballet/ Théâtre de Saint-Petersbourg : « Don Quichotte ou les fantasmes d’un homme fou » (à confirmer)
Vendredi 15 juillet - Le Gershwin Piano Quartet interprète Stravinsky et Ravel
Samedi 23 juillet - Musique classique avec Abdel Rahman El Bacha
Samedi 30 juillet - Jazz avec Louis Hayes et le groupe Héritage.


Festival international de Batroun
Le Liban se meuve aussi avec un festival à Batroun : concerts et spectacles, au goût d’aujourd’hui et totalement libanais.

Programme
Samedi 9 juillet - Le groupe UB40 et Ali Campbell
Samedi 16 juillet - La chanteuse Najwa Karam
Vendredi 22 juillet - The Little Mermaid
Samedi 29 juillet - Ramy Ayach

Site : http://www.batrounfestival.org/


Festival de Beiteddine
Commencé le 24 juin dernier, le festival de Beiteddine a ouvert ses portes par une hommage à la chanteuse Sabah par une comédie musicale, conçue et mise en scène par Gérard Avédissian, sur une scénographie de Fadi Yenni Turk et des chorégraphies de Sami Khoury.


Programme
Samedi 8 juillet - Le ténor Roberto Alagna chante un répertoire de Luis Mariano (choix discutable pour un ténor de cette qualité).
Vendredi 15 et samedi 16 juillet - Kazem Al-Saher chante le poète Nizar Kabbani
Samedi 22 juillet - « Babel » de Sidi Larbi Cherkaoui, une évocation de la tour de Babel. Danse contemporaine chorégraphiée par Sidi Larbi Cherkaoui, en collaboration avec Damien Jalet (spectacle créé à Bruxelles en avril 2010)
Jeudi 27 juillet - La trompette à l’honneur avec The Ibrahim Maalouf Quintet
Jeudi 4 août - Farida Mohammad Ali, cantatrice irakienne, est accompagnée de l’Ensemble Maqâm irakien et du ‘Oudiste Omar Mounir Bashir.

Site : http://www.beitedine.org/


Zouk Mikael Festival
A une dizaine de minutes de Beyrouth et dans un écrin superbe donnant sur la mer Méditerranée, le modeste mais plein de qualité, Zouk Mikael Festival présentera plusieurs concerts dont le 17 juillet avec le ténor Placido Domingo mais aussi des pièces de maqâm, le 21 juillet.

Festival de Carthage
Malgré une situation encore dans les turbulences, la Tunisie n’oublie pas de vivre et le festival de Carthage a ouvert ses portes pour son 47e anniversaire le 2 juillet dernier et cela, jusqu’au 6 août 2011.

Le programme étant très conséquent et comprenant dans sa majorité des spectacles tunisiens, Arabian People & Maghrebian World n’a retenu que quelques dates :

Dimanche 10 juillet 2011 - Karim Choaïb et Rihab Seghir au palais du Baron d'Erlanger et Baaziz Bendirman à l’Acropolium de Carthage (Algérie-Tunisie)
Lundi 11 juillet 2011 - « Ayo » et « Le voyage » (Allemagne/ Nigeria)
Mardi 14 juillet 2011 - Soirée africaine à l’Acropolium de Carthage (Sénégal)
Mercredi 15 juillet 2011 - Latifa Raafet (Maroc) au Théâtre municipal ; Cheb Jilani (Lybie)
Vendredi 17 juillet 2011 - Soirée du Maghreb au Théâtre de la Ville
Mercredi 19 juillet 2011 - Souad Massi à l’Acropolium de Carthage (Algérie)
Jeudi 20 juillet 2011 - Ballet de Serbie au Théâtre de la Ville et Ragga Maqâm Khaled Ben Yahia au palais du Baron d’Erlanger
Vendredi 21 juillet 2011 - Lo’jo (France) à l’Acropolium de Carthage
Samedi 22 juillet 2011 - Orchestre symphonique de Sicile au Théâtre municipal et troupes d’Algérie au palais du Baron d’Erlanger
Lundi 24 juillet 2011 - Tentacio (Cuba) au palais du Baron d’Erlanger
Mercredi 27 juillet 2011 - « Ghenib » de Naoufel Ben Aïssa, la violoniste tunisienne, et «Iskandrella» (Egypte) respectivement au Théâtre municipal et palais du Baron d’Erlanger.
Mardi 2 août 2011 - « Beni Ekher Siraj » au palais Abdellia, et Mohamed Ali Kammoun Jazz au palais du Baron d’Erlanger ainsi que le Tarab Halabi de Syrie à l’Acropolium de Carthage.
Jeudi 4 août 2011 - Joudhour, troupe palestinienne au palais du Baron d’Erlanger
Samedi 6 août 2011 - « Chanson et poésie », clôture à l’Acropolium de Carthage.


