vendredi 6 janvier 2023

YANESS se chante « sur les dunes des mots »




YANESS interpelle par-dessus les mots et l’instrument, les consciences  dans le réalisme du vécu et se veut plus que des mélodies même si la musique écrite traduit une légèreté à laquelle il ne faut pas se fier. Certes, c’est la musique du soleil, celui qui baigne le Maghreb, piquant ses intonations à l’Andalousie, au Chaabi – dérivé de la musique andalouse avec un rien de la gouaille des rues d’Alger, - de la Kabylie et des chantres du désert. Mais les mots invocateurs sont si pleins de ce trop plein d'émotions croisées du quotidien, qu’il soit citadin (très imprégné chez Ahmed Lasfer) ou dans la langue des montagnes kabyles et chaouies. Le désert, lui, il envoie son silence mugissant via le Nay et la flûte traversière au fil des notes égrenées sous l’impulsion des instruments à cordes et de percussion.

Une belle réalisation musicale qui vous allège l’âme malgré ces vers sculptés dans le vent sauvage et les remous ombrageux et doux à la fois de la Méditerranée :

« Je suis un jeune lourdé dans les rues
Zetla[1] wa cachiettes[2] / La vie n’est pas pour nous
Jusqu’à l’amour qui nous est un luxe »

Amine TADJER, flûte traversière Khiredine MEDJOUBI, percussions Amine CHAFAI, chœurs Djamel HAMITECHE, percussions Hicham TAKAOUTE, basse Ahmed LASFER, guitare, chant

Concert : samedi 4 février 2023, 20h00
Le Hangar
3/5 rue Raspail
94200 Ivry-sur-Seine

[1] Résine de cannabis, haschich.
[2] Cachets d'amphétamines.

dimanche 20 novembre 2022

Aswan International Women Film Festival



Voilà un festival qui nous fait nous interroger sur lui et dont le site ne donne pas plus d’informations que sa page sur Facebook où l'on voit Hassan Abou Elela,  directeur du festival, présenter Taghreed El Asfoury qui vient de recevoir une bourse pour terminer son projet de film en cours.

Le festival s’attache principalement à ouvrir des ateliers et des formations en cinéma : ateliers d'écriture de scénarios et de réalisation de films. Des subventions sont accordées aux réalisatrices débutantes ou déjà porteuses de projets. Les activités du AIWFF dépassent maintenant la sphère géographique d’Assouan.

La 7eme édition est ouverte pour février 2023. Les candidates pourront s’inscrire sur le site :  http://smart-vision.tv/form/

Aswan International Women Film Festival
4 Al Yusr st., from Mekka st.
Dokki-Giza, Egypt
Phone: (+2) 011 100 00532
Email : contact@aiwff.org
Web : http://aiwff.org/home/en/
Facebook : https://www.facebook.com/AIWFFestival


samedi 20 août 2022

Soula, les chemins qui ne montent pas

 

Soula est le premier long métrage de Salah Issaad après plusieurs courts métrages dont Je suis inespérée et Je suis Cendrillon de Damas.
Le film de Salah Issaad a été récompensé lors de festivals internationaux dont le Prix du Meilleur film au 26e Avanca Film Festival (Portugal, juillet 2022), Prix IFFS de la Fédération internationale des films de société, Prix du meilleur long métrage (Beyrouth), Prix du Festival du film arabe de Malmö (Suède, mai 2022) et FIFOG d’or des longs métrages (Festival de Genève, 2022).
L’histoire : Soula (Soula Bahri qui a participé à l’écriture du scénario) est une jeune femme célibataire, maman d’une petite fille. Toutes les deux se retrouvent dans un périple périlleux sur la route, au hasard des rencontres, après que la jeune femme ait été chassée par sa famille.

On est pris à la gorge face aux scénarios où viol, utilisation du corps de Soula, beuveries à la sauvette dans les voitures et nuits sordides défilent en spirales sauvages. Tel est le tableau de toute jeune femme qui a "fauté" et n'est pas le prototype d'une personne drapée dans un hijab noir - un faux paravent de vertu, vertu sale que le film vous jette à la figure. C'est comme si le scénariste n'a pas l'intention de mener l'histoire, non pas en happy end, aux abords d'une Dahbia de Mouloud Feraoun qui n'en est pas une mais qui y ressemble.

