mardi 10 août 2010

Nassima Bouslah, poétesse et romancière algérienne


« La stature d’un écrivain ne se mesure pas par le nombre de ses écrits mais plutôt par le nombre de feuilles qu’il a déchirées »
Nassima Bouslah


Par Monia Boulila

Nassima Bouslah est née, le 2 avril 1979, à Constantine (Algérie). C’est là qu’elle a eu son baccalauréat section Sciences naturelles et Sciences de la vie en 1997. Elle obtient, ensuite, la licence en Langue et Littérature arabes en 2001, un master en Littérature populaire et Etudes du patrimoine avec « mention très bien » en 2005.  Nassima Bouslah a occupé le poste de maître assistant dans le département de langue et littérature arabes à l’université Mentouri de Constantine en décembre 2006 et où elle y restera jusqu’au mois de février 2009 avant de partir et s’installer aux Emirats Arabes Unis.

Parmi ses publications et études, on compte : - « Les prémices de la tempête », son premier recueil de nouvelles édité par le ministère algérien de la Culture, Alger 2004 ; - « Le code dans la poésie algérienne contemporaine », étude publiée par le ministère algérien de la Culture, Alger 2004 ; - « La dialectique de l’amour et de la mort dans le roman d’El Boughi », étude publiée par le ministère algérien de la culture, Alger 2009 ; - « L’oiseau et le collier » : lecture interprétative des contes populaires aux Émirats Arabes unis, étude édité par Dar El Fajr, Aboudabi, 2009 ; - « Le deuil du Tango » recueil de poésie – Dar Nino, Damas 2010. De même qu’elle a publié des études dans des revues indexées sur les thèmes du conte populaire et le patrimoine (2). Elle a reçu plusieurs prix et distinctions dont les plus importants : le prix du Président de la République algérienne pour les meilleures œuvres de poésie en juin 2008 et le Prix de Dubaï pour la culture pour son recueil « Le deuil du Tango », en octobre 2009 (2).

Pour  Nassima Bouslah, l’écriture littéraire ne doit pas obéir forcément aux règles imposées par l’académique et qu’elle reste fidèle au texte comme il vient, refusant de l’arranger et de le soumettre aux normes académiques. C’est que le texte littéraire est un secret qui dévore son écrivain pour paraître ensuite dans toute sa beauté.
Ainsi la stature de l’écrivain ne se mesure pas par le nombre de ses écrits mais par le nombre de feuilles qu’il a déchirées !

العكاز

العكاز فرار الخطوة من الوأد
العكاز نجاة النعل من المسبة والرجل من الآخرة
عكاز
للكلام المورم بالصمت عكاز
للعين التي تعرج بالعمى
عكاز
للبحر الذي يحتاج أن يصبح جبلا من الملح والأسماك والغرقى
عكاز
للجبل الذي يؤدي صلاته دائما واقفا
عكاز
للغيم الذي تشظيه الشمس
عكاز
للشمس التي تنتفخ قدماها من نعال الوقت وهي واقفة فوق الرؤوس
عكاز
للمفتاح الذي يعرج بالصدأ كي يصل إلى قفل خاطئ
عكاز
للسمكة التي نسيت أن تكمل قدميها وهي تتكون
عكاز
لأصغر عقرب في الساعة التي تحب أن تحدث الأشياء عندها قبل الآخرين
عكاز
للحائط الذي يتكئ علينا لأن ظهورنا من الاسمنت
عكاز
لكل الأشجار التي شرخت في جذوعها لكي تصير عكازا
عكاز
للظل حتى لا يبقى بائسا وطويلا ورماديا
عكاز للأسود في الرمادي كي يصير أسود
عكاز للأبيض في الرمادي لكي يصير أبيض
عكاز
للماء كي لا يصعد عطشا إلى فوهة الغيم
عكاز
للصرير الذي خذلته أنبوبة القلم الفارغة
عكاز
لهذا الكون الذي هو أعرج ورث كشحاذ
عكاز
للنوم كي ينقر الوسادة بالنوم
عكاز
لكم انتم الذين تنبتون في رأسي كحدائق الفطر السحري
أنتم... أبالسة النية الثرثارة، الذين ترقعون الخطوة بالخيط، والنعال بالصمغ، كيف
أقتلكم جميعا
وأنااااام
La béquille
C’est la fuite du pas pour ne pas être enterré vivant
La béquille
C’est le sauvetage de la chaussure de l’insulte et du pied de l’Au-delà…
Une béquille
Pour les paroles tuméfiées par le silence
Une béquille
Pour l’œil qui boite de cécité
Une béquille
Pour la mer qui a besoin de devenir une montagne de sel, de poissons et de corps noyés.
Une béquille
Pour la montagne qui accomplit sa prière toujours debout
Une béquille
Pour le nuage éclaté par le soleil
Une béquille
Pour le soleil dont les pieds sont gonflés par les chaussures du temps tout en restant debout au-dessus des têtes
Une béquille
Pour la clé qui boite de rouille pour atteindre une serrure erronée
Une béquille
Pour un poisson qui oublie de se doter de pieds lors de sa création
Une béquille
Pour la plus petite aiguille de la montre qui désire que les choses se passent avant tout en elle et avant les autres
Une béquille
Pour le mur qui s’adosse sur nous car nos dos sont de ciment
Une béquille
Pour les arbres qui ont été mutilés de leur tronc pour devenir béquille
Une béquille
Pour l’ombre, pour ne pas être misérable, longue et grisâtre
Une béquille
Pour le noir-gris pour qu’il soit noir
Une béquille
Pour le blanc-gris pour qu’il soit blanc
Une béquille
Pour l’eau pour que de soif, elle évite de faire son ascension à l’ouverture du nuage
Une béquille
Pour le grincement trahi par la cartouche vide du crayon
Une béquille
Pour cet univers boiteux et pauvre comme un mendiant
Une béquille
Pour le sommeil, pour qu’il pique l’oreiller par le sommeil
Une béquille
Pour vous qui poussez, dans ma tête, comme des champs de champignons magiques
Vous
Les démons de l’intention bavarde qui raccommode le pas par le fils
Et les chaussures par la colle
Comment puis-je tous vous tuer
Et je m’endoooooooooors ?
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(1) Comme « Le conteur populaire dans le patrimoine narratif constantinois. Le cas d’« El Boughi », publié en langue arabe dans Insanyat n° 35-36, la revue algérienne d’anthropologie et de sciences sociales du Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle.
(2) En 2005, elle reçoit le 2e prix du concours de la meilleure création poétique, confié à l’association Assouat El Madina par la Wilaya de Constantine. à l’occasion du 50e anniversaire de la révolution du 1er Novembre 1954.

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