Festival international de Djemila
Avec l'aimable prêt d'Horizons, quotidien algérien.
Reproduction interdite.
La 7e édition du Festival international de Djemila devrait se tenir du 18 au 27 juillet 2011 dans la wilaya de Sétif (Algérie) mais jusqu’à présent et bien que des travaux d’embellissement du site romain de Djemila soient en cours, il est difficile de confirmer ou non la tenue de l’événement.
La venue d’artistes du Moyen-Orient arabe et du Maghreb est annoncée et selon toutes probabilités, concerts et danses seront à l’affiche du festival :

- Khaled (Algérie) sera en ouverture du festival
- Lotfi Double Kanon (Algérie)
- Elissa Khoury (Liban)
- George Wassouf (Syrie)
- Alloua (Algérie)
- Abdelwahab Doukkali (Maroc)
- Samira Saïd (Maroc)
- Kadhim Essaher (Irak)

vendredi 1 juillet 2011

Clin d'oeil sur Eric Dubois, un poète sur le toit du temps


La poésie se porte bien. Qui a dit le contraire ? Aujourd’hui, il n’est pas un lieu, un festival où cette poésie ne chante parce qu’elle est opiniâtre, parce qu’elle se veut vive et qu’elle se veut vivre. Ainsi en est-il de celle d’Eric Dubois, un poète français qui ne triche pas avec les mots qu'il inscrit sur la brise-grisaille pour les élever vers les cimes des toits mouillés de ce Paris où il est né.

Le poète Eric Dubois défie ces aprioris qui proclament à tout vent que la poésie est commercialement incorrecte car, pour lui, comme pour bien d’autres poètes qu’Arabian People & Maghrebian World a approchés ou a lus, l’écriture n’est pas un amuse-gueule ni un passe-temps du dimanche. L’auteur est un poète prolifique et ses multiples publications attestent de sa créativité. Il vous suffit de rechercher son nom et vous aurez vos réponses...

Eric Dubois use des mots avec une simplicité trompeuse et mal nous en prendrait si l’on se contentait de lire sans ouvrir les paliers de la pensée cachée, encore moins de son univers tout en mosaïques. Pour lui, « Ecrire  / c’est aussi inscrire / Sur les frontons des visages / L’écume du temps ». Alors, suivons-le... 

Il est de tous les temps, un rien qui nous rappelle un Boris Vian ou un Jacques Prévert mais, aussi, un soupçon de cette poésie d’aujourd’hui qui ne veut pas s’engouffrer dans des envolées lyriques mais rester là où prennent racines les « paradoxes » du parler et les « intérêts dans le partage du sang ».

