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samedi 17 juillet 2010

Voyage en Algérie : à la rencontre de Farid Benyaa, peintre et plasticien


Farid Benyaa.
Photo Arabian People & Maghrebian World.

Arabian People & Maghrebian World a eu le bonheur de rencontrer, en mars dernier, le peintre-plasticien Farid Benyaa, en sa galerie située sur les hauteurs de la capitale algérienne. Rencontre rarissime car Farid Benyaa fait partie des grands noms de la peinture algérienne et même s’il est d’un abord engageant, il n’en demeure pas moins qu’il est un « Maître » et c’est avec beaucoup de déférence que l’on aborde une telle personnalité.

Dans sa magnifique galerie, ouverte en novembre 2000, tout prête au silence et à la délectation : le décor puriste, dans les tonalités du blanc et du noir, les sculptures aux lignes dépouillées. La lumière intérieure est subtilement mélangée à celle du soleil et des murs d’un blanc monacal.

On plonge dans la rencontre avec les œuvres exposées avec attention car tout sollicite le regard et de ce fait, tout est silence. Pour mieux voir. Habituellement, nous sommes au fait des couleurs que Farid Benyaa rend dans ses toiles. Ce jour-là, c’était une symphonie en noir et blanc. Au-delà du trait rigoureux de l’architecte – car le peintre est sorti de l’Ecole polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme d’Alger – il y a ce plus, ces détails, renforcés par l’encre de Chine alors que d’habitude cette technique rend la scène comme figée, il y a donc cet ensemble de peinture, de traits pleins, de jeux du noir et blanc des tableaux exposés, qui font que l’on se prend au jeu de la recherche en profondeur...

Galerie Farid Benyaa.
Photo Arabian People & Maghrebian World.
... comme cette merveilleuse jeune épousée où pudeur, sexualité transcendée planent sur les yeux baissés sous un front alourdi par la coiffe d’apparat et traditionnelle des mariées algériennes...

... ou comme cette superposition de visages féminins dont le regard profond est comme une fêlure, déchirant le fond blanc de la toile.

C’est « mettre en scène l’invisible » : couleurs ou encre de Chine, peinture ou aérosols, tout éclaire cet invisible que l’œil observateur débusque au détour d’une volute, d’une main, d’un regard baissé mais laissant filtrer la pupille, la cambrure d’une hanche ou la fougue d’une monture. Farid Benyaa regarde, prend ce que son œil voit depuis l'intérieur de l'objet ou du corps, ce que son inspiration dévoile. Il déshabille le silence pour le rendre parlant, il s’attarde sur la pose d’un musicien. Ou s’extasie sur la luxuriance d’une ruelle de la Casbah, lui qui travaillera durant trois ans à sa restauration avec une équipe de l’Unesco. Entre plusieurs expositions en Algérie et à l’étranger (Genève, Ankara, Paris ...).
Oeuvre de F. Benyaa.
Photo Arabian People & Maghrebian World.
Reproduction interdite sous peine de poursuites.

Cependant, le Maître n’est pas seulement rivé à sa toile, il a d’autres univers qu’il met en scène, dans cette galerie qui, il faut le dire, prête à s’y asseoir longuement pour absorber la beauté finement ciselée de tout ce qui vous entoure : la culture avec un grand « C » où pianistes et violonistes de talent, poètes, romanciers, philosophes, comédiens, conférenciers d’Algérie et d’Ailleurs sont au rendez-vous : « soirée théâtralisée » sur Nizar Kabbani, lecture-débat autour de « On dirait le Sud », roman de Djamel Mati, en présence de poétesses et romancières comme Nadia Sebkhi, ou manifestation culturelle avec une exposition autour du thème « Journée internationale de l’enfance ».







Galerie F. Benyaa.
Photo Arabian People & Maghrebian World.
Farid Benyaa est un esthète. Rarissime dans un pays qui cherche à respirer ... et c’est cette idée qui est la trame de la création des rencontres mensuelles « Point de vue » où un parterre de personnalités du monde de la culture et de personnes en recherche d’espaces se réunit pour discuter, penser sur de grands et petits thèmes comme parler dans l’absolu, parler de soi ou des autres sans jugement et, surtout, «être une voix et non un écho»...

