mardi 28 novembre 2017

Vertiges sous "L'oeil du cyclone", un film de Sékou Traoré



Réalisateur Burkinabé, Sékou Traoré a un palmarès en tant que producteur, auteur et réalisateur aussi. On se souvient notamment de sa participation en tant que producteur au long métrage de Laurent Salgues, Rêves de poussière, remarqué au festival de Tarifa et récompensé Meilleur long métrage de fiction. 
Aujourd’hui, Sékou Traoré nous donne un superbe et tragique long métrage, L’œil du cyclone, oscillant entre réalisme et fiction mais une fiction si proche de la réalité que l’on ne peut ne le considérer qu’en tant que film-documentaire. Tiré d’une pièce de théâtre du même nom écrite par l'auteur-comédien Luis Marquès, le film met en scène une jeune avocate qui se voit proposer de défendre un homme accusé de crimes de guerre : l’enfant-soldat. L’histoire, toute en force mêlant violence des gestes et violence verbale, nous plonge dans ce qu’a été la tragédie d’un pays brûlé par la guerre qui emportera dans ses sillons sanguinaires des centaines d’enfants transformés en tueurs.


Récompenses (outre les nominations)

. 8e Festival du Film Francophone d'Angoulême 2015 : une nomination.
. Rencontres Audiovisuelles de Douala, Prix Canal+. 
. 24e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou 2015, trois prix : Étalon de bronze et deux prix d’interprétation féminine et masculine.
. Pan African Film and Arts Festival, Los Angeles 2016, Prix meilleur film.
. African Movie Academy Awards 2016, Nigéria, Prix meilleur film et Prix meilleur acteur dans un second rôle.

En salle 
L’œil du cyclone est actuellement à L’Entrepôt et au Lucernaire (Paris).

samedi 25 novembre 2017

Hussam Aliwat, quand le jazz dit son Orient



Ses études de cinéma ne semblaient pas le diriger vers la musique et, aussi, vers le jazz, un style de musique qui a, depuis quelques décennies, la faveur de jeunes  compositeurs et interprètes du Proche-Orient arabe comme le saxophoniste Toufic Farroukh, la chanteuse Lena Chamamyan, le trio Khoury ou le saxophoniste Ibrahim Maalouf.

Il s’appelle Hussam Aliwat et est déjà connu sur la scène française et européenne et, même, il a travaillé sur un projet – Nazharé – en duo avec le brésilien Ze Luis Nascimento. Bien qu’il ait étudié le cinéma, Hussam Aliwat n’a jamais lâché la musique et son instrument à cordes, le ‘Oud, depuis les premières années de son adolescence. Depuis son premier concert dans l’incontournable salle parisienne du New Morning qui a reçu de grands talents comme, notamment, le violoniste et compositeur de musique orientale et de jazz, le tunisien Jasser Haj Youssef, Hussam Aliwat a travaillé avec le compositeur de jazz suédois Lars Danielsson sur une création de celui-ci, European Sound Trend, a composé Black Birds, son premier album et jusqu'aujourd’hui; il dirige son propre quartet réunissant Sary Khalifé et Raphaël Jouan, tous deux violoncellistes et Paul Void, percussionniste.
Son doigté, la force de son jeu, sa composition lorsqu'on écoute Black Birds, vous inspirent et vous donnent une écriture symphonique mariée prodigieusement avec le violoncelle et une percussion qui se fond dans l'écriture musicale. Le cinéma est oublié, la musique est ce qu'elle représente pour Hussam Aliwat, elle dessine son cœur dans la volupté du 'Oud et la résonance instrumentale qu'apportent les autres acteurs du Quartet.

Concert le 28 novembre 2017 au Sunset.




mercredi 8 novembre 2017

"En attendant les hirondelles", un bel envol de Karim Moussaoui



"En attendant les hirondelles" du cinéaste algérien Karim Moussaoui
L'Algérie dans son décor sans apprêts : le naturel, les immeubles en construction, les massifs couleur ocre représentant indirectement le statisme, une musique un peu dérangeante pour seulement se concentrer sur les histoires, des dialogues, des regards qui ont leur réalisme. Trois histoires, trois personnages principaux, le personnage féminin pouvant être une représentation/symbole de l'Algérie, un médecin que Karim Moussaoui ne considère pas qu'il se sente responsable..
Pour l'ensemble des situations dans le film, il y a peut-être un même regard d'analyse du cinéaste pour qui "il faut tout remettre en question", qui se demande pourquoi "continuer de regarder le monde, de juger avec le même raisonnement qu'il y a vingt ans, avec les mêmes valeurs", face à une situation de crise dont le cinéaste ne dit pas qu'il "va jusqu'au fond" de la question mais qui est un film ouvrant "les champs du possible". 
Une musique que l'on retient, les chansons choisies comme le raï pour son rythme endiablé, pour alléger "la lourdeur", "la gravité" que le réalisateur n'aime pas parce qu'il souhaite voir le public s'amuser avec lui..
Pour l'ensemble des situations dans le film, il y a peut-être un même regard d'analyse du cinéaste qui se demande pourquoi "continuer de regarder le monde, de juger avec le même raisonnement qu'il y a vingt ans, avec les mêmes valeurs", face à une situation de crise dont le cinéaste ne dit pas qu'il "va jusqu'au fond" de la question mais qui est un film ouvrant "les champs du possible". 