Ainsi, son écriture se meut au fil du temps qui l’emprisonne et révèle quelques amertumes vite cachées par pudeur, comme pour oublier ce temps qui fuit et ne donne pas l’espérance mais l’hiver dans sa brume et sa froidure : une pérégrination suspendue à l’émotion d’une seconde, d’une image évoquée mais irréelle que dénotent deux recueils, « C’est encore l’hiver » et « Radiographie ».
Et puis, cette curieuse architecture du poème pour lequel il faut prendre le loisir de décrypter comme, par exemple, « Et l'hiver » :

La neige recouvre
Quand les fenêtres brillent

Et l’hiver
les pas – les traces de pas

Envie de
les mots restent dans la bouche

Prendre dans ses bras l’arbre
prononcent la fuite

Se blottir contre
n’isolent pas du monde
(Radiographie)

La pensée est continue mais elle saute de vers en vers, donnant un rythme qui paraît tout en dissonances mais qui suit son propre schéma tout à fait, lui, en harmonie et, de ce fait, nous fait lire « La neige recouvre ... les pas – les traces de pas » / « les mots restent dans la bouche ... prononcent la fuite ... n’isolent pas du monde » / « Prendre dans ses bras l’arbre ... se blottir contre ... encore l’arbre »...

On ne peut s’empêcher de s’arrêter un moment pour saisir ces symboliques et les arracher à une tristesse omniprésente à cause d’une réalité pas très plaisante comme les immeubles insalubres et les habitations à loyer modéré que le poète nous fait revisiter dans son recueil  «Radiographie». A ces heures quelque peu mortuaires, l’on voudrait échapper et faire valser les vapeurs de la grisaille vers les sommets d’un « Rêve indéterminé » ou « Pour recomposer /un présent présentable »... qu’Eric Dubois nous fait tout de même entrapercevoir...

Un poème pour la route

Des mots
La porte
ouvrir

On succombe
le vent

Merci
il faut dire

Des mots
comme des silences

A tant de périls
s’engouffre

Que ponctuent
les visages

Les voix
on annonce un hiver difficile

Pourquoi nos pas
Des morts et des morts

Dans les ornières des forêts
butent sur d’étranges mannequins

La porte
fermer
Fermer la porte
(C’est encore l’hiver)

Quelques parutions à retenir

- « Poésies complètes, dix ans de poésie », Editions Le Manuscrit (http://www.manuscrit.com/).
- « C’est encore l’hiver », Editions Publie.net (publications électroniques sur http://www.publie.net/).
- « Radiographie », Editions Publie.net (idem).
- « Entre gouffre et lumière », préface de Charles Dobzynski, Editions L’Harmattan, coll. Accent Tonique (www.editions-harmattan.fr/index.asp). 

samedi 25 juin 2011

Essaouira : couleurs et musiques et encore couleurs et musiques !

Essaouira vibre en ce moment, domptée, envoûtée par des musiques d’Afrique car de toutes les musiques du monde, celle qui vient du continent africain est à l'honneur : le 14e festival d'Essaouira 2011 a commencé, ce vendredi, dans la cité marocaine.
Sons gnaouas, avec un rien de jazz et de pluridisciplinarité avec de la peinture, des ateliers écologiques et même des sports nautiques, tout pour séduire les Souiris (habitants d'Essaouira) et les visiteurs venus d'autres contrées... et aussi l'artisanat marocain pour ceux qui veulent engranger quelques souvenirs traditionnels marocains.

Des dizaines d’artistes comme Baba Sissoko ou le groupe Salif Keita du Mali, celui de K’naan des Usa, le Trilok Gurtu de l’Inde, les grands interprètes gnaouis (Maâllems) Mahmoud Guinea d’Essaouira, Mohamed Kouyou de Marrakech, font battre les cœurs d’avec des sonorités qui fusionnent la lumière artistique avec celles du soleil et des lampions du soir.

