Les mots de
la fin
Zahra Maldji :
Vos films se suivent et ne se ressemblent pas, qu’ils soient des films, des
documentaires, des films-documentaires, des fictions ou des reportages.
Qu’est-ce qui vous motive et qui vous amène à ces choix très éclectiques ?
Malek Bensmail :
L’idée de construire, de construire une mémoire. Je cherche des sujets
différents et qui amènent en tout cas l’idée d’une réflexion sur soi, de
pousser un petit peu les tabous, de les transgresser petit à petit, d’une
manière très douce pour que l’on avance sur une certaine idée de notre société.
Après, la forme change à chaque fois, parce que je trouve plus intéressant de
la changer.
Zahra Maldji :
Néanmoins, vous avez un éventail très large, puisque vous touchez à tout. Vous
avez une excellente presse, car vous suivez de près l’actualité d’ici et
d’ailleurs, mais est-ce suffisant pour que vos œuvres soient mises en avant, en
valeur et qu’elles aient une véritable audience auprès du public. Parce qu’au
final, vos films ne sont pas des films commerciaux. Cela ne vous rend-il pas la
tâche difficile pour leur sortie en salle ?
Malek Bensmail :
Si, c’est un peu plus compliqué, mais j’ai envie de continuer à faire le cinéma
que j’ai envie de faire, je pense que je ferai peut-être un jour un film
commercial, mais je ne suis pas fan de ce cinéma. J’aime bien un cinéma qui dit
des choses. Je pense que, comme pour tous les arts, l’important, c’est de
pouvoir s’exprimer. On vient tout de même d’un pays où les choses ne sont pas
exprimées. Certains de ceux qui font du cinéma commercial sont passés par un
cinéma de questionnement. Je pense même à l’Europe. La France est passée au cinéma
commercial parce qu’on a eu un nouvel art qui a questionné la guerre avec
l’Allemagne, par exemple, qui a questionné un certain nombre de sujets. Je veux
dire que c’est par ce biais-là que l’on peut aller vers le cinéma commercial.
On ne peut passer par la naissance d’un pays directement par le cinéma
commercial. Même le cinéma égyptien, avant, questionnait des histoires liées
aux mœurs, au nassérisme. Il y a toujours eu un cinéma de questionnement avant
d’arriver au cinéma commercial. Je peux m’inscrire dans ce type de cinéma et
d’autres préfèrent le cinéma commercial.
Zahra Maldji :
Que pensez-vous du cinéma algérien et quelles chances a-t-il de sortir du
marasme dans lequel il croupit actuellement ?

Zahra Maldji :
Pour en terminer, pourquoi ce curieux titre, La Chine est encore loin ?
Malek Bensmail :
Je laisse les gens le découvrir.
Propos
recueillis par Z. Maldji
Bande Annonce du film
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