En aparté, il faut noter que les hirondelles sont une espèce en voie de disparition en Algérie, un déclin dont l'une des raisons est l'urbanisation des régions rurales dans le nord, avec des constructions en verre qui remplacent les toitures en tuile rouge et jusque-là étaient des lieux de nidification des hirondelles. Une forte symbolique et l'on aimerait savoir si le réalisateur a conscience de cela pour l'intitulé de son film




mercredi 4 octobre 2017

Clin d'oeil : "Le plongeur" du Québécois Stéphane Larue récompensé par le Prix Senghor



Le plongeur de Stéphane Larue, un roman qui nous vient du Québec, a été récompensé, ce samedi à, Paris, par le Prix Senghor du premier roman francophone et francophile. 
Le prix Senghor a été créé, en 2006, par Dominique Loubao, fondatrice du salon littéraire La Plume noire. Dans ce roman écrit dans le pur français québécois, Stéphane Larue nous fait entrer dans le Montréal que ne connaît pas le touriste ordinaire, dans l'univers des bars et de la drogue, celui des accros au jeu comme le personnage qui narre son quotidien, le monde des employés de ces restaurants que n'oseraient pas fréquenter des personnes lambda. Ce roman peut sembler dur, excessif car l'auteur pose ses personnages dans ce qu'il y a du plus naturel réalisme. Il est un véritable coup de pied dans la fourmilière de toutes les catégories de romans d'aujourd'hui, il prend aux tripes et il faut s'accrocher - plus de 500 pages -. Il est dans la lignée, pour nous du moins, d'un Jack London, d'un George Orwell qui nous a donné, dans les années 20, son récit Dans la dèche à Paris et à Londres. Ici aussi, le narrateur - le plongeur - parle d'un Montréal avec la gouaille pleine de vigueur du français québécois nous obligeant à nous pencher non seulement sur son histoire mais, aussi, à chercher à en connaître un peu plus sur ce Montréal où la misère et la canaille sont peintes, somptueuses, pleines de vie et - oui, disons-le - avec cette pudeur abrupte qui ne dit pas son nom mais pousse notre curiosité à aller jusqu'au bout du récit !


Aux éditions Le Quartanier

Site : https://www.lequartanier.com/


Extraits :

samedi 30 septembre 2017

Beggar Hadda, résonance algérienne ancrée malgré l'oubli



Beggar Hadda. Sa voix monte jusqu’aux sommets de la chaîne des Zibans de l'est algérien et descend tel un glaive cherchant la douceur plutôt que le sang. Cette voix qui s’est éteinte, il y a de cela un peu plus d’une décennie et demie, n’a pourtant pas fini de se faire entendre et, particulièrement, auprès des esthètes, des nostalgiques et des chercheurs de voix exceptionnelles. Les sonorités à la fois acidulées et rocailleuses qui sont la marque de fabrique des voix féminines chaouies, n’existent que dans un registre apuré, éloignées des instruments de musique, hormis le galal et la flûte. Bien sûr, certaines interprètes s’essaient et l’on ne peut dire qu’elles réussissent mal, bien qu'elles soient rares, car elles transposent ces chants ancestraux jusqu’en notre siècle. Beggar Hadda a vécu au 21e siècle mais elle est un chantre antérieur, elle peut ne plus être au goût du jour mais elle est une voix surgissant des monts sauvages et se téléporte jusque dans les plaines et les Hauts plateaux que parcourent les hommes de la terre et les maquignons d’un autre âge.

Sa vie ne fut pas de tout repos, elle tournera dans la tragédie parce que ruinée, plongeant dans le monde de la cécité, oubliée des siens et du monde, acculée à la mendicité. Dans chaque repli des profonds sillons qui marqueront son visage et sa vie comme cette terre rude qu’elle a foulée, le rire et le pleur mélangés y ont laissé leurs traces. Et cela, jusque dans sa voix qui nous parle encore malgré ses adieux à cette terre qu’elle a aimée mais ne le lui a pas rendu. Partons à sa découverte. Écoutons Beggar Hadda avec "Les larmes de mes yeux". Simplement.