-Jusqu’au 26 juin 2011-




vendredi 24 juin 2011

Sidi Tahar Haddad ou la Crucifixion de l’innovateur dans le monde arabe (2)



Par Moncef Bouchrara

Comme écrit précédemment, lors de la première partie de ce dossier, Arabian People & Maghrebian World propose, pour la première fois dans ses colonnes, une étude partielle de Moncef Bouchrara, Tunisien, sociologue, philosophe mais aussi ingénieur-conseil, consultant international spécialisé dans les questions de l’emploi en Méditerranée et enseignant pendant près de trente ans en Tunisie. Il est conférencier spécialiste de l’univers de l’économie industrialisante, auteur de communications comme « Esprit d’entreprise, féminin et politique », de « Sfax, ‘capitale’ de l’industrialisation rampante » (publiée dans la revue Tiers-Monde, Tome 30, n° 118), « La défaite du Savoir en Méditerranée » présentée au Congrès « World Med » d’avril 2002 et publiée dans la revue Sciences sous le titre de «La construction sociale d’un espace technologique méditerranéen». Moncef Bouchrara s'intéresse et contribue également aux questions philosophiques dans le monde arabe.

Dans cet ordre d'idées, nous avions opté pour la publication partielle de son étude sur le penseur, poète et syndicaliste tunisien Tahar Haddad et si nous le faisons, c’est parce que cette contribution ouvre des voies à la réflexion sur la culture et la politique culturelle, sur les idées dont le Maghreb et le Monde arabe ont besoin, particulièrement en cette période de remises en question où acteurs culturels, humanistes, sociologues tentent de sortir de l’état cataleptique dans lequel ils se trouvent depuis plusieurs décennies.

La pensée de Tahar Haddad est certainement à l’ordre du jour et sa relecture intervient fort à propos.

Nous avons donc pu prendre lecture de deux chapitres sur la pensée de  Tahar Haddad. Le deuxième volet de cette édition propose une réflexion sur ce que peut être une République reformulée, dans le sillage des principes universels des Droits de l’Homme et, par extension, des « consensus culturels et sociaux arabes autour de valeurs fondamentales nouvelles » et, a fortiori, en fonction des « nouvelles formes de maternances, des maternances non seulement biologiques, mais aussi des maternances sociales et culturelles », ce dernier point étant vu dans le troisième et dernier volet du dossier qui sera publié tout prochainement.

Le lecteur pourra joindre l’auteur via le contact mis en fin de lecture.

III - Il n’y aura pas de Nouvelle République sans Nouvelle Société
L’aventure historique moderne tunisienne, l’existence aujourd’hui de la classe moyenne tunisienne, exceptionnellement large, qui porte encore culturellement cette aventure, ont été rendues possibles grâce à la victoire politique de ce que l’on a appelé les Néos sur les Archéos, entre 1934 et 1939. Cette victoire a été celle de la stratégie qui avait énoncé que le changement provenait plus sûrement de la mobilisation des masses plutôt que de celle des notables, de la mobilisation de tous plutôt que de celle des élites. Cette bataille a vu la victoire de la notion de mobilisation du plus grand nombre sur celle de l’élitisme. C’est cela qui est Néo.

Le Néo, c’est l’idée nouvelle et le concept, nouveaux pour l’époque, de la notion du « plus grand nombre », de la nécessité de mobilisation du plus grand nombre. Tahar Haddad était le penseur avant l’heure des Néos. Par ses prises de position, ses articles, son compagnonnage avec Mohamed Ali Hammi (fondateur du Syndicalisme tunisien et premier syndicaliste arabe), Il avait été, entre 1923 et 1934, la voix avant-gardiste par excellence des Néos qui devaient arriver plus tard et de ceux qui ne se reconnaissaient pas encore officiellement comme tels. En fait, Tahar Haddad a été le premier des Néos, précédant Habib Bourguiba lui-même et ses camarades, fondateurs du Néo-Destour. Tahar Haddad est le père caché, le père innovationnel, le père non reconnu de l’idée d’égalité des chances et de l’égalité des hommes dans la société tunisienne d’aujourd’hui. Nous n’avons pas compris comment l’idée d’égalité entre les hommes avait culturellement cheminé en Tunisie pour préparer l’institutionnalisation ultérieure de la République et de ses fondations socialement et culturellement construites. Aujourd’hui, il convient de se livrer à un approfondissement de l’entendement culturel de la République. Cette herméneutique de la notion de république est un chantier à rouvrir, car elle est elle même un support de la compréhension plus profonde de ce par quoi les hommes sont égaux. L’importation des principes universels des Droits de l’Homme, encore une fois, ne nous exempte nullement de notre travail sur nous mêmes pour comprendre ce qui servirait de support et de règle pour cohabiter, pour exister comme communauté. Nous ne devons pas nous suffire du poids du passé pour définir nos identités mais nous définir par nos aspirations à être.