Les chemins qui montent de Mouloud Feraoun prennent sens dans cette descente aux enfers, vers la perte de soi, sans possible retour, vous laissant des larmes amères sur la vision intimiste et interdite d'un pays qui, lui aussi, a dévié des verts chemins.





jeudi 27 janvier 2022

Cinéma libanais : Mémoires en résurgence


La Rédaction propose Memory Boxle nouveau film de Joana Hadjithomas et de Khalil Joreige. La trame se pose sur les souvenirs d'une jeunesse familiale et beyrouthine, réminiscences jaunies et rendues plus pathétiques d'un Liban qui connaît, aujourd'hui et hélas, une faillite économique et politique. 
Souvenirs éclatés de visages perdus de la vie libanaise "d'avant" - les années 80 - et d'ailleurs, le temps s'est-il arrêté ? Ou bien fait-il revenir ce qui est figé, voire tronqué ? Où "la vie est mensonge", où le passé revient en force dans le présent, de façon à la fois en dissonance et relié avec le Liban d'aujourd'hui, à la lecture de photographies personnelles  de Joana Hadjithomas qui font la trame de base du film.


samedi 25 septembre 2021

Pariscosmop : "le mélange des cultures à Paris"

 

 Il n'est presque pas nécessaire de prendre l'avion pour rencontrer le monde, il suffit d'une simple pression sur votre souris ! Le site Pariscosmop vous l'offre en un clin d'oeil ludique, pratique, faisant sauter les frontières, ouvrant votre fenêtre depuis Paris et le tour du monde est fait !


Pour vous, nous avons tourné la roue du monde - une originale manière d'approche de Pariscosmop: le Proche-Orient arabe et le Maghreb ouvrent leurs portes :  le Festival de l'imaginaire ; l'exposition Lumières du Liban à l'Institut du Monde arabe ; le film 9 jours à Raqqa de Leïla Mustapha ; l'Institut Yunus Emre du nom du poète turc (13e siècle) ; le Louvre avec ses départements des antiquité égyptiennes et antiquités orientales ; la musique arabo-andalouse ; l'Afrique du Nord et le Proche-Orient au Musée Branly.

Pariscosmop se présente en tant que média indépendant dont "la ligne éditoriale défend des valeurs telles que le vivre ensemble, la diversité, le métissage des cultures, la non-disrimination et l'authenticité."  (Wilson Osorio, fondateur).

Adresse du site : https://pariscosmop.fr/

jeudi 2 septembre 2021

Le Festival Strasbourg-Méditerranée est de retour !


Il nous manquait mais il sera là au rendez-vous, comme tous les deux ans ! Le Festival Strasbourg-Méditerranée nous revient avec une 12e édition qui se tiendra du 20 novembre au 4 décembre 2021, avec plus de 60 manifestations artistiques et culturelles autour de la Méditerranée.

Pour en savoir plus à propos de son déroulement, rendez-vous sur le site du festival : http://strasmed.com/festival/







Association Strasbourg-Méditerranée
1a, place des Orphelins
67000 Strasbourg
Tél. : +33 (0)3 88 75 51 17

dimanche 23 mai 2021

"L'homme qui a vendu sa peau" au-delà de l'encre, que reste-t-il ?

L'Homme qui a vendu sa peau
. Des sentiments contradictoires soulevés quant à ce film de Kaouther Ben Hania,
réalisatrice mais également actrice tunisienne. Des univers qui se balancent au visage la superficialité et la tragédie. Une sorte de pantomime qui sera consacrée par des prix cinématographiques et cette réalité dure, sanglante, désaxée que connaissent les pays où il ne fait pas bon d'y vivre.
Un homme ne vend pas seulement sa peau, cet épiderme visible, un peuple dans son entier ne retrouve pas son identité, noyé dans la cruauté de ces autres vendeurs, ces marchands de liberté se frottant les mains, comme pour se vanter de leur supériorité.
Ni d'un côté, ni de l'autre, le partage n'est équitable. Et l'amour, fragile sauvegarde contre la débâcle : il ne s'agit pas d'un seul homme, il ne s'agit pas d'une seule femme, une "échappée" du monde syrien  déboussolé comme on le sait aujourd'hui. Tous deux sont dans le refuge temporaire du mariage imposé, d'un côté, et le corps tatoué, de l'autre : un rempart trompeur, un naufrage de la grande douleur dans la superficialité - non pas de la réalisation mais de l'histoire - encensée par la critique.

"Le film est un pacte faustien entre un privilégié et un damné" a dit Kaouther Ben Hania. C'est à chacun d'y voir sa propre image.

Sortie en France, le 16 juin 2021.

mercredi 16 décembre 2020

Culture, interculturalité, acculturation ? Où se situe la frontière ?