Galerie Farid Benyaa
4, rue de Picardie 
Les Castors II
Bir Mourad Raïs
Tél. (+213) 21 44 76 65
Mail : galerie@benyaa.com
Site : www.benyaa.com

Voyage en Algérie : M'Hamed Issiakhem, quand le peintre parle même lorsqu'il fait silence... (1ere partie)

En décembre 1985, disparaissait l’un des grands noms de la peinture moderne algérienne : M’Hamed Issiakhem. Il était l’ami de l’écrivain Kateb Yacine, de la non moins grande artiste-peintre Baya. Il disait « qu'un pays sans artistes est un pays mort. »

Né, en 1928, près d’Azzeffoun, joli port du littoral de la Grande-Kabylie (Algérie), il vivra avec sa famille cependant dans l’ouest algérien où son père y travaillait. Mais c’est dans la capitale qu’il s’installera (1947) pour faire ses premiers pas dans la peinture en s’inscrivant à la Société des Beaux-arts puis, à l’Ecole normale des Beaux-arts d’Alger et, cela, jusqu’en 1951. C’est durant cette période qu’il étudiera la miniature auprès des grands maîtres Omar et Mohamed Racim et qu’il fera la connaissance de l’écrivain Kateb Yacine.

Dans la même année, sa première exposition a lieu à la galerie André Maurice à Paris qui célèbre alors son bimillénaire. Sa carrière ira en progressant, sa peinture suscitant l’intérêt et la reconnaissance hors et à l’intérieur de l’Algérie. M’Hamed Issiakhem sera un des membres fondateurs de l’Union nationale des Artistes Peintres (UNAP) en 1963. Il sera suffisamment longtemps à l’étranger ; pourtant, c’est dans son pays qu’il voudra vivre, même après de longues années passées à Paris où il sera ergothérapeute auprès d’enfants handicapés mentaux. Et c’est sur la terre rouge algérienne qu’il rendra son dernier souffle, il y a de cela vingt-cinq ans.

Tout au long de sa vie, sa peinture a été le témoin vivace de ce que l’Algérie traversait durant la guerre d’indépendance, comme l’illustration de la torture dans la revue « Entretiens » alors que se déroule le procès d’une grande figure héroïque de l'Agérie, Djamila Bouhired. Le monde qu’il déroulait sous nos yeux prenait des allures d’êtres en souffrance, perdus dans les méandres d’une vie du quotidien pas toujours réjouissante. Il nous renvoyait notre image à partir de sa propre image, en souffrance, dans la beauté intérieure et la laideur de l’extérieur – comme ce tableau où l’on voit des silhouettes imprégnées d’ombre et comme allant s’enivrer dans quelque bar opaque. Et cette peinture offrait aux regards ce que l’on pourrait appeler « le bleu Issiakhem » où des fondus mêlent ce bleu inimitable à des touches grises toutes en nuances comme le « Carré bleu », une huile peinte en 1983.

Homme parlant peu de son art en public, notamment devant la presse, son regard était curieusement intérieur, même quand il exposait sa pensée dans ses toiles. Et même lorsqu’il recevait les honneurs comme le 1er Simba d’Or de Rome, une distinction de l’Unesco, il allait au-delà et la sourde mélancolie, la grisaille de ces êtres qu’il peignait disaient l’homme qu’il était derrière le personnage du peintre que l’on croyait comprendre. Tout était dans cette émotion qu’il répugnait à dire mais qui se montrait, dans ce silence qu’il peignait même quand il lui prenait souvent de rire dans les grandes discussions qu’il avait avec ses amis intimes.


Aujourd’hui encore, on est à se poser la question de qui était M'Hamed Issiakhem ? Il faudrait une anthologie pour le découvrir. Pour ceux qui l’auront rencontré, côtoyé ou après avoir entendu ceux qui le connaissaient mieux que quiconque, on ne pourrait prétendre le connaître véritablement. La seule chose qui est réelle, présente, c’est que ce grand peintre a eu raison de naître Algérien, parce que mieux que quiconque - hormis ses pairs- il a su lui donner sa mémoire... et l’Algérie d’aujourd’hui pourrait pleurer pour ce qu’elle n’est pas « vivante », embourbée dans la nébuleuse pétrolière et les villas rutilantes où la peinture ne trône que parce que cela « fait bien ».
Au-delà du temps, le visage de M'Hamed Issiakhem, son empreinte dans l’univers algérien perdureront... et ainsi que l’écrit le poète Kamel Yahiaoui dans son poème consacré au Maître:

« La maison s’ouvre sur vos lumières peintes à la mémoire des aveugles
Salut aux murs où sont gravées les caresses de l’ancêtre
Dévoilons les pierres où repose l’araignée qui tisse la toile de la réconciliation »...

Voyage en Algérie : M'Hamed Issiakhem, peintre mais aussi illustrateur de presse (2e partie)

Djamila Kabla-Issiakhem.
Phot. Arabian People 
& Maghrebian World.
Avec l'aimable concours de Djamila Kabla, commissaire générale de la rencontre -exposition de Taboudoucht.