lundi 28 août 2017

Hassan Mimouni



Le peintre Hassan Mimouni ouvre les portes de son atelier pour une vente privée et cela, jusqu'au début de septembre (voir notre article http://arabianpeople.blogspot.fr/2012/05/hassan-mimouni-le-peintre-tisserand.html).




samedi 12 août 2017

La production du sens dans les vidéoclips (3e partie et fin)



Duygu Öztin Passerat est Chef du département du FLE à l’Université Dokuz Eylul-Izmir (Turquie). Professeur et intervenant reconnu dans le milieu universitaire de plusieurs pays, elle travaille sur l’argumentation dans le discours politique (en Turquie). On lui doit notamment « Le discours implicite à travers l’oralité dans Le passé simple de Driss Chraïbi », « Le discours politique de victimisation » (paru sous le titre original de « Siyasal Soylemde Magduriyet »), « Passions dans Sémantique structurale : du modèle actantiel vers la sémiotique des passions ».

Avec cette troisième et dernière partie de la communication « La production du sens dans les vidéoclips », Arabian People, Maghrebian World remercie le Professeur Duygu Öztin Passerat pour son aimable agrément à sa publication dans ces colonnes.



Les stratégies de production du sens dans les vidéoclips
Les codes de l’image
Le langage des clips est un langage analogue au langage naturel fonctionnant sur les axes paradigmatique et syntagmatique. La syntagmatique des images consiste en la coexistence des images tels que l’arbre et l’oiseau sur l’arbre ou la rue et une voiture dans la rue. Le paradigme des images est constitué d’une série d’images qui peuvent se remplacer et on pourrait l’appeler le paradigme des images contrastes ou des images similaires. Par exemple, l’image d’une avion et l’image d’une voiture (sur la voiture) ne peuvent pas coexister dans un même plan. Il faut choisir l’une parmi ces images. C’est le fonctionnement du système figuratif (iconique).
Quant au système des signes plastiques, il fonctionne de la même manière que celui des signes iconiques. La syntagmatique du système plastique est un axe sur lequel les couleurs, les formes, les dessins, les jeux de lumière peuvent coexister, alors que le paradigmatique est un axe fondé sur des signes exclusifs tels que le jaune et le blanc, le rouge et le violet, etc. Mais les images dans les vidéoclips ne doivent pas utiliser des objets conformes au réel. Comme nous l’avons déjà affirmé, la visualité ne se limite pas à la conformité au réel. Et les images, combinatoires des signes plastiques et iconiques déforment délibérément la visualité. Sinon, les images dans les films de science fiction et celles dans les tableaux surréalistes seraient qualifiées de non visuelles. Autrement dit, même si l’iconicité est dûe à l’imitation du monde extérieur, les images dans les branches d’art tels que la peinture, le cinéma, les vidéoclips etc. n’appartiennent plus au monde qu’ils représentent ou qu’ils signifient par leur catégorie chromatique et iconique; elles n’appartiennent qu’au monde imaginaire signifié par elles. Et le monde représenté par ces images n’est plus la réalité dans laquelle on vit.
C’est ce qui rapproche le langage visuel du langage poétique dans lequel on projette le principe d’équivalence de l’axe paradigmatique sur l’axe syntagmatique.[1] Les clips utilisent des signes iconiques ou des signes plastiques qui ne sont pas conformes au monde réel ou encore des images qui ne peuvent pas coexister dans le monde réel. Ils n’associent pas les images selon le principe d’équivalence. De plus, ils le rejette intentionnellement en vue d’attirer l’attention du spectateur sur le message et pour avoir des messages connotés. Ce faisant, ils essayent, à l’aide de la technologie, des divers formes d’expression: la diforme de substance de l’image; la coexistence des images colorées et de noir et blanc; la duplication de ce qui chante [2];  la transformation d’un objet à un autre[3]; la démonstration du chanteur en des petits carrés sur l’écran, etc.
La technique la plus fréquente (connue) utilisée dans la démonstration des images consiste à donner des images noires et blanches avec des images colorées. Par exemple,  si la chanteuse est montrée totalement  en noir et blanc, mais ses lèvres sont montrées (maquillées) en rouge.[4] Dans le vidéoclip de Sertab Erener, on déforme intentionnellement la substance de l’image pour établir une correspondance avec les paroles de la chanson intitulée “frappe mon coeur, frappe encore une fois”, car la difformité de l’image et l’interprétation de ces vers sont simultanés. Et l’on lit une notice d’avertissement sous l’écran “ne changez pas de fréquence”.
Certains clips, tournés après le grand catastrophe de tremblement de terre qui a eu lieu le17  août 1999 en Turquie, utilisent ce fait comme référence même si les paroles ne s’y réfèrent pas: on montre, à la place de la lune, une horloge qui montre qu’il est 3.05, l’heure exacte du tremblement de terre. Dans ces types de clips, on vise à produire du sens en manipulant la pré-connaissance du spectateur.[5]