Tahar Haddad n’a pas eu de continuation biologique, de descendance biologique pour perpétuer son nom. Il n’existe ni un fils biologique ni une fille biologique de Tahar Haddad. Tahar Haddad n’a ni eu le temps de vivre décemment sur le plan matériel, ni le temps de jouir du plaisir commun de fonder une famille. Jusqu’à ses derniers jours sa mère lui demandait quand il se mettrait à gagner de l’argent comme tout le monde. Et Tahar Haddad répondait toujours « Bientôt, très bientôt, Ma mère, je te le promets ! ». Tahar Haddad a sacrifié sa jeunesse à imaginer un meilleur avenir pour les enfants des autres, ceux là mêmes qui le rejetaient, le raillaient et l’insultaient. Aujourd’hui, d’une certaine façon, opportunistes par réflexe, nous prétendons tous être ses enfants, tels qu’il les a rêvés. Nous croyons avoir ainsi récupéré son héritage. Mais nous ne sommes ni vraiment, ni complètement ses enfants, comme il nous avait rêvés, autonomes, inventeurs de nous-mêmes, aussi libres par rapport à nos capacités créatrices qu’il l’avait voulu et désiré. Nous sommes les enfants incomplets de Tahar Haddad, ses enfants illégitimes. Tahar Haddad avait rêvé que nous serions tous et toutes des « aristocrates », des émancipés, égaux dans les chances d’énoncer l’innovation, au profit de notre communauté comme de nous-mêmes. C’est cela, aujourd’hui, l’illustration la plus adéquate de l’égalité des chances entre les êtres humains. Or, cette égalité des chances dans l’énonciation de l’innovation, nous ne l’avons pas encore atteinte, pire, nous la combattons, pour la simple raison que nous ne croyons pas à nos propres capacités créatrices, celles de chacun et celles de tous. Nous sommes, répétons le, les descendants symboliques illégitimes de Tahar Haddad, c’est pourquoi nous avons tant de difficultés à perpétuer son esprit, à reproduire son modèle, à réparer complètement le crime qui a été commis contre lui par nos pères et nos grands-pères, et en définitive, à dépasser sa fin ignominieuse.

En définitive, nous sommes toujours coupables de crucifixion de Tahar Haddad. Cette légitimité complète du titre d’enfants de Tahar Haddad, le remboursement de notre dette envers lui, le rachat du crime de nos parents et grands parents à son égard, nous ne les atteindrons que quand il n’y aura plus, en Tunisie comme dans le monde arabe, d’autres Tahar Haddad isolés, moqués, dépouillés du bénéfice de leurs idées nouvelles, au profit de plagiaires appartenant à des Nomenklaturas de circonstance, à commencer par certaines nomenklaturas universitaires. Rappelons-nous qu’une communauté qui n’a pas d’horloge parlante, ne peut pas se donner rendez-vous, et ne peut pas se réunir autour d’un lieu. Ce lieu, symbolique, est d’abord une projection collective. Il est la manifestation d’un désir, du désir commun d’être ensemble. Une communauté qui n’a plus de rêve collectif qui lui reste encore à réaliser, n’a plus de destin historique, ne peut aller nulle part et finit par tomber en morceaux. Faire semblant aujourd’hui, de croire que les seules valeurs de solidarité sociale ou de nationalisme pur et dur peuvent tenir de ciment exclusif à une société, est une vue étroite. Faire semblant de croire que seuls les jeunes d’aujourd’hui ont des désirs d’avenir collectifs est une négation du désir collectif d’être. Cela est significatif de notre sous-compétence en matière de désir d’être en tant que nation et en tant que communauté.