L'hommage au grand peintre algérien M’Hamed Issiakhem à Taboudoucht (situé dans la sous-préfecture d’Azzefoun et lieu de naissance du peintre) :
"En cette année-là, l’association culturelle M’Hamed Issiakhem rendait hommage au peintre disparu mais toujours vivant : un événement rare parce que sur les pentes brûlantes de l’Algérie, la beauté ne se retrouve plus que dans la nature et son ciel azuré, de ce bleu qui fait les innocents.
C’est devant la stèle érigée à sa mémoire, que les héritiers, les officiels de la région, l’association culturelle M’Hamed Issiakhem, les artistes-peintres viendront saluer son souvenir et, fait des plus marquants, près de 45 peintres exposeront leurs œuvres, là où le peintre vit le jour. Cet événement fut complété par la participation de nombreuses associations qui ont exposé également des créations, dont l’œuvre du peintre Mohamed Iguerbouchene."

Retour sur ces mots de Djamila Kabla :
« Le cycle de conférences initié à l’école des Beaux-arts d’Alger autour de la biographie d’Issiakhem se poursuit avec pour prochaine destination Azazga.
En effet, l’Ecole des Beaux-arts d’Azazga vous invite, le jeudi 10 décembre 2009 à 9h30, à assister à la seconde conférence qui portera sur le thème du dessin et de l’illustration de presse, sur lesquels M’Hamed Issiakhem a consacré une partie de son œuvre.
Rappelons qu’aux Beaux-arts d’Alger, il s’agissait d’aborder le contexte social et politique dans lequel a évolué l’artiste. Ces repères historiques sont essentiels pour saisir le personnage et comprendre ce qui a forgé l’homme et l’artiste qu’il fut. La présence d’un témoin de l’époque constitue le dénominateur commun de ces cycles de conférence.
Point essentiel car ces témoins, de plus en plus rares, ont la particularité d’avoir côtoyé l’artiste et ont été des acteurs actifs de la période concernée.

Ces conférences sont, au-delà du partage avec la population, l’occasion de recueillir ces témoignages qui seront préservés et mis à la disposition de tous par le biais de la fondation en cours de construction.

Il en sera de même à Azazga. La participation à cette conférence de Ziad Mohand Saïd alors journaliste à « Alger Républicain », et qui a côtoyé Issiakhem et Kateb, donnera l’opportunité aux participants d’échanger avec un acteur significatif de cette aventure journalistique.

Loin de prétendre aborder tous les sujets, cet échange avec le public est aussi l’occasion d’identifier, de part les questions posées, des thèmes périphériques à la conférence et qui sont tout aussi importants. Ils seront adressés ultérieurement par la fondation à venir.

Aborder Issiakhem par le dessin de presse permet une entrée progressive dans l’univers de celui qui marquera l’art contemporain algérien. On y trouve l’essentiel de ce qui fera la particularité de l’artiste ; le souci d’être intelligible par son peuple et l’engagement d’un homme soucieux de ne pas rester spectateur de l’histoire en marche.

Un célèbre dessinateur de presse affirmait que « si on veut connaître le baromètre de la liberté d'expression d'un pays, il ne faut pas aller voir le Premier ministre, mais le dessinateur de presse » (Plantu).

Au-delà d’Issiakhem, cette conférence rend hommage à cet art particulier et à ceux qui le pratiquent. MM. Hic et Djamel Lounis nous aiderons à mieux cerner cet art.

Condamné à la dissidence ou à la partisannerie, le dessinateur de presse n’a pas de vocation descriptive, il livre une opinion sans ambiguïté. Ce coup de crayon révèle d’un coup d’œil toute l’ironie, la gravité et le grotesque du sujet. L’occasion de rappeler que l’artiste a aussi son mot à dire sous le feu de l’actualité, loin des galeries feutrées.
L’engagement est un parti pris, un risque qui peut agacer, être à contre courant ou au contraire le suivre par conviction ou pragmatisme.

Issiakhem n’échappe pas à ces tiraillements dans un processus complexe de construction de l’Algérie postcoloniale. Fidèle à ses convictions, il ne cédera ni dans ce domaine ni dans d’autres au confort du silence. Silence qui s’il ne consent à tout, ne risque rien.
Tous les participants pourront enrichir le débat, qui ne fait que commencer.»