L’échelle de plans/Les mouvements de caméra
Le délai d’énonciation visuelle des clips correspond généralement à celle de la musique, à savoir 5 ou 6 minutes. Ainsi que nous venons de l’affirmer, les clips recourent à tous les procédés d’expression de cinéma tels que le gros plan, le plan moyen, le travelling, le panoramique, le fondu enchainé etc. pour en faire la forme d’expression, pour elle-même.
On pourrait, de ce fait, définir l’énonciation du tournage des clips comme l’association des images avec la musique et les paroles, l’organisation des couleurs et des objets en cohésion, la disposition de l’échelle de plans et la fixation des mouvements de récepteur. En produisant du sens par ces divers composants, le clip met en oeuvre généralemet les formes d’éxpresion de la manière suivante :  le chanteur, defini ci-dessus, comme sujet énonciateur de la première étape de l’énonciation, se montre, en chantant, comme sujet de l’énonce. Ceci peut être identifié au fait qu’une personne qui parle dans les films soit visible sur l’écran. Ces formes d’expression montrent le chanteur le plus souvent par des plans moyens ou par des gros plans où le récepteur (spectateur) et la personne dans les images s’identifient. Ce type de formes d’expression est utilisé en général dans les clips où l’artiste seul est vu  sur l’écran.
Les autres procédés (techniques)
L’échelle des plans et le movement de caméra ne sont pas seuls les techniques utilisés dans les vidéoclips. Ces derniers, en produisant du sens, utilisent tous les procédés langagiers du cinéma tels que le fondu enchainé, le fondu au noir, le retour en arrière, l’écriture la voix-off, le champ-off, etc. Ces derniers (champ-off et voix-off) sont fréquemment utilisés, parce que’on n’entend que la voix du chanteur pendant que l’on montre des images qui n’ont rien à voir avec les chansons ou celles qui correspondent à la chanson. De ce fait, ils  sont utililisés dans deux types de clips: les vidéoclips dits dépendants et les vidéoclips dits indépendants.  Dans le premier cas, les images s’associent selon la  substance du contenu (ce que dit la chanson) et on utilise toutes les procédés du langage cinématographique. Par exemple, le clip ou la chanson intitulé(e) “le coquelicot (gelincik)” du groupe Ayna utilisent tous les procédés cités ci-dessus. D’autre part, pour montrer la fuite du temps, on donne même les dates, comme dans les films, en bas des images du clip intitulé “Le frivole" (hercai) de Çelik. Dans les vidéoclips qui ne sont pas en cohésion avec les paroles de la chanson, on montre le chanteur en dansant s’il danse bien, ou encore on donne, quoi qu’il ne soit pas nécessaire, les yeux en gros plan s’ils sont beaux. Les vidéoclips de Tarkan et ceux de Robert Hatemo en sont des exemples.
Par ailleurs, les chansons, prenant comme thème, en principe, un amour terminé, une séparation, il existe généralement, dans les vidéoclips,  une femme et un homme dont l’un est toujours le chanteur ou la chanteuse. Si c’est un chanteur, il est accompagné très souvent d’une femme belle et on la montre en donnant en gros plan les parties érotiques ou séduisantes de son corps pour attirer l’attention du spectateur au vidéoclip. S’il s’agit du clip d’une chanteuse, on l’opère inversement.  De ce fait, dans certains vidéoclips (en Turquie) la tentation de compléter la dimension thématique (chanson) et la dimension visuelle débouche sur la production des clips où sont démontrés, en des gros plans, des mannequins à moitié nu(e)s.





[1] Selon Jakobson, la fonction poétique projette le principe d’équivalence de l’axe de sélection sur l’axe de combinaison. Autrement dit, les mots qui pourraient se remplacer peuvent coexister. Ce fait s’exerce dans les poèmes, dans les figures de styles dans lesquels on joue avec les mots pour produire du sens. Par exemple, la phrase « les murs pleuraient » est impossible pour le langage parlé tandis qu’elle est utilisée dans les vers d’un poème. (Essais de Linguistique Générale, p.220)
[2] On a essayé cette forme d’expression dans le vidéoclip de « padişah  (empereur) » de Sibel Can.
[3] Cette forme de technique est réalisée à l’aide de l’ordinateur, par exemple, une trompette se transforme en un homme (chanteur) dans le vidéoclip de Haluk Levent
[4] Ce procédé est essayé dans le vidéoclip de Sezen Aksu intitulé « son nom est un secret chez moi »
[5] Ce type de clips ne dirait rien pour un spectateur qui n’est pas en courant de ce fait, ou encore pour ceux qui ne connaissent pas l’heure exacte du tremblement de terre. C’est pourquoi la signification dans certains clips est due aux motifs sociologiques. 
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