Il nous paraît urgent, aujourd’hui, de redémarrer la refondation du consensus républicain tunisien et la plupart des consensus culturels et sociaux arabes autour de valeurs fondamentales nouvelles. Nous devons reconfigurer le jugement méprisant ou craintif que nous portons sur nous-mêmes et les uns sur les autres.

"Thalathoun" (Trente), film de Fadhel Jaziri
mettant en scène des figures de l'Histoire
de la Tunisie dont T. Haddad (sorti en 2008).
Le principe de l’égalité des chances entre les hommes, qui se concrétise en un projet pratique de société ensuite, a besoin d’une réinterprétation permanente afin d’être constamment refondé et resignifié. C’est ainsi qu’il arrivera à être adapté à la modernité et à l’Histoire. Car qu’est que l’Histoire ? L’Histoire, c’est la révision continue du jugement de l’homme sur lui-même. Et l’homme ne finit pas de se revaloriser à ses propres yeux. Nous devons être conscients que nous ne pouvons exister et nous coordonner en tant que communauté agissante, que lorsque nous avons toujours un programme d’espoir à atteindre, un programme motivationnel commun. Or, ce n’est pas le passé qui fonde l’identité agissante d’un groupe humain, mais le désir, un désir fort d’être ensemble qui reste à réaliser. Si nous fondons la notion de République sur des repères du passé, nous l’enterrerons. Elle ne sera qu’une coquille, un symbole vide. Comment réinventer une République ? Autour de quoi ? Autour de quelles valeurs ? Autour de quels refus ?

Nous devons tous aujourd’hui d’être ce que nous sommes, individuellement et collectivement, à cette aspiration profonde, à ce désir fou, du petit peuple tunisien, de nos grands-parents dès 1934, de parvenir un jour à l’égalité des chances par la promotion sociale, par l’éducation, par la promotion économique. Ce désir et ce rêve les ont réunis, mobilisés et galvanisés pour parvenir à l’indépendance du pays. Les Tunisiens doivent leur progrès économique, aujourd’hui, par rapport à leurs voisins, à l’enracinement sociétal de ce rêve, de ce désir et à la pérennité culturelle de l’esprit Néo. Cet esprit Néo, né dans les années 30, entre Bab Souika (quartier populaire de Tunis) et Ksar Hellal (petite ville du Sahel tunisien), entre villes et campagnes. Le consensus tunisien s’est implicitement et secrètement noué là. Aujourd’hui, le principe de communauté vivant pacifiquement en égalité est en danger d’obsolescence. Or, ce rêve sera peut être bientôt épuisé, car il sera devenu une réalité acquise banale. Nos enfants iront tous à l’Université. Quel sera alors le programme, le contenu de la Passion de l’Egalité tunisienne ? Passion considérée elle-même comme un outil de référence de la démocratisation du monde arabe ? Quel sera le contenu de cette passion qui a été le principal moteur de l’aventure historique moderne ? Quels désirs d’être ensemble, quels rêves de futur sociétal, quels objectifs pourraient se donner les Arabes et les Tunisiens en particulier, pour continuer à courir ensemble, vers les mêmes objectifs, à former encore une communauté, quand nous ne pourrons plus asseoir notre union sur la haine de l’autre ? Quand nous ne pourrons plus utiliser la figure de l’Occidental, de l’Israélien ou l’Américain et de l’Autre, en général, pour justifier notre absence de changement culturel ? Quand ils ne seront plus des ennemis de circonstance ? Avec quel contenu, les Arabes et les Tunisiens, en particulier, doivent-ils approfondir la notion d’égalité des chances, pour qu’ils puissent continuer à entretenir un consensus, une intelligence collective face aux événements du monde, sans avoir à passer par l’intermédiation automatique de l’ennemi extérieur ? Les Arabes n’ont pas enfanté de Mahatma Gandhi moderne. Ils n’ont encore pas apporté à la civilisation un message de paix. Non pas qu’il n’existe pas au plus profond d’eux-mêmes un désir de paix, mais parce qu’ils n’ont pas eu la force d’élire un énonciateur représentatif de leur désir profond de paix. Les arabes doivent inventer leurs propres modèles culturels de bonheur avant de reprocher aux autres leurs malheurs, les injustices dont ils se plaignent.