Pour le Fonds Issiakhem,
Djamila Kabla 

Voyage en Algérie : M'Hamed Issiakhem (3e partie) ou rendre son oeuvre accessible à tous

Avec l'aimable concours de Djamila Kabla

« Nous voulons rendre l’œuvre d’Issiakhem accessible à tous », dit Djamila Kabla Issiakhem, la commissaire générale de « Hommage à M’Hamed Issiakhem ». Nous donnons, ici, l'entretien qu'elle avait accordé, à l'occasion de cet événement, à la journaliste Samira Hadj Amar pour « Algérie News-Week ».

Samira Hadj-Amar : Pouvez-vous présenter le fonds Issiakhem ?
Djamila Kabla : Le Fonds Issiakhem renferme des documents, des témoignages et dons d'artistes permettant de découvrir et d'approfondir l'œuvre d'Issiakhem. Ce Fonds initié par des volontaires, héritiers, famille, amis de l'artiste, artistes et public, assurera une base de données au profit des étudiants et chercheurs ainsi qu'aux écoles des Beaux-arts, afin de faciliter la tâche à tous ceux qui veulent faire de la recherche sur l'artiste et son œuvre.
Pour ce qui me concerne, je dois vous dire que je fais partie des bénévoles. Ma mission est de coordonner ce fonds au mieux avec l'aval des héritiers Issiakhem. Nous serons vigilants quant à son dispatching.

Samira Hadj-Amar : Vous avez abordé un cycle de conférences en hommage à M'Hamed Issiakhem, peut-on en savoir plus ?
Djamila Kabla : L'intérêt des Algériens pour l'artiste et son influence dans différents domaines reste vif, que ce soit en matière artistique, ou pour son humanisme et le souci qu'il avait que chaque composante du pays trouve pleinement sa place dans une Algérie nouvelle et non une reconstruction post coloniale infidèle à son identité réelle. Ces conférences permettent de recréer le lien et le partage de la connaissance avec tous, prémisses à une réminiscence de ces débats nécessaires et structurants « Dessin et illustration de presse » est donc le thème que vous avez choisi pour ces rencontres.

Samira Hadj-Amar : D'après vous quelle place a occupé la caricature dans l'expression d'Issiakhem ? Ou pour Issiakhem ?
Djamila Kabla : Dans une vie aussi riche que celle d'Issiakhem, la caricature et le dessin de presse se sont imposés à lui de manière spontanée et nécessaire. En effet à l'indépendance, le public algérien ne connaissait pas l'art en général ou très peu. Ce domaine demeurait confiné dans certains salons feutrés; de plus, ayant été un des fondateurs de la peinture moderne algérienne non comprise pour des raisons sociologiques évidentes où nos artistes ne, pouvant reproduire que les leçons enseignées par la fameuse Ecole d'Alger, elle-même issue de l'Ecole de Paris, bloquaient toute ouverture vers la modernité. Issiakhem s'est trouvé confronté à un double problème. D'abord celui de dénigrer cette Ecole où seules les compositions florales, les natures mortes et les paysages avaient droit de cité, en créant son propre style avec comme thème majeur les femmes issues de sa société telle qu'elle était réellement et d'autre part la non-compréhension de ce public face à cette oeuvre. D'où la nécessité pour lui de trouver le moyen pictural de faire adhérer le peuple à l'art. Il va constamment être à la recherche de personnages, de situations pour aider le peuple à comprendre l'art. Et ces moyens seront les dessins de presse et la caricature. A ce moment là, l’artiste est réellement en adéquation avec ce peuple grandement analphabète au sortir de la guerre. Il sera le reflet de sa société aussi bien en peinture qu'en dessin : comprendre les maux et les angoisses qui minent tout un chacun et les partager d'un coup de crayon avec le peuple. Le peuple et son devenir ont été les angoisses majeures et permanentes d'Issiakhem. Ce langage artistique populaire qu'est le dessin est en fait un palliatif pour faire descendre l'art dans la rue et le rendre accessible à toutes les couches de la société. Une caricature pouvait être comprise de tous mais pas une toile. De même qu'il a été pour cela jusqu'à accepter de porter le message officiel (révolution agraire, etc.) parce que convaincu que c'était la moins pire des solutions. Avec la caricature, il voulait participer activement à l'édification d'un Etat de droit et de justice. C'est un artiste engagé qui n'a jamais omis les préoccupations du peuple. Avancer avec lui avec sincérité. Il disait qu’il faut constamment évoluer avec son peuple ne pas lui mentir. N'être ni trop en avance sur lui ni rétrograde. Ses premiers dessins remontent à son enfance puis avec le journal républicain, « El-Djeich », « Révolution et Travail », etc.