A priori, la première réflexion qui nous vient à l'esprit, c'est que la culture, dans son concept global, a reculé et bien reculé. En commençant par l'école puis en continuant avec les déracinements, complétés par une politique économiste à outrance.
Ensuite, l'on a à nous pencher plus avant et dans chaque secteur de / sur cette culture qui nous échappe parce qu'elle se vit autrement, elle s'aborde autrement, elle dessert ou véhicule autrement. 
La culture n'est pas cette sphère hautement prestigieuse, fréquentée et usitée par le panthéon, elle charrie aujourd'hui tant de phénomènes générés par cette mondialisation des échanges et, de ce fait, des flux migratoires qui se font dans des conditions extrêmement critiquables. Comme si le tout laisser-aller est excusé par les urgences économiques et sociales du monde. 
Mais pas seulement car les modèles de société, l'individualisme confronté au communautarisme / identités, induisent une sorte de parcellisation de la culture : celle-ci devient une culture de défensive - "nous n'avons pas les mêmes valeurs" - à la culture du tout venant - nous n'avons pas d'autre mot - une indigence pour ceux qui "n'ont pas les mêmes valeurs" : l'interculturalité devient le phénomène à abattre en quelque sorte mais qui devient la dominante dans cette mondialisation des échanges culturels.

Mais nous n'en dirons pas plus car, c'est nous avancer sur un terrain délicat qu'il faut manier avec circonspection.
Nous laissons donc la parole à Geneviève Vinsonneau via son formidable "Comment comprendre l'acculturation ?" dans Mondialisation et identité (Editions De Boeck)










Geneviève Vinsonneau est Docteur d’État en psychologie sociale.

vendredi 27 novembre 2020

Papicha, une échappée hors de l'écran

 

Film dans la longue suite des soubresauts et éclairages sur l’Algérie, Papicha entre dans une presque clandestinité depuis son interdiction en salle dans le pays. Le film fait une sorte de transition entre le peuple de 1954 qui se révolte pour sa liberté et le Hirak qui s’est plongé dans une « guerre » de clans, entraînant une bonne proportion de la jeunesse en mal de vie. Et entre ces deux périodes, il y a plus de dix années de tueries, de peur au ventre, d’enlèvements que le régime algérien camoufle sous le couvert d’intégristes et de bandes disséminées dans le « maquis ». Un peuple entier est pris en otage entre l’endoctrinement intégriste – il n’avait d’autres choix que d’y adhérer – et les manipulations oligarchiques.
Et, dans cette période embrasée, ce sont les femmes qui paieront le prix le plus fort : c’était le hijab ou la mort. Et au-delà, c’était la vision de l'esprit mortifère, calfeutré sous le minaret et le silence.
Papicha de la réalisatrice Mounia Meddour, est un long-métrage certes mais il est aussi un documentaire, un témoignage détourné pour mieux accuser.









mardi 10 mars 2020

Le Mot de la Rédaction


Bonjour !


Notre dernière publication remonte à septembre 2018, il va s'en dire qu'Arabian People, Maghrebian World a délaissé ses abonnés et ses lecteurs. Le magazine culturel connaît quelques essoufflements, faute d'auteurs collaborateurs !
Notre souhait et celui de quelques-uns d'entre vous - éditeurs, auteurs - est de poursuivre l'objectif que nous nous sommes fixés lors de la création d'Arabian People, Maghrebian World et, de ce fait, nous tenterons de rester fidèles à notre ligne éditoriale :  malgré les agitations qui les secouent, le Monde arabe et le Maghreb sont aussi l'univers de la littérature et des arts. 
En cela, il veut être une fenêtre ouverte sur tout qui se crée et qui s'écrit.
Merci à tous ceux qui sont venus et ne nous ont pas oubliés !
F. Chaim-Allami

vendredi 28 septembre 2018

"Razan une trace du papillon" en avant-première à Paris


Razan une trace du papillon de Iyad Alasttal sera présenté en avant-première à Paris, mardi 9 octobre 2018, en présence du réalisateur, à l’Espace Jean Dame.
Il est également programmé dans plusieurs villes en France :

Octobre
Mercredi 10, Lille – Jeudi 11, Villeneuve d’Ascq – Samedi 13, Strasbourg – Lundi 15, Thionville - Mardi 16, Colmar – Mercredi 17, Valence – Jeudi 18, Grenoble – Vendredi 19, Lyon – Samedi 20, Colmar – Dimanche 21, St-Etienne – Lundi 22, Martigues – Mercredi 24, Nice – Jeudi 25, Ajaccio – Vendredi 26, Sète – Samedi 27, Toulouse – Dimanche 28, Bordeaux – Mardi 30, Angoulême – Mercredi 31, Nantes.