Rappelons-nous, donc, pourquoi Tahar Haddad a été puni, voire crucifié par l’ensemble de la société de son époque : parce qu’il était né à El Hamma de Gabès, petit village du Sud, et non à Tunis, la capitale; parce qu’il était autodidacte; parce qu’il n’était pas assez diplômé par l’Université, ni adoubé par les mandarins ou les notables zeitouniens de l’époque, exclusivement originaires de Tunis. Il n’était donc pas jugé qualifié pour énoncer l’innovation. Le futur contenu du concept de l’égalité des chances dans le monde arabe, c’est précisément le droit de chacun à énoncer publiquement l’innovation, sans discrimination préalable aucune de statut. C’est ainsi que les Arabes rentreront dans la culture de la paix civile. Cette égalité des chances à l’énonciation de l’innovation est beaucoup plus difficile à réaliser que le simple progrès économique, car elle exige la remise en cause permanente des positions acquises par les élites. Or, l’élitisme n’a pas fini de se pérenniser dans la Tunisie moderne. Le mandarinat n’a pas fini de renaître de ses cendres. Le spectre et le démon Archéos ne finissent pas de renaître chez les enfants des Néos (à suivre).
Moncef Bouchrara

Note : Pour recevoir l’étude complète sur Tahar Haddad et faire part de vos réactions, adresser un mail à : moncef.bouchrara@wanadoo.fr



mardi 21 juin 2011

Clin d’œil : Rabat, sous l’objectif de Nicolas Cubaynes

Youssoufias - Photographie de Nicolas Cubaynes.
Reproduction interdite.
« Rabat » au détour d’une ruelle, entre divers chantiers de construction, captation d’un regard et, ailleurs, vallée du Bou Regreg ou cité fortifiée des Oudayas, le photographe français Nicolas Cubaynes montre le chemin que prend son objectif, soucieux de vérité dans sa simplicité et dans sa complexité.

C’est dans cet enchevêtrement de lignes de vie, qu’il explique : « Que ce soit dans la rue ou lors d’un travail documentaire, je suis avant tout intéressé par l’homme.
A Paris où dans les autres grandes villes traversées à pied lors de mes voyages, je suis à la recherche d’instants de grâce éphémère à fixer sur pellicule. Dans la photographie de rue, ce qui compte est de combiner une construction graphique et une histoire, histoire qui la plupart du temps n’a jamais existé.
En photographie documentaire, il faut au contraire ne pas laisser trop de place à l’imagination des lecteurs. Par l’intermédiaire des gens, je cherche à dresser le portrait d’un lieu. Je discute avec ceux qui, je pense, feraient de bons sujets. J’écoute, j’explique.
J’attends le moment opportun... »

Le vernissage de l’exposition « Rabat » aura lieu, ce samedi 25 juin 2011, de 18h à 20h30, à l’IReMMO (Institut de Recherche et d’Etudes Méditerranée Moyen-Orient) et l'exposition durera du 25 juin au 10 septembre 2011.

iReMMO
5, rue Basse des Carmes, 75005 Paris (Maubert-Mutualité)
Tél. : (+33) 01 43 29 05 65
E-mail : iremmo.sg@gmail.com
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