Samira Hadj-Amar : Aujourd'hui, c'est l'école des Beaux-Arts d'Azazga qui reçoit les hôtes d'Issiakhem, quel est le programme de cette journée ? Et pourquoi avoir choisi Azazga ?
Djamila Kabla : Le choix de l'école d'Azazga s'est fait d'abord pour des raisons de commodité. En effet, notre conférencier, monsieur Ziad habite la région et vu son âge avancé, nous avons voulu le ménager d'une part et, d'autre part, intéresser une région à l'oeuvre d'Issiakhem. Nous rappelons que nous avons déjà donné en 2007 une conférence à Relizane, ville ou a grandi l'artiste puis en juin 2008 à Taboudoucht son village natal et en décembre 2008 à l'école des Beaux-Arts d'Alger ; Nous comptons sillonner les villes d'Algérie en fonction de la disponibilité de nos témoins qui, rappelons le, sont tous âgés au jour d'aujourd'hui et nul doute que nous trouverons écho à travers tout le territoire. Issiakhem étant un authentique algérien qui se revendiquait de Tamanrasset à Oran en passant par Béchar ou Constantine.

Samira Hadj-Amar : Vous avez choisi de faire intervenir des caricaturistes Le Hic, Lounis et un journaliste et ami de M'Hamed Issiakhem : Ziad Mohand Saïd, qu'est ce qui rassemble ces parcours avec celui de M'Hamed Issiakhem ?
Djamila Kabla : Nous avons l'immense honneur d'avoir le témoignage de monsieur Ziad Mohand Saïd l'un des plus fidèles amis d’Issiakhem et ce, depuis les années cinquante. Il fut un des plus prolifiques journalistes d'Alger Républicain des années 60 aux côtés d’Issiakhem et de Kateb Yacine entre autres. Le Hic fait partie d'une autre génération ; c’est un talentueux caricaturiste.
Djamel Lounis est un jeune caricaturiste autodidacte peu connu du public. L'idée d'associer ces trois générations ne peut être que bénéfique. Quel regard porte-t-on sur la caricature aujourd'hui et quels sont les espoirs et messages véhiculés à travers leurs dessins à des périodes différentes ? Issiakhem a toujours revendiqué l'intérêt pour les jeunes talents et pour rester fidèles à cette logique, Djamel Lounis sera ce jeune que nous ferons connaître et il le mérite certainement ; ce qui les unit tous, c'est leur sincérité avec le peuple et le combat pour la dignité et le respect de tous les artistes. Ils sont porteurs de message et d'espoir et sont tous le reflet de notre société.

Samira Hadj-Amar : Après Alger et Azazga, dans quelle ville ou quelle destination vous retracerez le parcours d'Issiakhem ? Et quel chapitre de sa vie sera abordé ?
Djamila Kabla : Le lieu s'imposera avec notre prochain témoin ; par contre pour le thème, nous nous pencherons sur le figuratif et le non-figuratif dans l'Algérie naissante. »

Voyage en Algérie : Sabiha Abdiche, talent à découvrir

S. Abdiche.
Phot. Arabian People
& Maghrebian World.

Vivifiante. C’est le terme que l’on serait tenté de prononcer en voyant l’exposition « Maelström » de Sabiha Abdiche mais ce ne serait pas rendre justice à cette jeune artiste-peintre que notre voyage en Algérie nous a fait découvrir.

Sabiha Abdiche est née en Tunisie, un certain 8 mars, date d'ailleurs qu'elle choisit pour le vernissage de son exposition, dans la galerie de la Librairie Médiabook (Alger). Autodidacte, elle a fait des études en management et marketing. Son amour de la peinture, elle le vivait au quotidien car toujours à dessiner ou à peindre, elle offrait ses tableaux à ses proches ou à des amis. Elle perdra quelquefois des toiles malheureusement.

Oeuvre de Sabiha Abdiche.
Photo Arabian People & Maghrebian World.
Reproduction rigoureusement interdite.

C’est en 2007 que Sabiha Abdiche se décide à franchir le pas et comme elle nous le dira « à vivre une nouvelle aventure ». Ainsi « Maelström » est sa toute première exposition en public. Il n’y a pas de couleur dominante mais on y retrouve la lumière du Maghreb – avec des noms évocateurs comme « Ici et là-bas », « Mots bleus », « Conversion » -, adoucie par le regard d’une artiste pleine de vie qui, visiblement, a les pieds bien ancrés dans ses univers : imaginaire et réalisme.


Contact S. Abdiche : sabi_abdi@yahoo.fr

Librairie MEDIABOOK
Rue Ahmed Zabana
16000 Alger

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