Novembre
Vendredi 2, Rennes – Samedi 3, Lorient – Dimanche 4, St-Malo – Lundi 5, Morlaix – Mardi 6, St-Nazaire – Vendredi 9, Argenteuil.

Le documentaire sera présenté également en Allemagne et en Suisse.



Espace Jean Dame
17, rue Léopold Bellan
75002 Paris
Métro Sentier ou Les Halles

mercredi 22 août 2018

Clin d'oeil : KIM Minseok, immuabilité et coréanité






Native or native, une perpétuation de vies, avec leurs rides et leurs poses statiques. C’est comme si, au-delà de l’image, le photographe coréen KIM Minseok volait au Temps la mémoire d’un peuple, celui de gens saisis gravement, immuables, comme ces photographies d’arrière-grands-parents dont on feuillette l’album avec émotion, un rien nostalgique de ces vies à la manière d'autrefois. Ce cheminement s’est déjà traduit par deux séries de portraits : Korea, God, FatherMongolia Diary et Bengladesh Diary.


Il avoue être assez lent dans son travail et, de ce fait, il n’a pas photographié les autochtones des différentes régions de la Corée mais qu'il envisage certainement de faire. Il s’est attaché à saisir ceux du sud, dans leurs lieux de vie d’où ils n’ont jamais bougé. Pour lui, la série Native or native est un cheminement de son Moi en tant que Coréen. Il a si bien rendu les expressions que l'on demeure comme suspendus à cette plongeuse ou cette old lady assise sur un maru ou, encore, cet enfant pris sur le vif. 


KIM Minseok est né à Gwangju et est sorti diplômé de la Faculté de photographie et de cinéma de l’Université Kyungil depuis peu. Récompensé par la Société des photographes de Corée qui lui a attribué le prix du Jeune photographe en 2012, il se partage entre son pays et la France aujourd’hui pour aller plus à fond dans son idéal artistique.
Native or native, une exposition à voir au Plus 82 Paris.
Jusqu'au 22 septembre 2018.

Le Plus 82 Paris a été créé à l'initiative de jeunes coréens pour des échanges culturels entre la Corée du Sud et la France.

11 bis, rue Vauquelin
75005 Paris


mardi 24 juillet 2018

54e édition du festival de Carthage





Le festival de Carthage a ouvert ses portes sous de bons augures, malgré une chaleur avoisinant les 30°C, et se poursuivra jusqu’au 17 août 2018 avec une programmation d’artistes tunisiens et internationaux. La Chine est présente avec un ballet, le Liban avec Marcel Khalifé et Mejda Roumi. La chanteuse très aimée des Tunisiens, Amina Fakhet, a fait mardi une prestation chaleureusement applaudie par le public d’autant plus qu’elle ne s’est pas produite sur la scène tunisienne depuis plusieurs années.






 

samedi 2 juin 2018

Clin d'oeil : Festival du cinéma chinois en France




La 8e édition du Festival du cinéma chinois en France a ouvert ses portes le 28 mai dernier et continuera jusqu'au 10 juillet 2018. Des projections ont été respectivement programmées à Paris, Cannes, Marseille, Lyon, Strasbourg, Brest et à La Réunion. 
Legend of Demon Cat



Huit films ont été sélectionnés lors du Festival de Cannes parmi lesquels l'on retient Legend of the demon cat et Battle of memories, Seventy-Seven Days, Our time will come (voir le programme ci-dessous).


jeudi 31 mai 2018

Marché de la Poésie à Paris



Le 36e Marché de la poésie se tient du 8 au 10 juin 2018, sur la place Saint-Sulpice, à Paris. Parmi les poètes en dédicace, retenons :
Abdul Kader El Janabi, Un pays que je ne verrai jamais, Ed. La Crypte, stand 604/606, samedi 9 juin 2018.
Vénus Khoury-Ghata, Gens de l’eau, Ed. Mercure de France, stand 201, samedi 9 juin 2018.
Saïd Mohamed, Le vin des crapauds, Ed. Les Carnets du Dessert de Lune, stand 209 ; Jours de liesse, Ed. Les Carnets du Dessert de Lune, stand 209 ; L’éponge des mots, Ed. Les Carnets du Dessert de Lune, stand 209, samedi 9 juin 2018.
Malika Rafa, Ailleurs, Ed. de l’Aigrette, stand 425/427, vendredi 8 juin et samedi 9 juin 2018.
Leïla Sebbar, Sous le viaduc, Ed. Bleu Autour, stand 205, samedi 9 juin 2018.

Pour plus d’informations et notamment sur les horaires des dédicaces : http://www.marche-poesie.com/le-marche/

Place Saint-Sulpice - 75006 Paris




lundi 30 avril 2018

Clin d'oeil : "Fils de l'eau" de Gu Byeong-mo



"Si je vous dis que c'est sans intérêt, c'est surtout du point de vue des touristes qui appréhendent la rivière sous un angle architectural, avec une connaissance des paysages de rivière, et non comme un lieu de vie." Ainsi parle Gon, un homme vivant dans une chambre au bord d'un lac, une chambre louée sans jamais en payer le loyer mais qui rend service, un homme qui n'a jamais connu de femme, un homme qui vit "sa vie sur le tempo d'un adagio", un homme qui ne lit que de vieux journaux parlant de personnages et d'événements "futiles".

Cependant, Fils de l'eau, le roman de Gu Byeong-mo, ce n'est pas seulement l'histoire de Gon, l'enfant-poisson, recueilli par Khanga, un vieil homme vivant avec son petit-fils au bord de l'eau. Ni celle de Haeryu, une femme sauvée de la noyade par Gon et qui cherche peut-être à percer le secret de celui-ci. C'est l'histoire aussi de la rivière, violente, glaciale l'hiver et même par journée ensoleillée, avec son eau et ses algues, où se meuvent et se meurent des inconnus venus là par hasard ou lors d'une promenade ou, encore, parce qu'ils étaient là aussi pour y mourir. Une rivière vivante, pleine de remous qui vous entraînent dans cette curieuse histoire des ondes.

Gu Byeong-mo est une romancière sud-coréenne, auteur d'un autre roman, Les petits pains de la pleine lune, paru également aux éditions Philippe Picquier.



mercredi 14 mars 2018

Clin d'oeil : Parce que je déteste la Corée, un roman de CHANG Kang-myoung



Parce que je déteste la Corée de CHANG Kang-myoung : on aborde le roman tranquillement et à mesure que défilent les pages, le lecteur se dit "c'est un roman bien simple; des phrases bon enfant, du style ça se lit sans difficulté, voire même un roman sans intérêt ou à tout le moins, un roman factuel". Seulement voilà une histoire qui, pense-t-on, est simpliste, d'une jeune femme qui veut émigrer en Australie, avec tous les ingrédients des interrogations, de remise en question, les étapes depuis l'arrivée à Sidney jusqu'aux amours tronquées, aux petits emplois, des logements exigus ou partagés à dix, à la difficulté de parler anglais. Mais l'histoire va en crescendo car il y aura deux retours en Corée (du Sud) avec un regard ébouriffé de la jeune femme sur les êtres laissés derrière elle et revus lors de ces retours, l'homme avec lequel elle avait rompu au moment de son départ pour l'Australie. Et de nouveau les questionnements avec - et c'est là où s'impose ce titre Parce que je déteste la Corée - un regard plus incisif, très critique, un tantinet violent, de l'auteur (qui est journaliste de profession), brossant un tableau qui n'est idyllique que pour les gens aisés, les gens sortant des grandes universités comme l'Université de Corée ou celles de Goryeo et de Yonsei. Au bout de la route Corée-Australie-Corée-Australie, la Corée n'est plus détestée autant mais elle n'est pas non plus aimée, elle est seulement celle qui chante un hymne national demandant que le Ciel protège la Corée mais pas ceux qui s'y trouvent sous ce ciel. On lui préfère l'hymne national australien car, pour l'héroïne de l'histoire, il est celui qui chante "Australiens, réjouissons-nous car nous sommes jeunes et libres". Bien sûr, au fil des pages, il y a quelques orages sous le ciel australien et de légères allusions au racisme mais le roman ne va pas jusqu'à "désenchanter" l'Australie, l'héroïne choisissant pour toujours d'y rester. Aux éditions Philippe Picquier - Une traduction de Lim Yeong-hee et Mélanie Basnel.

mercredi 14 février 2018

Wajib, l'invitation au mariage d'Anne-Marie Jacir






Abou Shadi marie sa fille. Son fils Shadi, architecte en Italie, vient l’aider pour déposer les cartons d’invitation de maison en maison, selon la tradition ancestrale palestinienne (le Wajib). En parcours, les vieux antagonismes père-fils, des familles séparées par l’exil et cette geôle qu’est Ghaza, une fresque qu’Annemarie Jacir nous présente et nous voici entre l’affliction pour un peuple éparpillé et en errance dans partout sur la Planète et le plaisir du regard pour ce film plein de tendresse bourrue. Une réalisation une nouvelle fois bouleversante d’Annemarie Jacir.







Avec Mohammad Bakri, Saleh Bakri, Maria Zreik.



En version sous-titrée.
En partenariat avec le Festival Ciné Palestine.







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